Bal des faux-culs, suite : Xavier Bertrand découvrirait la politique

Bal des faux-culs, suite : Xavier Bertrand découvrirait la politique


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Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France et ambitieux pour 2027, adresse une lettre cinglante à Bruno Retailleau, patron des Républicains. Il accuse LR de singer le RN et de perdre son identité. Ce courrier, publié le 4 février sur les réseaux, révèle les fractures internes à droite à l'approche de la présidentielle. Une posture vertueuse qui fait sourire, tant l’ex-candidat a lui-même cultivé l’ambiguïté.

Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, a publié une lettre adressée à Bruno Retailleau, patron des Républicains, pour dénoncer une prétendue dérive de son parti vers l’extrême droite. Le ton est grave, les mots appuyés...mais le fond du message pose question. Car derrière cette posture morale, c’est surtout une opération de repositionnement personnel qui se dessine, à l’approche de 2027.

Une indignation très sélective

Dans sa missive, Xavier Bertrand compare la ligne de LR à une boussole aimantée par l'extrême droite, qui a perdu son nord. Il avertit : persévérer dans cette imitation multiplie les risques de « heurter un iceberg électoral » en 2027, avec le « naufrage » de la famille gaulliste comme issue probable. Le problème ? Cette dénonciation arrive bien tard.

Depuis plus de quinze ans, la droite dite républicaine n’a cessé de reprendre les thématiques du RN : immigration, sécurité, identité nationale, autorité de l’État. Sans jamais en assumer pleinement la logique ni en tirer les conséquences politiques. Xavier Bertrand lui-même n’a jamais été en reste lorsqu’il s’agissait de durcir le discours, notamment sur l’ordre ou la lutte contre l’assistanat.

Des exemples qui arrangent le récit

Le président des Hauts-de-France cite la défaite LR en Haute-Savoie face à un candidat soutenu par l’UDR et le RN, ainsi que le soutien de Christophe Gomart à Éric Ciotti à Nice. Des exemples réels, mais soigneusement choisis.

Audiovisuel public: Xavier Bertrand encore pris en flagrant délit de nostalgie pour la Pravda
Face à la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, Xavier Bertrand endosse le costume de protecteur du système. En fustigeant le travail du député UDR Charles Alloncle, le président (Les Républicains) de la région Hauts-de-France, confond délibérément liberté de la presse et protection d’une caste médiatique d’État.

Il oublie opportunément les multiples signaux envoyés par sa propre famille politique vers l’électorat RN : consignes de vote ambiguës, refus de faire barrage à certains candidats, ou encore obsession à construire des fronts « républicains »… uniquement contre la gauche radicale. Une géométrie variable qui alimente la confusion qu’il prétend aujourd’hui combattre.

Une droite prisonnière de ses contradictions

Le fond du problème n’est pas l’existence ou non d’une alliance avec le RN. C’est l’absence de colonne vertébrale idéologique de la droite institutionnelle. En reprenant les idées sans le projet, les mots sans la cohérence, LR a progressivement vidé son discours de toute crédibilité.

Dans ce contexte, la sortie de Xavier Bertrand ressemble moins à une défense de principes qu’à une tentative de sauvetage personnel. À quinze mois de l’échéance présidentielle, chacun marque son territoire, quitte à réécrire l’histoire récente.

Xavier Bertrand met en garde contre une alliance qui ferait perdre à la droite républicaine ce qui fait sa singularité. Son message est clair : en se rapprochant du RN, LR ne gagnerait ni influence ni clarté, mais risquerait de se dissoudre dans un projet qui n’est pas le sien. Une formation politique ne se renforce que lorsqu’elle reste fidèle à ses principes et à sa propre vision du pays.

Encore faudrait-il que ces principes aient réellement existé autrement que dans les discours opportunistes de campagne.


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