Weizmann: « Avec Zemmour, les bien-pensants deviennent complotistes »

Weizmann: « Avec Zemmour, les bien-pensants deviennent complotistes »


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Emoi dans la presse de gauche : leur confrère Eric Zemmour a encore le droit d’exercer son métier.

Les médias sont responsables de la montée de l’extrême-droite. Examinons un instant ce lieu commun, répété à l’envi par tout ce que la gauche inclusive compte d’esprits vigilants. Prononcée par un journaliste engagé, elle permet, sous l’apparence flatteuse de l’auto-critique, d’insulter l’intelligence des électeurs soi-disant victimes de la propagande, tout en passant pour un courageux esprit libre, à contre-courant du conformisme ambiant de la profession. Eric Zemmour est, à lui tout seul, le symbole de cette libération de la parole réactionnaire sans laquelle le dernier boucher non halal de Lunel voterait encore socialiste.

Une mentalité complotiste derrière la dénoncation des nouveaux réactionnaires

L’argument de la pièce est simple : des politiciens sans scrupules, hier Sarkozy, aujourd’hui Macron, chercheraient à faire monter l’islamophobie et les angoisses identitaires des français. Pour cela, des médias complaisants aux mains de milliardaires complices auraient ouvert leurs micros à des prêcheurs de haine, participant de la vague populiste qui a donné ailleurs un Trump ou un Orban.

Charline Vanhoenacker et Aymeric Caron, toujours prompts à dénoncer les confrères malpensants, ont ici un illustre devancier en la personne d’Alain Soral. En effet, depuis déjà plusieurs années, le bouillant polémiste s’évertue à dénoncer le « national-sionisme », stratégie médiatique consistant à exciter les français contre des musulmans innocents pour les rendre solidaires d’Israël.

Bien entendu, les gens bien élevés ne tiennent pas ce genre de discours, au moins pour la forme, quoi que du côté des indigénistes de la France Insoumise, on n’en soit plus très loin.

Pas de solidarité professionnelle pour les malpensants

L’explication est pourtant plus simple : l’audience. Eric Zemmour et ses émules attirent le public et une chaîne de télévision privée, qui veut être rentable, en tient compte. Il est vrai que le journaliste du service public a du mal à envisager un tel raisonnement. Lui qui est occupé à dénoncer l’homophobie dans les stades de football, quand un polémiste fait un succès de librairie en parlant de la réalité, c’est une forme de concurrence déloyale…

Jamais nous n’avions vu la corporation journalistique s’acharner à ce point contre un confrère. Alors qu’en dix ans, la liberté d’expression s’est réduite à ce qui ne choque pas les chastes oreilles de la 17ème chambre correctionnelle, à chaque polémique autour d’un propos leste d’Eric Zemmour, la société des journalistes de son employeur du moment, récemment le Figaro, se désolidarise et exige des sanctions. Complices d’une justice liberticide, leur attitude est également suicidaire. Ce sont les polémistes rugueux qui font les quelques ventes de leurs journaux moribonds et leur évitent le plan social.

Des syndicats de presse habitués aux subventions publiques se comportent comme des militants politiques car ils savent que le CSA est de leur côté. Certains s’agacent de ce que la presse serait aux mains des marchands de canons. Si tous les médias étaient aux mains de l’Etat, il y a longtemps que Zemmour pointerait au chômage.

L’inacceptable chantage aux subventions publiques

Il est aujourd’hui de notoriété publique que la presse écrite, à quelques exceptions près, ne survit que par les subventions plus ou moins déguisées que lui octroie l’Etat, à commencer par un taux de TVA réduit à 2,1 %. D’où la tentation de réserver ce soutien à ceux qui pensent bien, ce qui aujourd’hui se réduit à ceux qui n’ont pas encore été condamnés à la justice (pour incitation à la haine seulement, le mensonge et la diffamation était bien entendu des péchés véniels). Déjà en 2015, l’hebdomadaire Valeurs Actuelles avait été exclu des aides à la presse suite à sa une sur les Roms.

Nous nous dirigeons vers un paysage où il y aura d’un côté les médias qui pensent bien, financés par le contribuable, et les médias qui pensent mal, financés par leurs lecteurs en attendant d’être interdits. Nous avions vu la semaine dernière le capital-risque d’Etat, mais la créativité énarchique est sans limite : le Conseil National du Cinéma a inventé le Youtuber d’Etat avec 50 000 euros distribués en 2018 pour les niaiseries féministes de Solange te parle…

Puisque le monde journalistique a fait litière de toute objectivité et qu’il n’y a plus que des militants, l’exigence démocratique est aujourd’hui de mettre fin à cette distorsion de concurrence que créent l’audiovisuel public et les aides à la presse. Ils ne peuvent s’empêcher d’être partisans, alors que ce soit à leurs frais. Le public jugera.


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