Des milliards d’économies sur les dépenses sociales en 2020


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Les dépenses sociales sont dans le collimateur du gouvernement qui a présenté les grandes lignes du budget 2020 jeudi. Selon toute vraisemblance, pour tenir l’objectif (qui semble bien ambitieux) d’un déficit à 2,1% du PIB, plusieurs mesures fiscales seront retardées, et des économies substantielles seront réalisées sur l’Aide Personnalisée au Logement ou sur l’assurance chômage. En revanche, aucune mesure ambitieuse de réduction des dépenses de fonctionnement de l’Etat n’est annoncée.

Les dépenses sociales seront finalement les grandes victimes du budget 2020, où le gouvernement devra compenser les mesures prises en faveur des Gilets Jaunes tout en tenant un engagement européen (peu réaliste, dans un contexte de stagnation économique) de déficit public ramené à un peu plus de 2% du PIB.

Pour y parvenir, Gérald Darmanin a détaillé le retard que le gouvernement prendra dans la baisse du taux de l’impôt sur les sociétés. Initialement, ce taux devait passer à 28% pour toutes les entreprises. La baisse ne touchera finalement que les entreprises réalisant moins de 250 millions de bénéfices. Les autres verront leur taux passer de 33,3 à 31%. En outre, la « niche fiscale » sur le gazole non routier sera progressivement supprimée. La mesure touchera en particulier le secteur du BTP.

Mais c’est surtout sur l’assurance chômage, sur les contrats aidés et sur le mode de calcul de l’aide personnalisée au logement (APL) que les mesures seront les plus douloureuses. Plusieurs milliards d’économies sont annoncés dans ces domaines, notamment grâce à la nouvelle convention d’assurance-chômage, adoptée par décret.

En revanche, aucune mesure d’économie sur les charges de fonctionnement de l’Etat n’est annoncée. La baisse du nombre de fonctionnaires faisait pourtant partie des recettes évoquées un temps (mais remises en cause au printemps, il est vrai) pour diminuer la pression fiscale en France. Cette volonté réformatrice semble définitivement évanouie des ambitions gouvernementales.

En bout de course, ce sont les assurés sociaux qui trinqueront.


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