L'affaire Jeffrey Epstein continue de secouer les sphères du pouvoir français. Jack Lang, figure emblématique de la gauche, est sous le feu des critiques pour ses relations passées avec le financier américain, condamné pour crimes sexuels. Cerné par les révélations sur ses liens avec Jeffrey Epstein, Jack Lang est convoqué dimanche au Quai d’Orsay. Entre déni de « naïveté » et gestion de l'Institut du Monde Arabe sur fonds publics, l’indéboulonnable figure du socialisme mondain vacille.

Malgré l'absence d'accusations directes, ses 673 mentions dans les documents judiciaires publiés le 30 janvier ébranlent sa position à la tête de l'Institut du monde arabe (IMA). Le ministère des Affaires étrangères, qui verse 12,3 millions d'euros annuels – soit la moitié du budget de l'IMA – l'a convoqué dimanche pour explications.
Jack Lang sous pression : l’institution avant l’homme ?
Jack Lang, président de l’Institut du monde arabe (IMA) depuis 2013, est convoqué dimanche au ministère des Affaires étrangères. En cause : ses liens passés avec Jeffrey Epstein, révélés par la publication de documents judiciaires américains.

Aucune accusation ne vise l’ancien ministre de la Culture. Aucun acte répréhensible ne lui est imputé. Mais son nom apparaît à 673 reprises dans les millions de documents rendus publics. De quoi déclencher une tempête médiatique et politique.

L’exécutif a estimé qu’il devait « penser à l’institution ». En résumé: la question n’est plus judiciaire. Elle est devenue réputationnelle.
Une institution sous perfusion publique
L’IMA est une fondation de droit privé, au statut hybride. Son conseil d’administration est composé d’ambassadeurs de pays arabes et de personnalités désignées par le Quai d’Orsay. L’État français y joue un rôle déterminant.

Surtout, le ministère des Affaires étrangères verse 12,3 millions d’euros par an. Cette subvention représente la moitié du budget de l’Institut.
Dans ce contexte, l’affaire dépasse la personne de Jack Lang. L’argument de la « naïveté » invoqué par l’intéressé ne suffit pas à dissiper le malaise.

Les appels à la démission fusent de tous bords. Marine Tondelier (Écologistes) juge cela "manifeste". Olivier Faure (PS) critique son manque d'indignation. Ségolène Royal, ex-collègue, estime que sa présence nuit à l'IMA. Même Renaud Muselier (Renaissance), son prédécesseur, l'invite à partir. L'exécutif appelle à "protéger l'institution", soulignant le rôle clé du Quai d'Orsay.
Jack Lang exclut la démission, mais la pression monte. Jack Lang aurait été aperçu dans un avion en direction de Marrakech hier. Pour autant, Jack Lang n’est pas poursuivi, mais il est fragilisé. L’IMA n’est pas mise en cause juridiquement. Mais son image est atteinte.La démission de Lang, si elle a lieu, ne sera qu’un pansement sur une blessure systémique. La guérison passe par moins d’État, et plus de société civile.





