????Comment la BCE aimerait tuer le bitcoin

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Le bitcoin agace beaucoup les banques centrales, et singulièrement Christine Lagarde, comme elle l'a confirmé sur BFM ce week-end. Selon elle, il ne s'agit pas d'une monnaie, mais d'un placement hautement spéculatif qui doit désormais être sévèrement réglementé... comme une monnaie, bien entendu. Autrement dit, les grandes banques centrales devraient prochainement entamer les opérations de mise sous cloche du bitcoin, en le soumettant à diverses obligations, notamment des obligations prudentielles, destinées à le rendre beaucoup moins attractif. Ou comment les émetteurs de monnaie centrale comptent utiliser leur pouvoir financier pour éliminer un concurrent gênant.

S’agissant du bitcoin, Christine Lagarde n’a pas mâché ses mots, ce week-end, devant les caméras de BFM.

On retiendra ses propos tonitruants, tous dans la nuance :

Bien évidemment, qui dit « régulation » dit en réalité (comme toujours dans le verbiage communautaire) édiction de règles et de règlements destinés à favoriser les acteurs qui sont établis dans le « système » et à éliminer, ou entraver, les nouveaux venus qui bousculent les règles du jeu.

Le bitcoin bientôt « régulé »

Les intentions de la Banque Centrale Européenne et de Christine Lagarde sont donc claires : il va s’agir désormais de réguler le Bitcoin dans le cadre de la réglementation applicable aux EME (émetteurs de monnaie électronique). Et les résultats ne devraient pas être tristes.

La régulation vise en effet à s’assurer que l’émetteur de monnaie dispose d’une gouvernance solide, avec des règles prudentielles et surtout, ce que Christine Lagarde a commencé à avancer, qu’il lutte contre le blanchiment d’argent.

Ce dernier motif (qui est un peu le motif bidon et fourre-tout pour justifier tout et n’importe quoi) a déjà été mis en avant par la BCE pour justifier la disparition du cash.

S’agissant du bitcoin, les banques centrales mondiales devraient donc assez rapidement chercher à lui tordre le cou… en lui reprochant de ne pas être soumis à une direction centrale responsable de ses actes et de ses fautes. La méthode devrait être imparable.

Reste à savoir s’il est possible aujourd’hui d’empêcher un acteur totalement décentralisé et invisible de pratiquer l’activité de son choix sur Internet. Pas sûr, pas sûr.


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