Deux ans avec sursis requis contre un CRS ayant éborgné un manifestant en 2016

Deux ans avec sursis requis contre un CRS ayant éborgné un manifestant en 2016


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Deux à trois ans d’emprisonnement avec sursis ont été requis par l’avocat général à l’encontre d’un CRS, jugé devant la cour d’assises de Paris pour un lancer injustifié de grenade qui a éborgné un syndicaliste lors d’une manifestation contre la loi travail en 2016.

Il aura donc fallu six ans pour que le procès ait lieu! Naturellement, la question se pose de savoir si les Gilets Jaunes éborgnés et mutilés en 2018-2019 verront jamais ceux qui les ont blessés comparaître devant la justice. 

Les Gilets Jaunes éborgnés attendent encore

Pour mémoire, on recense, lors des manifestations de Gilets Jaunes, entre la mi-novembre 2018 et le 8 décembre, selon les différentes sources, une quinzaine de manifestants éborgnés et mutilés et une centaine de blessés graves (voir photo ci-dessus).  Sur l’ensemble des manifestations, une trentaine de manifestants éborgnés et une dem-douzaine de mains arrachées. Or les poursuites contre les policiers responsables ont été sporadiques et les condamnations minimales

Dès 2019, Amnesty International avait épinglé le gouvernement français: « Depuis un an, en France, le nombre et la gravité des blessures lors des manifestations ont atteint des records : vingt-quatre manifestants ont été éborgnées et cinq ont eu une main arrachée.

Parmi les victimes, se trouvent des manifestants pacifiques mais aussi de simples passants ainsi que des journalistes et observateurs. Le 2 février dernier, c’est un observateur de la Ligue des droits de l’homme qui a dû être évacué à l’hôpital après avoir été touché en pleine tête par un tir de projectile de la police.

« Cette gestion des manifestations dépasse aujourd’hui le mouvement des Gilets jaunes, comme on l’a vu avec les manifestations du 1er mai et celle des pompiers. Nous-mêmes, nous avons été “nassés” alors que nous étions en mission d’observation lors des manifestations autour du G7. Et lors de la marche pour le climat du 21 septembre 2019, nous avons été gazés alors que nous manifestions pacifiquement. Aujourd’hui, le maintien de l’ordre en France consiste trop souvent à appliquer une répression immédiate et de grande ampleur au point d’entraver les libertés fondamentales. » déclarait notamment Anne-Sophie Simpère d’Amnesty International France.

Attendons donc de voir ce que sera la peine effectivement requise dans le cas du policier jugé pour une violence de 2016. Et l’impact qu’elle aura sur les violences commises contre les Gilets Jaunes. 


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Rédaction

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