Édouard Philippe escalade un demi-sommet social pour rien


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Édouard Philippe tient, le 6 mai, un demi-sommet social à Matignon. Demi, parce que l’exécutif a banni l’appellation inventée par François Hollande, et aussi parce qu’on n’est pas bien sûr du rôle que les partenaires sociaux sont supposés y jouer. Dans la pratique, il devrait surtout servir à un étalage de revendications anciennes. S’il s’agissait de dénouer la crise des Gilets Jaunes, on est en revanche beaucoup plus dubitatif. Ni les Gilets Jaunes ni les syndicats de salariés ne semblent avoir envie de faire cause commune. En revanche, la CFDT jubile: Laurent Berger a trouvé une longue réunion pour occuper ses journées.

Officiellement, il ne s’agit donc pas d’un « sommet social », mais seulement d’un demi-sommet. Les partenaires sociaux vont se retrouver à Matignon autour d’un Premier Ministre qui est ici à contre-emploi. L’homme incarne mal l’animation des forces revendicatives du secteur privé. Qui plus est, l’ordre du jour de l’événement semble lui-même assez nébuleux.

« Personne ne sait ce qu’il y a dedans », indiquait néanmoins, vendredi, l’un des participants. A cette date, la liste des thèmes qui seront abordés n’était pas encore connue des organisations d’employeurs et de salariés. « C’est un peu le grand bazar, personne n’a les mêmes éléments », s’étonne également Marylise Léon, la numéro deux de la CFDT.

Cette précipitation est de mauvais augure. Elle laisse à penser que le Premier Ministre est pressé d’exécuter les instructions données par le Président de la République. Quant à l’objectif initial proposé par Laurent Berger dès le mois de novembre (replacer la contestation populaire dans l’orbite des corps intermédiaires), on a quelques doutes sur son réalisme ou sa faisabilité. Avec si peu de préparation…

Qui plus est, le déroulement du 1er mai a montré que les Gilets Jaunes et les syndicats de salariés pouvaient éventuellement défiler ensemble dans les rues… à condition que les dirigeants syndicaux soient absents. L’ambition de calmer la rue avec ces derniers paraît donc complètement vaine. Mais Laurent Berger annonce qu’il va jouer le jeu. Non? Sans blague?


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