En Italie, la débâcle de la gauche, le triomphe de Salvini


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Le résultat des élections en Italie en dit long sur la différence de perception entre la vision horrifiée française sur Salvini et la satisfaction apparente de l’électorat italien. La coalition au pouvoir en Italie vient en effet de remporter les élections européennes haut la main, avec une majorité absolue des suffrages exprimés. La gauche italienne a pratiquement disparu des écrans, en dehors de 5 Stelle, le mouvement citoyen au pouvoir. En cumulant les voix conservatrices, souverainistes et fascistes, l’Italie semble avoir profondément basculé à droite…

Les Français auraient tout intérêt à méditer longuement le résultat des élections européennes en Italie, qui démentent toutes les spéculations entretenues par la presse française sur ce sujet. Ainsi, la Ligue de Salvini a capté 34,3% des voix… pendant que le mouvement 5 Stelle atteignait 17%. La coalition au pouvoir en Italie décroche donc une majorité absolue des suffrages. Après plusieurs mois d’exercice du  pouvoir, ce score laisse d’autant plus songeur que la participation a atteint 56%.

Les scores des listes de droite posent là aussi question. Forza Italia, le mouvement de Berlusconi, décroche 8,8% des voix. Les fascistes de « Fratelli d’Italia » (Frères d’Italie) décrochent près de 6% des voix. 2 électeurs sur 3, en Italie, ont manifesté leur soutien à la droite ou à l’extrême droite.

Si les sociaux-démocrates représentent encore la deuxième force du pays, avec un quart des voix (et un ancrage très centriste), ils sont bien seuls. Les écologistes ont décroché 2,3% des voix, et la Gauche 1,7% seulement.

Dans la pratique, la gauche italienne n’atteint pas les 30% des électeurs.

Comme le titre La Reppublica: « La Ligue triomphe » et « le contrat de gouvernement ne change pas ». La situation italienne, où le gouvernement est relégitimé avec 50 des voix et non 22% comme en France, est exemplaire d’un basculement en profondeur vers la droite d’un pays désormais aux marches de l’Europe.


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