Comme nous l'avons soutenu, tout indique que la caste a envie de parier sur Bardella en 2027, notamment parce qu'il est susceptible d'être bien placé dans le tiercé des prochaines présidentielles. Encore faut-il nettoyer sa réputation, notamment avec cette ténébreuse affaire de la "RepNat du ghetto". Elise Rochefort vous dit tout.

L'affaire « RepNat du Ghetto » (ou « RepNat du Gaito ») désigne une polémique portant sur l'utilisation présumée par Jordan Bardella d'un compte Twitter (X) anonyme entre 2015 et 2017. Cette affaire a été mise en lumière par une enquête de l'émission Complément d'enquête en janvier 2024, corroborée par une enquête du journal Libération.
Voici les détails précis de ce qui est reproché à travers ce compte :
Un compte pour « se défouler »
Selon plusieurs témoignages d'anciens proches et militants, Jordan Bardella, alors âgé de 20 ans et conseiller régional, aurait utilisé ce pseudonyme avec un petit groupe de jeunes militants du Front National (aujourd'hui RN) pour s'exprimer plus librement sur les réseaux sociaux sans attirer l'attention de la direction du parti ou des journalistes.
Contenu des messages incriminés
Le compte, actif d'août 2015 à février 2017, diffusait des messages jugés racistes, homophobes ou insultants :
- Insultes envers la presse : Les journalistes y étaient régulièrement qualifiés de « journalopes ».
- Propos racistes : Le compte a notamment partagé la photo d'une piscine de banlieue parisienne avec le commentaire « la mer Noire mort de rire ».
- Moqueries sur des faits divers : Des messages ironisaient sur le cas de Théo, gravement blessé lors d'une interpellation policière à Aulnay-sous-Bois en 2017.
- Attaques contre des adversaires : Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, était une cible régulière de ce compte.
- Affinités idéologiques radicales : Le compte glorifiait la figure de Jean-Marie Le Pen et qualifiait l'essayiste multicondamné Alain Soral de « grand sociologue ».
Preuves et dénégations
L'enquête s'appuie sur les témoignages concordants de trois anciens collaborateurs directs de Jordan Bardella, complétés par deux autres sources contactées par Libération.
Jordan Bardella a toujours nié être derrière ce compte, affirmant ne posséder qu'un seul compte officiel et dénonçant une « escroquerie » médiatique. Toutefois, au 14 avril 2026, les observateurs notent qu'il n'a jamais déposé plainte en diffamation contre les journalistes ayant révélé cette affaire, une absence de procédure judiciaire souvent interprétée par ses opposants comme une crainte de voir les preuves confirmées devant un tribunal.
