Avis de gros temps social pour l’Elysée

Emmanuel Macron peut se préparer à un gros temps social. Plusieurs indicateurs montrent en effet que la tension monte dans le pays et que les nuages s’amoncèlent à l’horizon. L’entrée en vigueur de la convention d’assurance-chômage pourrait alourdir fortement ce climat déjà plombé. Nous pronostiquons un mois de décembre au moins aussi agité que celui de l’an dernier.

Avis de gros temps social. C’est désormais acquis.

Gros temps social sur les sondages

Premier élément: Emmanuel Macron et Edouard Philippe baissent dans les sondages après une période d’accalmie. Ce symptôme est ténu, mais il montre l’inflexion qui touche le pays. Après un regain de printemps, le Président est à nouveau sur une pente descendante en termes de popularité.

Les mauvais pressentiments issus de sa visite à La Réunion, puis à Rouen, où il a été sifflé et interpellé sur la casse sociale, sont ici confirmés. Il est très probable que la tendance baissière s’aggrave et dure dans les jours à venir.

La base débraye, les syndicats ne contrôlent plus rien

Cette inflexion intervient dans un compte à rebours toxique où la base de plusieurs entreprises publiques, dont celle de la SNCF, semble chauffée à blanc. Les débrayages spontanés à la SNCF annoncent une résistance décidée contre la mise en concurrence du rail, qui se traduit déjà par une pression sur les rendements.

Dans cette pente savonneuse, les syndicats ne contrôlent plus rien. Rien n’exclut que les personnels des hôpitaux ne rejoignent le mouvement dans les semaines à venir.

La réforme des retraites catalyse les oppositions

Pour des raisons que nous expliquons depuis longtemps, le projet énarchique d’un régime universel de retraites se heurte à la réalité culturelle profonde du pays. Elle se traduit par une défense obstinée des régimes spéciaux, symbole involontaire d’une permanence d’un pays réel malgré l’idéologie imposée par les classes dominantes.

Une grande partie de ce débat se déroule dans le subconscient des Français, ce qui le rend difficile à saisir et d’autant plus dangereux. Les réactions collectives sont ici peu anticipables et peu analysables. Elles pourraient se traduire par un rejet massif du gouvernement.

Le conflit dans les transports s’annonce périlleux

Dans ce contexte, le mouvement social porté par l’intersyndicale des transports (à la SNCF et à la RATP) annoncé le 5 décembre, devrait constituer un choc des titans. Paris pourrait être bloquée pendant plusieurs jours, en pleine période des cadeaux de Noël puis des départs en vacances. La secousse tellurique sera forte.

Le Président Macron tente de circonvenir l’intersyndicale en s’alliant avec la CFDT pour défendre le clause dite « du grand-père », réservant la réforme aux seuls nouveaux entrants. La CFDT est prête à jouer le jeu si le gouvernement n’allonge pas la durée de cotisations. La partie est serrée, et rien n’indique que les syndicats soient encore en mesure de reprendre le contrôle de la situation.

L’erreur de la réforme de l’assurance-chômage

Alors que la situation est au bord de l’explosion, la réforme de l’assurance-chômage entre en vigueur au 1er novembre. Elle devrait produire plus d’un milliard d’économies dès la première année. Fait exceptionnel: ce ne sont pas les partenaires sociaux qui l’ont adoptée, mais l’Etat qui a piloté l’opération au pas de charge, par voie de décret.

Macron ne pourra ici botter en touche lorsque les premiers chômeurs verront, à la fin du mois de novembre, leur indemnisation brutalement baisser. Si l’on peut comprendre la logique de cette réforme, il est un fait qu’elle n’est pas expliquée par le gouvernement et qu’elle va entrer en vigueur au pire moment: juste avant Noël, et au moment où éclate un grand mouvement social.

La prise de risque est selon nous maximale.

Le style Macron agace et déçoit

Pour comble de malheur, l’hyper-présidentialisation du régime s’accompagne d’un sentiment grandissant d’impuissance. Après son discours de va-t’en-guerre contre l’Islam, qui laissait à penser que le gouvernement (comme l’avait laissé penser Blanquer), légiférerait pour interdire le voile dans les sorties scolaires, Emmanuel Macron a effectué un impressionnant rétropédalage, indiquant que le port du voile dans les sorties scolaires n’était pas son problème.

La méthode risque de lui coûter cher. A gauche d’abord, où son interview à Valeurs Actuelles est interprétée comme une trahison en faveur de l’extrême droite. A droite ensuite, où ce coup de pied de l’âne risque de laisser de puissantes traces.

Le développement d’un hashtag « MacronDestitution » sur Twitter ce 1er novembre en dit long sur l’aigreur de l’opinion publique. Si Macron ne rencontre aujourd’hui aucune opposition politique constituée, il s’expose en revanche à un rejet de la France silencieuse qui devrait l’inquiéter.

Nous pronostiquons une réaction populaire virulente dans les semaines à venir, surtout si une vague terroriste frappe le pays comme beaucoup le craignent.

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3 réponses

  1. Mahesa dit :

    Et heureusement que les GJ et les CSP- n’y connaissent rien en finances, car les magouilles actuelles sur les privatisations suffiraient à mettre tous les français d’accord… et dans la rue.

  2. ANDRE WEGMULLER dit :

    il suffit juste d’informer par les « réseaux sociaux l’extravagance des locataires de l’Elysée »et le tour sera joué , sans oublier les violences a Beziers , la surpopulation « étrangère » es augmentations avenir

  3. Buffin dit :

    L’atmosphère sociale et sociétale n’est pas bonne, c’est le moins que l’on puisse dire.

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