A lire, de Marc Endeweld: Le Grand Manipulateur


Partager cet article

Le journaliste d’investigation Marc Endeweld publie aux éditions Stock Le Grand Manipulateur, sous-titré « les réseaux secrets de Macron ». Cet ouvrage très documenté mérite d’être lu attentivement. Il s’agit de l’une des premières tentatives « panoramiques » sur les réseaux qui ont porté Emmanuel Macron au pouvoir. L’auteur y défend la thèse générale selon laquelle le jeune candidat s’est habitué sur l’ancien monde pour parvenir au pouvoir… et s’est ensuite dépêché d’oublier ses « dettes ». Le livre fait plusieurs révélations importantes.

Parmi celles-ci, on retiendra tout particulièrement le rôle que le président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou N’guesso, et que les milieux d’affaires algériens, auraient pu jouer dans l’élection d’Emmanuel Macron. Endeweld sous-entend à plusieurs reprises que le candidat Macron a profité des réseaux de la Françafrique pour mener et peut-être financer sa campagne.

Ces éléments éclairent d’un jour nouveau le rôle et la place d’Alexandre Benalla dans l’entourage du président. Tout porte à croire que, loin d’être un exalté isolé, Benalla a fait partie de l’état-major d’Emmanuel Macron et qu’il a probablement participé à des opérations indispensables à la réussite du candidat.

Le chapitre consacré aux comptes de campagne est à lire avec beaucoup d’attention. Nous en retirons d’ailleurs un papier sur un aspect méconnu des soutiens dont Macron a bénéficié. Dans tous les cas, il apparaît que, jusqu’à la « carbonisation » complète de François Fillon (notamment après l’affaire des costumes de Robert Bourgi), une partie de l’establishment français a maintenu son soutien au candidat républicain. Cette fidélité a singulièrement retardé la campagne d’Emmanuel Macron.

Une fois élu, celui-ci s’est empressé d’oublier les soutiens dont il a bénéficié, allant jusqu’à décevoir beaucoup de ceux qui se sont engagés pour lui. Cette déception n’est probablement pas pour rien dans la violence du rejet et des polémiques dont le Président fait l’objet désormais.

L’ouvrage constitue une base importante pour comprendre la présidence macronienne.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
La démographie, base de toute puissance, surtout pour les BRICS, par Thibault de Varenne

La démographie, base de toute puissance, surtout pour les BRICS, par Thibault de Varenne

L'Inde présidera les BRICS en 2026. Elle accueillera le sommet, elle en tiendra la plume, elle en donnera le ton. Elle le fait forte d'une qualité que nul autre membre ne possède au même degré : depuis 2023, elle est le pays le plus peuplé de la terre. Plus de quatorze cents millions d'hommes. LE COURRIER DES STRATÈGES Restez libre ! ABONNEMENT Allez au fond des choses. Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche. Le monde comme


Rédaction

Rédaction

Lyhanna, victime de l'inertie administrative

Lyhanna, victime de l'inertie administrative

Et si le vrai danger n'était pas la malveillance, mais l'absence de zèle ? Un dossier qui met treize jours à franchir quatre-vingts kilomètres, des semaines à être ouvert, et jamais le temps d'une garde à vue. La mort de Lyhanna, onze ans, dit moins sur un homme que sur des administrations qui ne se sont, à aucun moment, senties obligées de bien faire leur travail. Il existe des objets si ordinaires qu'on ne les regarde plus : une chemise cartonnée, un parapheur posé sur le coin d'un bureau, un


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Dix-huit mois après, les dérives illibérales de Trump, par Thibault de Varenne

Dix-huit mois après, les dérives illibérales de Trump, par Thibault de Varenne

Et si la première puissance du monde administrait, mois après mois, la preuve que rien ne tient sans contrepoids — ni la loi, ni la presse, ni la probité ? Dix-huit mois de pouvoir disent moins sur un homme que sur une nation qui découvre, dans l'effacement de ses propres bornes, ce qu'elle valait vraiment. On nous a longtemps présenté l'Amérique comme le pays de l'État de droit. C'était son orgueil, et son magistère : elle en faisait la leçon au monde, des chancelleries aux tribunaux. Dix-huit


Rédaction

Rédaction

Droguées par un prédateur, les victimes assignent le ministère de la Culture

Droguées par un prédateur, les victimes assignent le ministère de la Culture

Cinq femmes ont assigné jeudi l’État français devant le tribunal administratif, accusant le ministère de la Culture d’inaction face aux agissements de Christian Nègre, ancien DRH, mis en examen pour avoir drogué près de 250 femmes afin de les contraindre à uriner en sa présence. Leurs avocates réclament 90 000 à 180 000 euros d’indemnisation chacune. La rapporteure publique a recommandé une somme bien moindre autour de 10 000 euros par victime en qualifiant les faits de « faute personnelle » san


Rédaction

Rédaction