Annalena Baerbock, l’écologiste que l’establishment atlantiste rêve de voir succéder à Merkel, est rattrapée par des revenus non déclarés au Parlement

Annalena Baerbock, l’écologiste que l’establishment atlantiste rêve de voir succéder à Merkel, est rattrapée par des revenus non déclarés au Parlement


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C'est la chouchoute des médias. et de l'establishment européen: Annalena Baerbock. De Washington à Bruxelles, on lui prédisait qu'elle succèdera à Angela Merkel. Ca c'était avant le début de la campagne pour les élections législatives de septembre. Depuis quelques jours, Annalena Baerbock découvre la vraie vie politique: elle a oublié de déclarer des revenus annexes à son indemnité de parlementaire. Du coup, le rêve inavoué de Madame Merkel - voir une femme écologiste lui succéder plutôt que quelqu'un issu de son propre parti - va-t-il s'évaporer?

Annalena Baerbock, candidate à la succession de Madame Merkel, n’a fait connaître au Parlement allemand qu’après la date légale (et sans doute pour mettre ses affaires en ordre étant devenue tête de liste de son parti), 25.200 euros de primes versées entre 2018 et 2020 par son parti pour ses performances comme membre dirigeant du parti Vert. Chaque député au Bundestag est autorisé à toucher des revenus en plus de son indemnité parlementaire. Mais il doit les déclarer sur sa page de parlementaire. Récemment ont été épinglés des députés chrétiens-démocrates (CDU) et chrétiens-sociaux (CSU) qui avaient touché des commissions sur l’approvisionnement et la vente de masques sanitaires au printemps 2020. A également été épinglé un ancien chef du parti Vert, Cem Ödemir. Et, ce qui ne manque pas de sel, le « Monsieur confinement » du parlement allemand, Karl Lauterbach, du SPD, connu pour faire la leçon aux Allemands sur leur manque de discipline face au COVID.

Après quelques semaines d'euphorie, la chouchoute de l'establishment transatlantique atterrit.

C’est bien évidemment Madame Baerbock qui concentre l’attention des médias, – paradoxalement, ce qui a le plus choqué, c’est le versement d’une « prime COVID » de 1500 euros. Avant même que la campagne ait commencé , les médias et l’establishment font de Madame Baerbock leur favorite. Christine Lagarde a fait son éloge d’une manière gênante le 22 avril dernier. C’est un secret de Polichinelle à Washington qu’on aimerait avoir Madame Baerbock pour interlocutrice. A tel point que le parti Vert allemand ne se cache même pas pour faire du copier-coller du programme de Joe Biden.

Le seul obstacle pour Madame Baerbock, c’est… qu’il va falloir faire campagne. Le premier débat qu’elle a eu avec Olaf Scholz, tête de liste des sociaux-démocrates et Armin Laschet, tête de liste des chrétiens-démocrates, a montré une candidate inexpérimentée,  à la limite de l’arrogance. Et Armin Laschet, bien que volontiers moqué dans les médias, s’en est plutôt tiré à son avantage. Le dernier sondage INSA publié par la Bild-Zeitung enregistre un recul des Verts. CDU (les « Noirs ») et Verts, qui perdent chacun un point, n’auraient plus la majorité ensemble.  Et les libéraux du FDP (en jaune sur le graphique) montent en puissance, gagnant deux points, en particulier grâce au succès de l’entretien accordé par Christian Lindner au Spiegel.

On s’est donc un peu éloigné du rêve inavoué d’Angela Merkel: partir en laissant une femme écologiste dans son fauteuil, même au prix de la défaite des chrétiens-démocrates.


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