Le 27 août, près de 200 maisons de Pouligney-Lusans, dans le Doubs, ont été frappées par un violent orage de grêle. Une semaine plus tard, alors que les sinistrés attendent assureurs et couvreurs pour remettre leurs logements hors d’eau, des contrôleurs de l’URSSAF sont venus vérifier les chantiers. L'organisme assure avoir agi « en respectant l'activité en cours », reste une question simple : pourquoi ce jour-là ?
Le 27 août 2026, une supercellule orageuse balaie le nord du Doubs le long de l'A36. Pouligney-Lusans, commune de 850 habitants dans l'arrondissement de Besançon, en devient l'épicentre . Selon la préfecture, près de 200 maisons sont touchées, toitures éventrées, école partiellement bâchée dès la rentrée, coq de l'église démonté par sécurité. Une vingtaine de communes voisines subissent des dégâts comparables. Les habitants, eux, courent après deux urgences : obtenir un classement en catastrophe naturelle et trouver un couvreur avant les prochaines pluies.
Quand l’urgence rencontre le contrôle administratif
À peine les habitants ont-ils commencé à organiser les réparations de toitures éventrées que l’administration sociale apparaît sur les chantiers. Le vendredi 4 septembre, des contrôleurs de l’URSSAF se sont rendus à Pouligney-Lusans pour effectuer des vérifications auprès des entreprises intervenant après la catastrophe.

La rumeur d’un arrêt des chantiers s’est rapidement propagée dans la commune. Selon l’URSSAF, il n’en a rien été : les contrôles auraient duré au maximum une heure et demie et auraient été réalisés « en respectant l’activité en cours ». Autrement dit, l’organisme conteste avoir empêché les couvreurs de travailler.
Un contrôle qui tombe au pire moment
Le 27 août, l’orage ravageait la commune. Le 4 septembre, les artisans étaient mobilisés pour répondre à une situation exceptionnelle. Entre les deux, les besoins des habitants n’ont pas disparu : il faut sécuriser les maisons, bâcher les toitures, remplacer les tuiles et coordonner les interventions avec les assureurs.

L'URSSAF est dans son droit, et les contrôles inopinés sur chantier font partie de son arsenal habituel contre le travail au noir, un fléau réel dans le bâtiment après les catastrophes climatiques, où affluent parfois des entreprises éphémères. Mais le timing interroge.
Une semaine après un sinistre classé en urgence par la préfecture, alors que les artisans locaux peinent déjà à répondre à l'afflux de demandes et que des délais de réparation d'un an sont annoncés pour les véhicules dans les départements voisins, l'État choisit de mobiliser des agents pour du contrôle plutôt que pour de l'accompagnement.


