Vote à distance : nouvelle menace démocratique en perspective

Vote à distance : nouvelle menace démocratique en perspective

3 min de lecture

Partager cet article

Par JULIEN G. - Alors que la polémique autour du vote par correspondance continue d'enfler aux Etats-Unis, l’exécutif prépare activement un projet de loi, post élections 2022, pour le réinstaurer dans l'Hexagone, alors qu'il avait été supprimé en 1975, en raison de trop nombreuses fraudes.

Ce n’est pas la première fois que des parlementaires de la majorité essai de ressusciter ce vielle outil, en profitant de la crise sanitaire.

Or, de sérieuses inquiétudes demeurent quant à l’utilisation  de ce type de vote. La situation américaine et les dernières élections à Berlin, nous montrent que des problèmes de sécurité et de contrôles restent prédominants.

1.Un engagement de campagne qui tombe à pic

Le président de la République, dans son programme, avait dit qu’il était favorable au vote à distance.

Le 5 novembre 2020 et en juin 2021, des sénateurs et députés ont lancé les premières propositions dans le débat publique et parlementaire, prétextant répondre à l’abstention.

Sans succès !

La commission des lois du Sénat soulignait les difficultés d’un vote en ligne, notamment, en l’absence d’une véritable identité numérique.

Retenons ce dernier terme qui en janvier 2021 ne parlait pas à grand monde.

Or, la mise en place du pass sanitaire couplée à l’arrivée prochaine des nouvelles cartes d’identités numériques permettront, à coup sûr, de répondre aux demandes de la Chambre Haute.

Rappelons, qu’en France, le vote par correspondance a existé de l’après-guerre jusqu’en 1975, date à laquelle une loi l’a interdit en raison des fraudes qu’il avait permises.

Le président UDI de la Mayenne rétorquait à la justification de l’interdiction de ce mode vote en 1975, en commentant : «C’était il y a quarante-cinq ans ! Beaucoup de choses ont été inventées depuis pour sécuriser ce vote. »

La crise sanitaire, une opposition parlementaire qui n’existe plus et la mise en place d’outils de contrôle de la population forment aujourd’hui les meilleurs ingrédients pour prétendre remettre en place cette mesure.

2.Les problèmes de sécurité et de fraudes n’ont pas disparu

Le vote par correspondance élimine le secret du vote, car il est impossible de contrôler ou de savoir avec qui un électeur partage son bulletin et ce qu’il en fait avant qu’il ne soit envoyé par la poste ou déposé.

L’audit de l’Arizona a révélé de nombreux problèmes liés à l’élection qui peuvent être attribués à deux principaux facteurs de causalité : le vote par correspondance et la gestion inadéquate des listes électorales. Plus de 80 % des bulletins de vote déposés à Maricopa l’ont été par courrier.

Le manque de sécurité des machines de vote, les risques avérés de piratage localement et via Internet et l’impact sur les résultats sont aujourd’hui de nature à remettre en cause l’élection de J.Biden.

Récemment, à Berlin, la responsable de l’organisation des élections dans la capitale allemande a démissionné mercredi en raison des multiples incidents qui ont émaillé les élections dimanche dernier.

Là aussi le recours massif au vote par correspondance pose question.

La garantie du vote secret n’est pas seulement un droit qui s’applique à l’électeur lui-même, mais c’est aussi un droit garanti au reste des votants que le bulletin de cette personne est secret et ne peut donc pas avoir subi d’influence indue.

A l’heure où Gérald Darmanin annonce travailler à «mettre en place le vote à distance», il apparait judicieux de retenir les leçons de 1975 et se dire que l’abstention provient peut-être d’une offre politique vide et sur le déclin.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
177 conseillers municipaux, plus que Paris: la chambre des comptes a compté

177 conseillers municipaux, plus que Paris: la chambre des comptes a compté

La chambre régionale des comptes des Pays de la Loire a passé au crible 35 collectivités. Elle y trouve un conseil municipal plus peuplé que celui de Paris, des emprunts signés sans mandat suffisant et un patrimoine valorisé à 50 % d’écart selon le registre consulté. La gestion locale ne sait plus ce qu’elle possède ni ce qu’elle signe. LE COURRIER DES STRATÈGESRestez libre ! LA NEWSLETTER · GRATUITE Le Courrier, chaque matin. L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

128 628 euros réclamés sans avis de contrôle : la cour d’appel fait plier l’URSSAF

128 628 euros réclamés sans avis de contrôle : la cour d’appel fait plier l’URSSAF

L’URSSAF de Bretagne réclamait 128 628 euros à une entreprise pour des cotisations impayées par un sous-traitant roumain condamné pour travail dissimulé. Le 29 septembre 2026, la cour d’appel d’Angers a annulé l’intégralité du redressement : l’organisme avait omis d’adresser à l’entreprise l’avis de contrôle obligatoire. Une erreur de procédure qui lui coûte aussi 3 000 euros de frais de justice. LE COURRIER DES STRATÈGESRestez libre ! LA NEWSLETTER · GRATUITE Le Courrier, chaque


Rédaction

Rédaction