Vie privée menacée: après le Royaume-Uni,l’UE teste la vérification de l’âge en ligne
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Vie privée menacée: après le Royaume-Uni,l’UE teste la vérification de l’âge en ligne


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Cinq pays européens s’apprêtent à tester une nouvelle application de vérification de l’âge, censée protéger les mineurs en ligne tout en préservant la vie privée. Mais les critiques persistent, à l’image des inquiétudes déjà soulevées au Royaume-Uni.

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Le Royaume-Uni a rendu obligatoire la vérification de l’âge en ligne depuis le 25 juillet 2025. L’UE (Union européenne) s’apprête à suivre ses pas. Mais en attendant la mise en vigueur définitive d’une telle mesure, cinq pays européens vont tester la solution technique proposée par la Commission. Elle a été présentée comme un outil pour établir « une nouvelle référence en matière de protection de la vie privée ». Il faut dire que la sécurité liée au processus de vérification de l’âge suscite beaucoup d'inquiétudes.

Les premiers pays à tester la vérification de l’âge en ligne dans l’UE

Au Royaume-Uni, des millions de Britanniques doivent subir un des contrôles d’âge avant d’accéder à certaines plateformes ou contenus Web depuis le 25 juillet 2025. Les autorités ont en effet mis en vigueur une nouvelle loi sur la sécurité en ligne. Elle oblige les sites web proposant des contenus réservés aux adultes, les réseaux sociaux, les plateformes de jeux et les applications de rencontre de vérifier de manière rigoureuse l’âge de leurs visiteurs. Le but de cette mesure est de protéger les mineurs contre les crimes sexuels et de les empêcher d’accéder à des contenus dangereux.

Le 14 juillet 2025, la Commission européenne a aussi présenté une solution technique de vérification de l’âge en ligne. Son développement et son introduction sont les premières étapes de l’application des règles de sécurité en ligne des enfants selon la loi sur les services numériques ou DSA (Digital Service Act).

Deux semaines avant la mise en vigueur de la nouvelle loi sur la sécurité digitale au Royaume-Uni, cinq pays européens ont déclaré qu’ils se préparent à tester l’application proposée par la Commission. Ils incluent notamment le Danemark, l’Espagne, la France, la Grèce et l’Italie.

Le Royaume-Uni en avance mais critiqué

Cette initiative européenne intervient alors que le Royaume-Uni a imposé, dès le 25 juillet 2025, des contrôles obligatoires de l’âge pour accéder à certains sites et contenus. Les plateformes de médias sociaux, de rencontres ou de jeux doivent désormais vérifier l’âge de leurs utilisateurs pour filtrer les contenus jugés nuisibles.

Ofcom, le régulateur britannique, a listé plusieurs méthodes de vérification : scans faciaux, contrôle par carte bancaire, identité numérique, vérification auprès des opérateurs mobiles, appariement photo-ID, voire estimation de l’âge par email.

Mais ces dispositifs suscitent de vives critiques. Les experts dénoncent à la fois l’imprécision de la définition du « contenu préjudiciable » et les menaces potentielles pour la vie privée. Résultat : de nombreux Britanniques se sont tournés vers les VPN pour contourner ces nouvelles contraintes.

La Commission européenne a assuré que la solution technique de vérification de l’âge qu’elle propose permet aux utilisateurs de prouver qu’ils ont plus de 18 ans « sans révéler aucune autre information personnelle ». Les législateurs qu’il s’agit d’un système sûr. Il vise à établir « une nouvelle référence en matière de protection de la vie privée » dans le cadre d’un processus de vérification de l’âge en ligne.  

Le calendrier prévoit une application intégrale de ces contrôles obligatoires à partir de 2026.Mais une question centrale demeure : comment protéger les mineurs tout en garantissant la liberté et la vie privée des internautes? En Europe, on assiste de plus en plus à la transformation de la régulation en outil de contrôle.


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