BioNTech-CureVac : une fusion stratégique après 3 ans de bataille judiciaire

BioNTech-CureVac : une fusion stratégique après 3 ans de bataille judiciaire


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Après un conflit juridique intense de trois ans, deux géants allemands de la biotechnologie, autrefois rivaux, scellent leur destin commun. BioNTech rachète CureVac, le concurrent qui l’accusait de violation de brevet. CureVac est un pionnier dans l’utilisation de la technologie d’ARNm. Les deux biotech allemandes ont établi un accord d’environ 1,25 milliard de dollars entièrement en actions.

Au cœur de la pandémie, les entreprises de biotechnologie se sont précipitées pour développer les injections COVID. BioNTech, soutenue par l’américain Pfizer, a réussi à commercialiser Comirnaty, l’un des premiers vaccins à ARNm autorisés dans le monde. CureVac, autre pionnier allemand de cette technologie, n’a pas connu le même succès : son candidat vaccin CVnCoV n’a pas atteint les critères d’efficacité attendus, entraînant l’abandon de son développement en 2021.En 2022, une entreprise a poursuivi BioNTech en justice pour violation de brevet. La société de biotechnologie allemande et son partenaire américain Pfizer ont qualifié le plaignant de concurrent raté qui cherche à tirer profit de leur succès.

Une bataille juridique stratégique

En 2021, CureVac a décidé d’abandonner la course après avoir publié tardivement les données cliniques de son candidat vaccin, baptisé CVnCoV. Un an plus tard, la société biotechnologique a porté plainte contre son rival BioNTech. Elle accuse ce dernier d’avoir violé un brevet européen qui couvre l’ARNm stabilisé codant pour un antigène viral et trois modèles d’utilité allemands. L’un de ces modèles d’utilité a été déposé par CureVac en février 2021 et il concerne un vaccin contre le Covid-19. Selon les experts, la société pourrait remporter un « potentiel gain » de 500 millions de dollars grâce à ce procès.

Lorsque l’alliance Pfizer/BioNTech a annoncé cette action en justice, ils ont déclaré qu’ils étaient confrontés à des « menaces de poursuites pour violation de brevet infondées ». Ils ont qualifié le plaignant d’entreprise « incapable de commercialiser un quelconque produit pour contribuer à la lutte contre le Covid-19. Les avocats des deux partenaires ont pratiquement critiqué la difficulté de CureVac à développer son candidat vaccin. Les développeurs de Cominarty ont même déclaré que « CureVac a tenté de tirer profit » de leur succès.

Notons que CureVac a toutes les chances de remporter la victoire. Au mois de mars 2025, l’Office européen des brevets a déclaré valide son brevet. En mai, l’entreprise a également obtenu une autre décision de validité. Une audience devait avoir lieu le 1er juillet. Elle permettrait aux juges de déterminer si BioNTech a vraiment violé les brevets.

Une fusion inattendue mais des incertitudes demeurent

Récemment, BioNTech a annoncé l’acquisition de CureVac pour un montant total de 1,25 milliard de dollars entièrement en action. Cette fusion inattendue a déconcerté les analystes. On dirait que le développeur de Cominarty vient de trouver un moyen de neutraliser la menace juridique qui pèse sur lui. « En acquérant CureVac, le litige en cours lié à la technologie d’ARNm de BioNTech sera probablement résolu, éliminant potentiellement la possibilité de dommages qui auraient pu survenir auparavant », a déclaré BMO Capital Markets.

Ce revirement stratégique semble viser à neutraliser la menace juridique sans passer par un verdict judiciaire. Comme le souligne BMO Capital Markets, « en acquérant CureVac, BioNTech éteint probablement le litige en cours, tout en s’emparant des actifs technologiques de son ancien adversaire. » Le site de Tübingen, fleuron de la R&D de CureVac, passera ainsi sous le contrôle de BioNTech, renforçant ses capacités dans le domaine de la thérapie anticancer

Cette fusion soulève plusieurs questions. D’une part, l’avenir des 1 000 employés de CureVac n’a pas été clairement précisé. D’autre part, les répercussions exactes sur le procès – suspendu ou annulé – restent floues à l’heure actuelle. S’agit-il d’une paix des braves ou d’une absorption forcée d’un rival encombrant ?


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