Vie privée: Apple accusé par la LDH « d’enregistrements non consentis »

Vie privée: Apple accusé par la LDH « d’enregistrements non consentis »


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Vendredi, la Ligue des droits de l’homme (LDH) a annoncé qu’elle a déposé une plainte contre Apple au parquet de Paris pour « violation de l’intimité de la vie privée à travers des enregistrements non consentis » effectués par l’assistant vocal Siri.En parallèle, selon Washington Post, le Royaume-Uni aurait ordonné à Apple de permettre l’espionnage des comptes des utilisateurs stockées sur iCloud, via une porte dérobée (backdoor).

La Ligue des droits de l’homme (LDH) a porté plainte contre Apple pour violation de la vie privée via son assistant vocal Siri. Selon la LDH, des enregistrements audio effectués sans le consentement des utilisateurs ont été analysés par des sous-traitants, y compris des conversations privées. Thomas Le Bonniec, un ancien employé d’un sous-traitant d’Apple, a témoigné avoir traité quotidiennement des centaines d’enregistrements contenant des données sensibles.

Apple de nouveau visé dans une affaire juridique

Déjà annoncé par Le Monde et la cellule investigation de Radio France, la LDH a déposé une plainte contre Apple. L’association a confirmé cette information vendredi. Elle accuse la marque à la pomme de « violation de l’intimité de la vie privée à travers des enregistrements non consentis » réalisés par l’assistant vocal Siri, de traitement illicite des données personnelles et de pratique commerciale trompeuse.

La présidente de la LDH, Nathalie Tehio, a en effet indiqué que chaque demande adressée à Siri est enregistrée à l’insu des utilisateurs. De plus, elles sont vérifiées par des tiers. Selon Nathalie Tehio, c’est une violation du RGPD (Règlement général de la protection des données).

1.300 enregistrements avec des données sensibles traités au quotidien

Cette plainte s’appuie sur le témoignage d’un ancien salarié d’un sous-traitant d’Apple, Thomas Le Bonniec. Il faisait partie des personnes chargées de « vérifier les transcriptions ». Le Bonniec a fourni à LDH des captures d’écran de « conversations très privées qui ont été enregistrées » sans l’autorisation des utilisateurs d’après Nathalie Tehio.

Selon l’information publiée par Le Monde et Radio France, cet ancien salarié d’un sous-traitant d’Apple a traité 1.300 enregistrements contenant des données sensibles tous les jours. Le Bonniec revendique le titre de lanceur d’alerte et il demande « une enquête effective pour que ce soit corroboré ».

« Ce qui est vraiment encore plus choquant est que ça se déclenche alors même que vous n’utilisez pas votre assistant vocal », a ajouté la présidente de la lDH. Apple n’a pas encore fait des commentaires à propos de la plainte. Mais l’entreprise américaine a déjà publié un communiqué garantissant la protection de la vie privée des utilisateurs de Siri sur son site le 8 janvier dernier.

Le Royaume-Uni a demandé l’accès à tout le contenu des utilisateurs sur le iCloud

Parallèlement à cette affaire, selon une récente révélation du Washington Post, le gouvernement britannique a exigé qu’Apple lui donne accès à l’ensemble des données chiffrées des utilisateurs stockées sur iCloud, via une porte dérobée (backdoor). Cette demande soulève des questions sur l’équilibre entre sécurité nationale et respect de la vie privée. Si Apple cède à cette pression, cela pourrait marquer un tournant dans l’utilisation des outils technologiques par les gouvernements pour surveiller leurs populations.

En effet selon le Washington Post, le gouvernement britannique a émis un « avis de capacité technique » exigeant qu’Apple lui donne un accès général aux données chiffrées des utilisateurs, plutôt que de se limiter à une assistance ciblée pour accèder à un compte spécifique. Contrairement aux demandes habituelles des gouvernements, qui visent souvent des cas criminels précis, cette requête vise un accès global et systématique.

L’introduction d’une porte dérobée dans le système de chiffrement d’Apple représenterait une menace significative pour la vie privée des utilisateurs. Une telle faille pourrait être exploitée non seulement par les gouvernements, mais aussi par des acteurs malveillants, compromettant ainsi la sécurité des données sensibles de millions de personnes.


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