Comment Emmanuel Macron instille au pays la culture de la résignation et du fatalisme

Comment Emmanuel Macron instille au pays la culture de la résignation et du fatalisme


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En 3 tweets, le 15 avril 2021, Emmanuel Macron s'est laissé aller à l'un des ses rôles préférés, la déploration de "la faute à pas de chance". Du "continent caché: la souffrance des plus jeunes" qui se "cache derrière l'épidémie" au "nous n'oublierons aucun visage, aucun nom" du tweet annonçant 100 000 morts du COVID en passant par "La France sait surmonter les épreuves" face à Notre-Dame de Paris, le Président se place en commentateur emphatique des catastrophes qui s'abattent sur le pays. Comme si le chef de l'Etat n'avait joué aucun rôle ou n'en avait aucun à jouer pour défendre la France des dangers, les prévenir ou les éviter. L'un des legs les plus terribles du Président au pays est une culture du fatalisme politique. Une raison majeure de souhaiter que l'aventure Macron s'arrête en 2022.

En trois tweets, le 15 avril 2021, Emmanuel Macron s’est épanché sur les malheurs de la France.

« Derrière l’épidémie, il y a un continent caché: la souffrance des plus jeunes » a-t-il d’abord expliqué, en début de matinée, annonçant: « Pour les accompagner, nous allons lancer le forfait 100% psy enfant, pour leur permettre de consulter sans frais un psychologue. Pour eux, pour leur famille ».

Puis est venue la déploration sur Notre-Dame, publiée à l’occasion de sa visite sur le chantier: « La France, sait surmonter les épreuves ».

Enfin, il y a eu le tweet du début de soirée, celui qui a fait bondir beaucoup d’internautes sur les réseaux sociaux, consacré aux 100 000 Français. Il est en fait en deux parties, puisque ce que nous reproduisons plus haut est suivi du texte: « Et si toute notre énergie est aujourd’hui tournée vers la sortie de cette épreuve, nous n’oublierons aucun visage, aucun nom. »

Le poison du fatalisme

ce que beaucoup d’internautes reprochent au tweet d’Emmanuel Macron sur les 100 000 morts, c’est le coup marketing qui masque, au fond, un manque d’empathie réelle. Une partie de la société n’a jamais digéré « les gens qui ne sont rien« .  Et, après tout, le gouvernement n’a-t-il pas, pendant toute la crise du COVID, décidé arbitrairement de ce qu’étaient les « commerces essentiels » et les commerces…dont beaucoup bientôt ne seront plus rien pour avoir dû fermer pendant des mois.

On peut aussi, comme nous l’avons déjà souligné dans le Courrier des Stratèges,  souligner le caractère douteux du chiffre – 100 000 morts.  La surmortalité liée au COVID 19 en France est sans doute plutôt comprise entre 25 000 et 65 000 personnes.  Le gouvernement a intérêt, même si c’est une arme à double tranchant, à gongler la catastrophe, pour justifier des mesures de confinement….ou alléguer une certaine impuissance.

C’est sur ce dernier point qu’il est nécessaire d’insister. En fait, plus que de l’impuissance, il s’agit d’incompétence. Il n’est nul besoin de revenir sur la sous-estimation des informations reçues de Chine dès novembre 2019,  le manque initial de masques et de tests, l’incapacité française à procurer les équipements nécessaires du fait de la désindustrialisation du pays, l’absence de nos laboratoires de la recherche sur le vaccin, l’incapacité à mobiliser les services sanitaires de l’armée pour disposer d’hôpitaux de campagne, le refus d’organiser la coopération entre le secteur hospitalier privé et le secteur public, le grand fouillis des ARS, l’impuissance gouvernementale à arrêter les fermetures de lits en pleine épidémie, le chaos de l’organisation de la vaccination etc…. Si nous avions vraiment été en guerre, comme le prétendait, voici un an, le chef de l’Etat, nous aurions subi une défaite sans appel.

Emmanuel Macron se comporte, précisément comme le chef d’un pays vaincu, dominé par les événements, n’arrivant pas à surmonter sa désorganisation. Et il est bien vrai que, si nous n’avions pas la double protection européenne de la BCE et du plan de relance de la Commission, notre pays serait à terre financièrement.

En fait, la « souveraineté européenne » que le président exalte régulièrement, a un revers, que révèle l’enchaînement des tweets du 15 avril: le fatalisme français. Là où d’autres pays utilisent l’Union Européenne à bon escient, la classe dirigeante française en fait un prétexte à renoncement, absence d’effort et je-m’en-foutisme officiel: « L’Europe paiera! » ne cesse de répéter Bruno Le Maire.

Cette culture du fatalisme est absolument désastreuse. Elle désarme le pays psychologiquement, moralement, stratégiquement. Elle encourage toutes les défaites actuelles ou à venir: la fiscalité fatale à l’économie, la désindustrialisation avancée, le déclin scientifique, la confiscation des libertés, la substitution de la bureaucratie aux initiatives individuelles, le désespoir d’une jeunesse condamnée à choisir entre la dépression et la violence.

Il y a beaucoup de raisons de souhaiter qu’Emmanuel Macron ne soit pas reconduit à l’Elysée en 2022. Le souci de mettre fin au fatalisme politique est une des plus importantes.


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