Emmanuel Grégoire, enfin un candidat qui assume la soviétisation de Paris, par Veerle Daens !

Emmanuel Grégoire, enfin un candidat qui assume la soviétisation de Paris, par Veerle Daens !


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Il faut reconnaître à Emmanuel Grégoire une qualité que sa mentor n'avait pas : la clarté. Là où Anne Hidalgo maquillait son idéologie derrière des concepts flous de "ville du quart d'heure" ou de "bienveillance" inclusive, son ancien premier adjoint a décidé de tomber le masque. Avec ses dernières propositions pour le commerce parisien, le vernis social-démocrate craque enfin pour révéler ce qui grouillait dessous depuis une décennie : une pulsion dirigiste brute, un collectivisme décomplexé. Bref, la soviétisation de Paris.

Nous savions que cette soviétisation "rampait" insidieusement depuis l'arrivée d'Hidalgo. Elle se cachait dans la guerre aux automobilistes (la liberté de circuler étant une aberration bourgeoise), dans l'explosion de la dette et dans la préemption forcée d'immeubles pour faire du logement social à prix d'or dans les beaux quartiers. Mais avec Grégoire, nous changeons de braquet. Nous passons du socialisme rampant au Gosplan galopant.

Prenez sa mesure phare : l'encadrement des loyers commerciaux. Après avoir asphyxié le marché locatif résidentiel — créant la pénurie que l'on sait — la Mairie veut désormais s'inviter dans les baux des boutiques. L'idée est d'une simplicité biblique, ou plutôt marxiste : le propriétaire est un parasite, et le fonctionnaire municipal connait mieux que le marché la valeur d'un mètre carré rue de Rivoli. En plafonnant les loyers, Grégoire ne va pas "sauver le petit commerce" ; il va organiser sa raréfaction et décider, depuis son bureau, qui a le droit de vendre quoi. C’est la mort de la propriété privée commerciale, sacrifiée sur l'autel de la planification urbaine.

Et que dire de ce risible "chèque seconde main" ? Voilà que la puissance publique, non contente de nous tondre fiscalement, prétend désormais nous éduquer. Il ne suffit plus de payer des impôts pour que la Mairie ramasse (mal) les poubelles ; il faut maintenant que l'argent du contribuable productif subventionne la vertu "décroissante" décrétée par l'Hôtel de Ville. C'est une rééducation par le portefeuille, un paternalisme d'État qui infantilise le consommateur tout en faussant la concurrence.

Emmanuel Grégoire ne propose pas une vision pour Paris, il propose une prise de contrôle totale. Il rêve d'une ville où le prix du pain, la couleur des devantures et la nature de vos achats seront tamponnés par un comité central municipal. La liberté d'entreprendre est devenue, à ses yeux, une variable d'ajustement gênante.

La capitale française glisse doucement vers un modèle où tout ce qui n'est pas interdit devient obligatoire, et où le secteur privé ne survit que sous perfusion ou sous tutelle. La logique est implacable, la direction est claire, et l'histoire nous a montré où ce genre de toboggan s'arrête.

Au rythme où vont les interdictions et les réquisitions, la question ne semble plus être de savoir si la liberté survivra à Paris, mais combien de temps elle pourra encore y respirer.

À quand le premier goulag à Paris ?


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