Boris Johnson: comment on veut lui faire payer d’avoir annoncé les effets désastreux de la dictature sanitaire
Britain’s Prime Minister Boris Johnson arrives for the NATO summit at the Alliance’s headquarters, in Brussels, Belgium, June 14, 2021. Olivier Hoslet/Pool via REUTERS

Boris Johnson: comment on veut lui faire payer d’avoir annoncé les effets désastreux de la dictature sanitaire


Partager cet article

C'st un drame qui se déroule outre-Manche loin des manchettes des médias internationaux. Boris Johnson a toujours été opposé à la politique sanitaire...de son gouvernement. Même après sa propre hospitalisation. le Premier ministre britannique était partisan de l'immunité naturelle de la société britannique. Il pensait à l'économie. Mais en Grande-Bretagne, un Premier ministre ne dirige pas contre la majorité du Cabinet. Johnson a accepté contre son gré confinement total et vaccination à outrance. A présent, l'opinion publique se retourne et pourrait lui faire porter le chapeau.

Il y a quelques années, quelques décennies, les médias français en auraient fait des gorges chaudes. Mat Hancock, ministre britannique de la Santé, a démissionné, le 26 juin dernier parce qu’il a été repéré en train d’embrasser une de ses collaboratrices, Gina Coladangelo. Las, nous sommes en 2021 et mêmes les médias français reproduisent sans rire les articles de la presse d’outre-Manche, qui reprochent au Ministre de ne pas avoir respecté la « distanciation sociale ». Passe que chez nous aussi les médias deviennent prudes. Il pourrait y avoir au moins un peu de défense des libertés: le ministre et sa maîtresse ont été pris sur le fait par une caméra de surveillance. Mais non, rien n’y fait, les médias français sont devenus sinistres, incapables de crier : « Vive Henri IV! ».  On pourrait au moins imaginer qu’ils se demandent ce qui se cache derrière cette démission quelque peu télescopée.  

Qui veut la tête de Boris Johnson?

En fait, il se joue quelque chose d’essentiel au 10 Downing Street. Dominic Cummings, ancien conseiller de Boris Johnson, a vendu la mèche. L’ancien conseiller du Premier ministre, obligé de démissionner après qu’il avait enfreint les règles du premier confinement, a été auditionné fin mai par une commission parlementaire sur la gestion du COVID. Et il a chargé Boris Johnson, lui reprochant d’être passé à côté de la gravité du COVID 19 au début de la crise, en mars-avril 2020. Mais loin de s’arrêter là, l’ancien conseiller a publié, vers la mi-juin, des échanges qu’il avait eus sur WhatsApp avec le premier ministre, et révélant  que ce dernier avait jugé son ministre de la santé, Matt Hancock, dépassé par les événements lors de la première vague de Covid-19.  Outre le fait que Cummings franchit des lignes très rouges, que jamais un ex-conseiller ne devrait franchir, c’est une véritable crise qu’il a voulu déclencher, certains parlant de « revenge porn sans les nus ». 

Est-ce un hasard si les chiens ont été lâchés quelques jours plus tard, contre Matt Hancock? Mais, surtout, un article qui fait actuellement fureur au sein du parti conservateur révèle les dessous de l’affaire: son auteur, John William O’Sullivan y révèle le dessous des cartes: contrairement à ce qu’on pourrait croire, Boris Johnson n’a jamais changé de ligne. Il a toujours été hostile à la politique sanitaire de confinement total, même après avoir été hospitalisé lui-même après avoir contracté le virus et être tombé malade. Boris, avant comme après, était favorable à l’immunisation naturelle de la société, inquiet sur les effets pour l’économie d’un confinement total. Et il n’aurait pas apprécié non plus le fait que l’on mise sur le « tout vaccination ». Mais on est en Grande-Bretagne. Un Premier ministre ne peut pas imposer son point de vue, s’il a la majorité du Cabinet contre lui. Et Boris Johnson s’est incliné. John O’Sullivan pose certes la question appropriée: dans ce cas, Boris n’aurait-il pas dû plutôt démissionner? Et ceci d’autant plus que ceux qui l’ont mis en minorité pourraient être tentés de se retourner contre lui, à présent que leur stratégie sanitaire semble être prise en défaut: le vaccin ne semble pas empêcher la diffusion du « variant delta ». Matt Hancock était une sorte de fusible pour Johnson puisqu »il pouvait être chargé de toutes les erreurs de la politique sanitaire. A présent qu’il n’est plus là, le Premier ministre est en première ligne. Est-ce le calcul qu’a fait Dominic Cummings, en précipitant la chute du Ministre de la Santé?  


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Une épidémie d'hantavirus est-elle nécessaire au développement de son vaccin ?

Une épidémie d'hantavirus est-elle nécessaire au développement de son vaccin ?

En mai 2026, l'éclosion de hantavirus à bord du navire MV Hondius a jeté une lumière crue sur un système de financement vaccinal paradoxal : celui-ci ne se déverrouille vraiment qu'une fois l'épidémie "réalisée". Cette chronique explore un dilemme rarement formulé explicitement dans le débat public, mais qui structure silencieusement nos choix collectifs en matière de santé mondiale. Le virus Andes pose un défi classique pour l'industrie biotechnologique : maladie rare, haute létalité (30-40 %)


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Une lettre d'Epstein sort des scellés, un nouveau cauchemar politique pour Washington?

Une lettre d'Epstein sort des scellés, un nouveau cauchemar politique pour Washington?

Un document manuscrit rendu public par un juge fédéral américain ravive les zones d'ombre autour de la mort de Jeffrey Epstein, survenue le 10 août 2019 dans une prison new-yorkaise. Officiellement classée suicide, la publication de cette lettre relance toutes les hypothèses. Un dossier qui continue de fragiliser la crédibilité des élites occidentales. Un juge fédéral américain a rendu publique mercredi une note manuscrite présentée comme une lettre de suicide de Jeffrey Epstein. Le document, n


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

Encore une affaire de conflit d'intérêts pour Donald Trump, par Vincent Clairmont

Encore une affaire de conflit d'intérêts pour Donald Trump, par Vincent Clairmont

Le Financial Times révèle que les fils Trump ont investi 1 milliard $ dans un fonds qui se spécialise dans toutes les entreprises qui prospère grâce aux choix politiques de leur père. Une fois de plus, Trump apparaît comme le parangon du capitalisme de connivence. Il y a des moments où la finance ne se contente plus de suivre la politique, elle l’absorbe. Ce que nous observons aujourd'hui avec l'émergence d'American Ventures, ce véhicule d'investissement de 1,04 milliard de dollars dont D


Rédaction

Rédaction

Hantavirus : existe-t-il des vaccins avec ou sans ARN messager? par Elise Rochefort

Hantavirus : existe-t-il des vaccins avec ou sans ARN messager? par Elise Rochefort

Nous plongeons aujourd'hui dans l'ombre d'un ennemi qui ne faisait pas la "une" jusqu'ici, mais qui hante les laboratoires de biosécurité du monde entier depuis longtemps : le hantavirus. Existe-t-il ou non un vaccin pour le contrer ? Transmis par les rongeurs, ce pathogène peut s'avérer foudroyant, avec un taux de létalité approchant les 40% pour les souches américaines comme le virus Andes (celui qui est détecté sur un paquebot au large de l'Afrique). Pourtant, si vous poussez la porte de vot


Rédaction

Rédaction