Briefing : la caste jette de l’huile sur le bûcher des soignants suspendus
French President Emmanuel Macron walks at the welcoming dinner during the G20 Summit in Badung on the Indonesian resort island of Bali on November 15, 2022. (Photo by WILLY KURNIAWAN / POOL / AFP)

Briefing : la caste jette de l’huile sur le bûcher des soignants suspendus


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Mise en garde immédiate : si vous préférez rester au lit ce matin plutôt que d'aller travailler, lisez bien la loi qui vient d'être promulguée sur l'assurance chômage. Vous serez considéré comme démissionnaire. Et si vous aviez envie de déclarer forfait parce que l'emploi que vous occupez est purement alimentaire le temps que le gouvernement vous réintègre dans l'hôpital dont il vous a suspendu l'an dernier, vous pouvez reprendre votre ticket pour un tour. La caste a pris clairement position...

Donc, l’Assemblée Nationale discutait hier d’une proposition de loi déposée par Caroline Fiat et quelques autres LFI destinée à réintégrer les soignants suspendus. Rappelons que, avec la Grèce, la France est le seul pays européen à camper sur l’obligation vaccinale, évitée, abandonnée ou rapportée chez nos voisins.

Les grands défenseurs d’Europe et d’harmonisation européenne qui nous font la morale anti-populiste quotidiennement ont curieusement oublié leurs préceptes et maintenu mordicus une mesure d’autant plus absurde que l’hôpital a besoin de bras pour fonctionner au jour le jour.

Le rejet de la réintégration a donné lieu à quelques perles de communication, qui resteront dans les annales :

On s’amusera de cette remarque d’Eric Alauzet, par ailleurs acuponcteur, selon lequel la réintégration des soignants désorganisera les hôpitaux ! Comme si la désorganisation n’était pas venue de la suspension des soignants !

Les Républicains ne font pas mieux de leur côté :

On en reste donc à la fameuse théorie selon laquelle le vaccin protégerait, malgré les scandales qui fleurissent autour de Pfizer et des conditions dans lesquelles la Commission Européenne a enrichi ce laboratoire.

Bref, la caste cultive le clivage contre tous ceux qui ont douté, en les rangeant paresseusement dans la catégorie des « anti-vax » et en refusant d’examiner de façon un tant soit peu lucide le montage qui a permis de faire avaler la couleuvre si juteuse et rentable du vaccin…

Durcissement de l’allocation chômage

Parallèlement, le Parlement a terminé la navette du texte sur l’indemnisation du chômage. Rappelons que, avant l’ère Macron, les paramètres de l’indemnisation chômage étaient négociés entre les partenaires sociaux et consignés dans une convention. Macron a nationalisé cette opération et l’a transformée en une affaire parlementaire.

Dans la pratique, le texte module les conditions d’indemnisation selon la situation économique du pays, sans toucher aux durées de cotisation et d’indemnisation. Surtout, il s’assortit d’un durcissement des conditions d’indemnisation, comme la « présomption de démission » pour les abandons de poste qui devrait en surprendre plus d’un. Rappelons que, en cas de contentieux avec l’employeur, la prise d’acte conduit le salarié à abandonner son poste…

Bref, là encore, la caste donne le sentiment de durcir les conditions de vie alors même que la récession pointe le bout du nez.

Macron s’attend à des troubles sociaux

Si l’on ajoute ces mesures à l’annonce d’un report de l’âge de départ à la retraite par le gouvernement, les ingrédients sont réunis pour que la caste donne le sentiment de ne rien céder sur ses intérêts, et de concentrer son feu et ses ardeurs sur le petit peuple des salariés du secteur privé, comme nous l’avons déjà épinglé.

Sans surprise, Emmanuel Macron s’attend donc à des troubles sociaux qui contesteront cette politique dans la rue. Depuis Bangkok où il effectuait une escale diplomatique, il a lui-même prédit cette survenue.

Preuve est ici faite que le pouvoir a renoncé, dans la pratiques, à une bonne gouvernance, et qu’il part du principe que la confrontation avec le peuple est inévitable, normale et, au fond, sans véritable risque.


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