Après un long bras de fer, le réseau social X  « fier de revenir au Brésil »

Après un long bras de fer, le réseau social X  « fier de revenir au Brésil »


Partager cet article

Alexandre de Moraes, juge de la Cour suprême brésilienne, a mis fin au bras de fer entre la plateforme X (anciennement Twitter) et le gouvernement brésilien. Dans un tweet publié mardi, X a déclaré qu’il était « fier de retourner au Brésil ». Le Brésil est l’un des plus grands marchés de la plate-forme en Amérique latine, avec environ 22 millions d’utilisateurs.

Le différend entre Alexandre de Moraes, juge influent de la Cour suprême et président du Tribunal électoral supérieur brésilien (TSE), et Elon Musk, propriétaire de la plateforme X, a commencé lorsque la société a refusé de se conformer aux exigences locales . La Cour suprême du Brésil a décidé de suspendre l’accès à X dans le pays, suite au non-respect des injonctions judiciaires par la plateforme. En effet, X devait nommer un représentant au Brésil et supprimer plusieurs comptes accusés de diffuser des informations politiques erronées, notamment liées à l’ancien président Jair Bolsonaro et ses alliés. Parmi les comptes visés figurait le sénateur Marcos do Val, accusé de propager des fake news concernant les élections présidentielles de 2022, ainsi que Nikolas Ferreira, un membre influent du Congrès, connu pour ses discours incendiaires. X a d’abord résisté, affirmant que la sécurité de ses employés pouvait être menacée, notamment en raison de l’influence perçue de Moraes sur les affaires judiciaires. Il a aussi  accusé les autorités brésiliennes de vouloir « mettre en faillite quiconque essaie d’apprendre la vérité ». Cette levée de l’interdiction marque la fin d’un conflit juridique complexe, opposant les exigences de régulation locale aux valeurs de liberté d’expression défendues par Elon Musk.

La levée de l’interdiction et le retour de X au Brésil

Après plusieurs semaines de blocage, X a finalement accepté les conditions imposées par la Cour suprême. Après, le paiement d’amendes d’un montant total de 28,6 millions de réais (environ 4,8 millions d’euros) et la suppression de comptes soupçonnés de disséminer de fausses informations, le juge Moraes a levé l’interdiction, permettant à X de reprendre ses activités au Brésil dans les 24 heures.

L’agence nationale brésilienne des télécommunications (ANATEL) a confirmé la reprise des opérations de X, marquant ainsi la fin de l’une des plus importantes batailles juridiques entre un géant des réseaux sociaux et un gouvernement national.

Les répercussions sur la liberté d’expression

L’affaire a suscité un débat national. Si certains louent les actions de Moraes pour sa fermeté face au milliardaire Musk, d’autres, comme le journaliste américain Glenn Greenwald, y voient une attaque contre la liberté d’expression. Greenwald, résident au Brésil et lauréat du prix Pulitzer, ce dernier a dénoncé ces actions comme une forme de censure, craignant que cela ne crée un précédent dangereux pour les gouvernements cherchant à contrôler les plateformes en ligne.

L’impact de cette décision sur les élections municipales brésiliennes, au moment de l’interdiction, a également suscité les critiques. Certains observateurs ont estimé que la suspension de X pendant cette période cruciale avait un effet disproportionné sur le débat politique national.

Pour autant, le retour de X au Brésil est crucial pour la plateforme, car le pays représente environ 6 % de sa base d’utilisateurs mondiale.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Pourquoi tant d'admirateurs de Poutine refusent-ils la moindre nuance ? par Elise Rochefort

Pourquoi tant d'admirateurs de Poutine refusent-ils la moindre nuance ? par Elise Rochefort

Par les nuances sourcées et objectives que Thibault de Varenne apporte à l'analyse du conflit ukrainien, certains lecteurs sont heurtés dans leur identité. C'est un fait : le phénomène Poutine repose d'abord sur le sentiment qu'une menace pèse sur notre identité collective dès que la figure du sauveur de l'Occident est étudiée objectivement. Elise Rochefort nous explique ce besoin de fermeture cognitive. Le Courrier entame ici un cycle d'analyse pour montrer quelles techniques d'ingénierie soci


Rédaction

Rédaction

Comment Macron fait surveiller le Net pour lutter contre les ingérences étrangères... par Elise Rochefort

Comment Macron fait surveiller le Net pour lutter contre les ingérences étrangères... par Elise Rochefort

Ce matin, Emmanuel Macron tient un conseil de défense, dont l'un des points à l'ordre du jour porte sur la "lutte contre les ingérences étrangères" à l'approche des élections municipales. Mais concrètement, comment s'organise cette surveillance du Net ? Le jour même où il annonçait l'introduction du passe sanitaire, le 13 juillet 2021, Emmanuel Macron signait le décret créant l'agence Viginum, chargée principalement de lutter contre les ingérences étrangères. Cette coïncidence peut évidemment ê


Rédaction

Rédaction

Pourquoi la Russie tarde-t-elle autant à gagner la guerre en Ukraine? par Thibault de Varenne

Pourquoi la Russie tarde-t-elle autant à gagner la guerre en Ukraine? par Thibault de Varenne

Depuis quatre ans, une certaine cohorte de « poutinolâtres », installée confortablement dans ses certitudes de salon franco-français, nous promet de façon ininterrompue une victoire russe imminente. À les écouter, l’armée ukrainienne ne serait qu’un château de cartes prêt à s’effondrer sous le souffle du « génie stratégique » du Kremlin. Pourtant, quatre ans plus tard, cette victoire se fait toujours attendre. Ce décalage abyssal entre le fantasme et le réel ne démontre pas seulement la minceur


Rédaction

Rédaction

Macron vient-il réellement de brader LMB Aerospace aux Américains ?

Macron vient-il réellement de brader LMB Aerospace aux Américains ?

C’est un refrain que la France entonne avec une régularité de métronome. Hier Alstom, Technip ou Photonis ; aujourd’hui LMB Aerospace. À chaque fois, la même sidération de façade, le même théâtre d’ombres parlementaire et, au final, la même signature au bas du contrat de cession. Alors que le dossier a été bouclé dans un silence de cathédrale en décembre 2025, la question revient, lancinante : la France de Macron vient-elle, une fois de plus, de brader sa souveraineté aux États-Unis ? Nous a


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe