Covid-19 : entre justice pour les victimes et reddition des comptes aux États-Unis
Photo by Sarah Le Guen / Unsplash

Covid-19 : entre justice pour les victimes et reddition des comptes aux États-Unis


Partager cet article

Quoi de neuf sur le front de la crise sanitaire (Covid) : vaccins, recours, inculpations ? Ce mois d’avril 2026 a vu émerger deux rebondissements judiciaires majeurs, passés presque inaperçus dans la plupart des grands médias.

En Grèce, un tribunal administratif a pour la première fois condamné l’État à indemniser la famille d’une femme décédée après avoir reçu le vaccin AstraZeneca. Aux États-Unis, le ministère de la Justice de l’administration Trump a inculpé David Morens, ancien bras droit d’Anthony Fauci, pour complot, dissimulation et destruction de documents officiels liés à l’enquête sur les origines du SARS-CoV-2. Deux affaires très différentes, mais qui révèlent toutes deux un même malaise persistant : celui d’une gestion de la pandémie encore loin d’avoir été pleinement éclaircie, tant sur le plan scientifique que sur celui de la responsabilité. Silence radio dans la presse grand public. Le Courrier des Stratèges fait le point.

1.    Un tribunal grec octroie une indemnisation de la famille d’une victime du vaccin


Tribunal de 1ère instance d’Athènes (chambre administrative)

Dans le silence assourdissant de toute la presse subventionnée, Le Tribunal administratif de première instance d’Athènes a rendu en avril 2026 une décision (A11407/2025) ordonnant à l’État grec de verser une indemnité totale de 300.000 euros à la famille d’une femme décédée après administration du vaccin COVID-19 d’AstraZeneca (Vaxzevria). Les premiers 120 000 euros ont été alloué au mari et 90 000 euros à chacune des deux filles du couple, au titre du préjudice moral pour la perte irrémédiable subis.

Rapports sur les effets indésirables des vaccins au niveau national et européen – Zoom sur l’Allemagne, par Isabelle H
La population victime des vaccins ou sensibilisée à la problématique majeure de ses effets toxiques et parfois létaux vit une

Le tribunal a établi un lien de causalité irréfutable entre la vaccination et le décès de la victime, qui a résulté d’un épisode thrombotique (syndrome de thrombose avec thrombocytopénie).

Il a rejeté la principale défense de l’État grec, à savoir que la vaccination était purement volontaire et qu’elle n’entraînait donc aucune responsabilité de l’État en matière d’indemnisation. Au contraire, le Tribunal a jugé que la vaccination avait eu lieu dans le cadre de la politique de santé publique organisée par l’État pendant la pandémie.

Même sans être formellement obligatoire, la promotion intensive et les objectifs d’intérêt public impliquaient que l’État pouvait assumer la responsabilité des conséquences négatives graves à partir du moment où le lien de causalité est prouvé.

Du rififi autour du vaccin AstraZeneca
AstraZeneca a fait l’objet d’une procédure judiciaire lancée par des actionnaires américains. Ces derniers ont accusé la société d’avoir dissimulé

Rappelons que l’Etat grec avait mis en place certaines des exigences les plus strictes d'Europe en matière de vaccination contre la Covid-19, notamment l'obligation de vaccination pour les personnes âgées de plus de 60 ans, assortie d'amendes mensuelles de 50 à 100 euros en cas de non-respect, l'obligation de vaccination pour le personnel de santé, pour les personnes travaillant dans des commerces ouverts au public, dont l’horeca, ainsi que l'obligation de présenter un passeport vaccinal pour accéder à la plupart des lieux fermés.

Les commentateurs juridiques décrivent la décision comme pouvant constituer un précédent pour des demandes d’indemnisation similaires, bien qu’elle reste spécifique au cas d’espèce. La valeur de précédent de cette décision explique selon toute vraisemblance qu’aucun média ne s’en soit fait l’écho. Seuls les médias grecs ont relayé, de même qu’un média bulgare. Cette décision s’est essentiellement fait connaître via les réseaux sociaux X et facebook.

Δικαστική απόφαση-σταθμός στην Ελλάδα: 300.000 ευρώ αποζημίωση για θάνατο μετά από εμβόλιο για τον COVID-19
Σε μία απόφαση-σταθμό, το Τριμελές Διοικητικό Πρωτοδικείο Αθηνών επιδίκασε 300.000 ευρώ αποζημίωση στην οικογένεια γυναίκας που πέθανε μετά από εμβολιασμό με εμβόλιο της AstraZeneca για τον Covid-19. Το δικαστήριο απέρριψε πλήρως τον βασικό όσο και προκλητικό ισχυρισμό του Ελληνικού Δημοσίου ότι ο ε…

Le texte intégral du jugement n’est pas accessible au public en ligne ; les décisions administratives grecques de première instance semblent nécessiter un accès direct au tribunal ou une représentation juridique pour être obtenues.

Rappelons qu’en 2024, AstraZeneca a reconnu, dans des documents judiciaires relatifs à un recours collectif intenté au Royaume-Uni contre le géant pharmaceutique par plus de 80 familles, que son vaccin contre la Covid « pouvait, dans de très rares cas, provoquer une thrombose », en référence au syndrome de thrombose avec thrombocytopénie, qui se caractérise par la formation de caillots sanguins et une faible numération plaquettaire.

La présidente de la Commission d'enquête britannique sur la Covid, la baronne Heather Hallett, avait demandé que le montant maximal de l'indemnisation versée aux victimes ou aux familles endeuillées soit presque doublé, passant de 120 000 £ à au moins 200 000 £, et qu'un « système plus équitable de détermination du montant » soit mis en place.

Etant donné que le tribunal administratif d'Athènes constitue la première instance compétente en matière de demandes d'indemnisation à l’encontre des pouvoirs publics dans le système grec, il est fort à parier que le gouvernement ne fasse appel de cette décision.

2.    Inculpation d’un proche conseiller de FAUCI


David MORENS en audition devant une commission parlementaire au Congrès en 2024

Le ministère américain de la Justice a frappé fort. Le 28 avril 2026, il a annoncé l’inculpation de David MORENS, ancien conseiller principal d’Anthony FAUCI au NIAID (Institut national des allergies et des maladies infectieuses), pour complot, dissimulation et destruction de documents fédéraux liés à l’enquête sur les origines du SARS-CoV-2.

Courriels privés sur les origines du COVID: un conseiller de Fauci assigné à comparaître devant la commission d’enquête
Mardi, dans une lettre, le sous-comité spécial sur la pandémie de coronavirus de la Chambre a annoncé que l’ancien conseiller

Cette décision intervient deux ans après que M. MORENS, spécialiste de la grippe qui a conseillé le directeur du NIAID, Anthony Fauci, de 2006 à 2022, a été soumis à un interrogatoire musclé lors d'une audition de la Chambre des représentants, dominée par les républicains, au sujet de ses tentatives d'aider EcoHealth Alliance, un organisme de recherche américain à but non lucratif.

Le président Donald TRUMP et d'autres ont accusé EcoHealth, qui a reçu des subventions du NIAID, d'avoir contribué à déclencher la pandémie de COVID-19 en collaborant à des études virales risquées en Chine.

SCOOP : le COVID 19, une expérience américaine qui a mal tourné ?
Le COVID 19 est-il le produit d’une expérience américaine hasardeuse menée par l’ONG EcoHealth Alliance, dirigée par Peter Daszak, l’expert

Âgé de 78 ans, David MORENS a donc été pendant seize ans le bras droit scientifique de FAUCI. Il est accusé d’avoir orchestré un système destiné à contourner la loi sur la liberté d’information (FOIA) afin de protéger des échanges sensibles concernant les subventions accordées à EcoHealth Alliance, l’ONG américaine qui finançait des recherches sur les coronavirus de chauves-souris, en partie sous-traitées à l’Institut de virologie de Wuhan.

Selon l’acte d’accusation, MORENS aurait systématiquement utilisé son compte Gmail personnel pour échanger avec Peter DASZAK (ex-directeur d’EcoHealth Alliance) et d’autres chercheurs. Il aurait supprimé ou caché des emails officiels après des demandes formulées en vertu de la FOIA, dans le but d’éviter que ne soient rendus publics des documents portant surle rétablissement d’une subvention controversée et les efforts pour contrer la thèse de la fuite de laboratoire.

Cour des comptes: 316 milliards dépensés pour les territoires, sans le moindre bilan

Cour des comptes: 316 milliards dépensés pour les territoires, sans le moindre bilan

L'État français a un problème avec l'argent public : il en dépense des sommes colossales sans jamais vérifier l'effet produit. La Cour des comptes l'a rappelé dans son rapport annuel de mars 2026 : 316 milliards d'euros sont injectés chaque année dans les politiques d'attractivité des territoires et pas un euro n'est correctement évalué. La raison ? Une constellation d'acteurs (l'État central, ANCT, ADEME, ANRU, collectivités locales) se partage les enveloppes dans un tel éparpillement que tout


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

Comment faire profiter votre patrimoine du cessez-le-feu en Iran ?

Comment faire profiter votre patrimoine du cessez-le-feu en Iran ?

Par Vincent Clairmont Le baril de Brent s'échangeait autour de 87 dollars le 11 juin, en recul d'environ 20 % par rapport au pic de 2026, sur la seule perspective d'un accord rouvrant le détroit d'Ormuz. La question que m'adressent les lecteurs depuis l'annonce de Genève tient en une phrase : que faire de son portefeuille si la paix revient pour quelques mois ? Ma réponse tient elle aussi en une phrase, et je la donne tout de suite : utilisez le mouvement, ne le poursuivez pas. J'explique.


Rédaction

Rédaction

La BCE relève ses taux, l'or corrige : le point patrimonial de la semaine

La BCE relève ses taux, l'or corrige : le point patrimonial de la semaine

Par Vincent Clairmont Chaque dimanche, je passe en revue ce que la semaine a changé pour votre épargne. Cette fois : la première hausse de taux de la BCE depuis 2023, la correction de l'or, la rechute du Bitcoin, l'euro contre le dollar, les livrets réglementés avant la révision d'août, les échéances fiscales de juin, l'entrée en vigueur du datamining DAC8. LE COURRIER DES STRATÈGES Restez libre ! LA NEWSLETTER · GRATUITE Le Courrier, chaque matin. L'essentiel de l'actualité, p


Rédaction

Rédaction

Faut-il acheter du SpaceX ?

Faut-il acheter du SpaceX ?

Par Vincent Clairmont SpaceX fait son entrée au Nasdaq ce vendredi 12 juin, après un dépôt confidentiel auprès de la SEC le 1er avril : une levée visée jusqu'à 75 milliards de dollars — plus du double du record historique — pour une valorisation d'au moins 1 800 milliards. La question qui sature ma boîte depuis l'annonce tient en quatre mots : faut-il en acheter ? LE COURRIER DES STRATÈGES Restez libre ! LA NEWSLETTER · GRATUITE Le Courrier, chaque matin. L'essentiel de l'ac


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe