Dettes publiques : comment la Grèce et le Portugal se sont sortis d'affaire quand la France s'enfonçait, par Thibault de Varenne

Dettes publiques : comment la Grèce et le Portugal se sont sortis d'affaire quand la France s'enfonçait, par Thibault de Varenne


Partager cet article

Beaucoup croient que "on ne peut rien faire" pour réduire la dette. Ben si ! Pendant que la France et la Belgique s'enfonçaient, la Grèce et le Portugal se sont sortis d'affaire. Voici comment.

C’est un retournement de l’histoire qui devrait nous faire méditer, mes chers lecteurs. Il n'y a pas si longtemps, les cercles financiers et les chancelleries du Nord n'avaient qu'un acronyme à la bouche pour désigner les "pestiférés" de la zone euro : les PIGS (Portugal, Italie, Grèce, Espagne). Ce terme, aussi méprisant que stigmatisant, servait à regrouper ces pays du Sud perçus comme les mauvais élèves, chroniquement incapables de tenir leurs comptes. Mais en ce printemps 2024, le vent a tourné. La géographie du risque a basculé du Sud vers le cœur de l’Europe. Aujourd’hui, on ne parle plus des PIGS, mais des BIFS (Belgique, Italie, France, Espagne), et ce sont désormais les anciens bannis qui pourraient bien donner des leçons de vertu à leurs voisins septentrionaux.

Le miracle du Sud : l’endurance récompensée

Comment la Grèce et le Portugal, hier au bord du gouffre, ont-ils réussi leur redressement? La réponse tient en deux mots : discipline et transformation. Depuis la fin de la pandémie, ces économies affichent des taux de croissance qui font pâlir d'envie le bloc franco-allemand.

En 2023, le Portugal a dégagé un excédent budgétaire de 1,2 %, tandis que la Grèce a ramené son déficit à un niveau exemplaire de 1,6 %. Plus impressionnant encore, la réduction de leur dette est spectaculaire : entre 2021 et 2024, le ratio dette/PIB a chuté de près de 30 points en Grèce et de 21 points au Portugal. Pour y parvenir, ces pays n'ont pas hésité à prendre des mesures radicales. Athènes a procédé à des privatisations massives de ses ports et aéroports, tandis que Lisbonne a gelé ses effectifs publics et réformé en profondeur son marché du travail.

Moins exposés aux crises industrielles que l'Allemagne ou la France, ces pays ont su tirer parti de la résilience du secteur des services et d'un boom touristique post-confinement sans précédent. Mieux encore, ils exercent désormais un leadership politique, à l'image de la "dérogation ibérique" sur le marché de l'électricité qui a permis de réduire les factures d'énergie de 15 à 20 %.

Le malaise français et l'émergence des BIFS

Pendant ce temps, la France semble s'être installée dans une dérive budgétaire inquiétante. En 2023, notre déficit public a dérapé à 5,5 % du PIB, loin des prévisions du gouvernement. Ce n'est pas un cas isolé : un nouveau club de la vulnérabilité est né, le bloc BIFS. La Belgique (4,4 % de déficit) et l'Italie (7,4 %) partagent avec nous cette trajectoire de glissement vers le "rouge" institutionnel.

Réforme 2024 des règles budgétaires de l’UE : explication, analyse et limites | The Other Economy
La réforme de 2024 n’a pas changé le degré de complexité ni corrigé le manque de rationnalité économique des règles budgétaires de l’UE.
Ex-ministre condamnée : onze millions dissimulés, dix mois avec sursis

Ex-ministre condamnée : onze millions dissimulés, dix mois avec sursis

Caroline Cayeux, ministre déléguée aux Collectivités territoriales de juillet à novembre 2022, a été condamnée le 1er avril pour fraude fiscale et déclaration mensongère de patrimoine. Elle avait minoré ses biens de 11,7 millions d'euros sur un actif net reconstitué de plus de 20 millions. Dix mois avec sursis, 100 000 euros d'amende, deux ans d'inéligibilité : l’ancienne ministre de Macron échappe à la prison. Retour sur un système où l’élite politique joue, perd, mais ne paie jamais vraiment.


Rédaction

Rédaction

OQTF : Arno Klarsfeld blanchi après ses propos sur les "grandes rafles"

OQTF : Arno Klarsfeld blanchi après ses propos sur les "grandes rafles"

Le parquet de Paris a classé sans suite l’enquête préliminaire ouverte en février contre Arno Klarsfeld pour ses propos sur les OQTF tenus sur CNews en janvier. Le fils des célèbres chasseurs de nazis Beate et Serge Klarsfeld avait évoqué la nécessité d’« organiser des sortes de grandes rafles » pour rendre effectives les obligations de quitter le territoire français, sur le modèle de l’agence ICE américaine. Motif du classement : infraction insuffisamment caractérisée. Une décision qui met en l


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

La France surréagit-elle à l'épidémie d'hantavirus? par Elise Rochefort

La France surréagit-elle à l'épidémie d'hantavirus? par Elise Rochefort

Posons la question qui fâche : la France est-elle en train de céder à une panique administrative ou applique-t-elle, avec une rigueur salutaire, les leçons de l'histoire? Quarante-deux jours. C’est le temps de la quarantaine — record en Europe — imposée par le décret du 10 mai 2026 à tout passager du MV Hondius foulant le sol français. À Paris, le rythme s’est emballé : deux réunions interministérielles par jour. Matignon et Beauvau sont en état de siège permanent pour suivre un virus qui, pour


Rédaction

Rédaction

Lutter contre l'entrisme islamiste ou restreindre encore la liberté d'expression? par Elise Rochefort

Lutter contre l'entrisme islamiste ou restreindre encore la liberté d'expression? par Elise Rochefort

Saisir les biens des complotistes ou des antisionistes, sous couvert de lutte contre les atteintes à la République ? Voilà une possibilité que les lois sur l'entrisme en discussion aujourd'hui prévoient explicitement. Entre les murs du Palais-Luxembourg et de l’Hôtel de Beauvau, deux visions de la protection républicaine s'affrontent pour neutraliser un ennemi désormais identifié comme "pernicieux" : l’entrisme. Alors que la loi de 2021 sur le séparatisme est jugée insuffisante pour saisir cett


Rédaction

Rédaction