En vue de contourner le réseau SWIFT, la Chine et la Russie travaillent sur l’interaction de leurs systèmes de messagerie financière

En vue de contourner le réseau SWIFT, la Chine et la Russie travaillent sur l’interaction de leurs systèmes de messagerie financière


Partager cet article

Après l’exclusion partielle de nombreuses banques russes du réseau SWIFT (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication) Vladimir Poutine pourrait contourner ce problème par l’établissement d’une interaction des systèmes de messagerie financière russe et chinois. Selon Anatoly Aksakov, président du comité des marchés financiers de la Douma d'État (chambre basse), la Banque de Russie et la Banque populaire de Chine sont déjà en concertation pour contourner le système mondial de paiement interbancaire SWIFT.

Intégration des systèmes de messagerie financière russe et chinoise hors SWIFT

Pour les États-Unis, exclure la Russie du Swift serait comme la frapper avec « une arme nucléaire ». Ce fournisseur mondial de services de messagerie financière hautement sécurisé permet de relier des milliers de banques dans le monde et il joue un rôle majeur dans le fonctionnement du secteur finance à l’échelle internationale.

Depuis le début de la guerre en Ukraine, la Russie s’attend à son exclusion de ce système. Cette exclusion a déjà été validée par un Règlement de l’Union européenne adopté le 1er mars dernier.

Mais à priori, Vladimir Poutine dispose déjà d’une alternative. Tout comme la Chine avec le CIPS, la Russie a mis en place son propre système de messagerie financier depuis 2014, le SPFS. Ce réseau alternatif est relié à plus de 400 institutions financières, la plupart russes.

En outre, les deux pays ont déjà envisagé la mise en place de structures financières communes pour contourner le réseau Swift et éviter la mainmise hégémonique du dollar et les pressions économiques de l’Occident.

Actuellement, un projet d’intégration des deux systèmes de messagerie financiers russe et chinois est en cours de développement a déclaré Anatoly Aksakov, président du comité des marchés financiers de la Douma d’Etat, lors d’une conférence de presse mercredi 16 mars.

Hausse du chiffre d’affaires commercial entre la Russie et la Chine

La Banque centrale russe et la Banque populaire de Chine sont en étroite collaboration en vue d’établir cette interaction des systèmes de paiement interbancaire russe et chinois. « La Banque centrale russe coopère avec la Banque populaire de Chine. Et je m’attends à ce que la situation actuelle accélère les processus respectifs », a fait savoir M. Aksakov.

Il est à noter que les échanges commerciaux entre les deux pays sont réglés en roubles et en yuan chinois. Anatoly Aksakov a annoncé que le chiffre d’affaires commercial entre les deux pays a connu une hausse de plus de 40% au cours des deux premiers mois de l’année 2020.

A noter que cette exclusion de la Russie du réseau SWIFT va également pénaliser les entreprises européennes et françaises , en particulier. La France est depuis nombreuses année le premier ou le deuxième investisseur étranger en Russie. Les entreprises françaises utilisent plus 160.000 salariés dans le pays. De grandes filiales y sont installées, comme Rosbank filiale de Société Générale, figurant parmi les 10 plus grands établissements bancaires de la Russie.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Imbert à l'Élysée, Moulin à la Banque de France : quand le grand jeu des chaises musicales macronistes s’accélère

Imbert à l'Élysée, Moulin à la Banque de France : quand le grand jeu des chaises musicales macronistes s’accélère

Un décret paru au Journal officiel ce 30 avril officialise le retour de Pierre-André Imbert comme secrétaire général de l'Élysée. Son précédent, Emmanuel Moulin, lorgne la Banque de France. Derrière ces nominations techniques se dessine une stratégie de placement institutionnel en cette fin du deuxième mandat de Macron. Pierre-André Imbert, inspecteur général des finances et ancien secrétaire général adjoint de l’Élysée de 2020 à 2023, deviendra lundi 4 mai le nouveau secrétaire général de la p


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

L'OPEP-monde se meurt, le pétrole s'embrase : vers un Brent à 150$, par Vincent Clairmont

L'OPEP-monde se meurt, le pétrole s'embrase : vers un Brent à 150$, par Vincent Clairmont

Le marché pétrolier n'est plus une mécanique de précision, mais une boucherie à ciel ouvert. Le Brent frôle les 120 dollars le baril et, tandis que les chancelleries s'agitent, les faits, eux, sont têtus : nous assistons à la démolition contrôlée de l'ordre énergétique mondial. Ce n'est pas une simple "crise de volatilité", c'est le grand découplage entre la géopolitique de la force et les illusions d'un marché physique en état de mort cérébrale. Pourquoi l’asphyxie mondiale impose une stratég


Rédaction

Rédaction

La Directive UE sur les rémunérations ou la fin programmée de la liberté contractuelle...

La Directive UE sur les rémunérations ou la fin programmée de la liberté contractuelle...

Plusieurs lecteurs m'ont demandé ce que je pensais de la directive européenne sur les rémunérations, qui va révolutionner ce sujet tabou en France. Voici une première réponse... Sous le vernis moralisateur de l'« égalité femme-homme », la Directive (UE) 2023/970 vient d’achever ce qui restait de l’autonomie de gestion dans nos entreprises. Ce n'est plus du droit social, c'est de l'ingénierie bureaucratique pure, une tentative désespérée de la Caste européenne de substituer le plan à la réalité


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Directive rémunérations : quelles sont les surtranspositions françaises qui nuiront aux entreprises? par Elise Rochefort

Directive rémunérations : quelles sont les surtranspositions françaises qui nuiront aux entreprises? par Elise Rochefort

Alors que l'échéance du 7 juin 2026 approche, la France s'apprête à transformer son Index de l’égalité professionnelle pour l'aligner sur la directive (UE) 2023/970. Si l'intention de réduire l'écart salarial (toujours de 14,2 % en France) est louable, le projet de loi français choisit d'aller bien au-delà des exigences européennes minimales. Pour les entreprises, ces « surtranspositions » ne sont pas neutres : elles créent une charge administrative et un risque juridique inédit que j'analyse p


Rédaction

Rédaction