Inquiétude de l’ONU sur la violation de la vie privée par les technologies de surveillance

Inquiétude de l’ONU sur la violation de la vie privée par les technologies de surveillance


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Dans un nouveau rapport, les Nations Unies ont mis en avant les avantages des technologies numériques. Selon le document, ce sont des outils de surveillance et de contrôle performants. Mais le nouveau rapport de l’ONU (Organisation des Nations Unies) a aussi souligné que l’utilisation de ces technologies de surveillance menacerait le droit à la vie privée. L’ONU exhorte ainsi les différents Etats à mettre en place des règles strictes pour mieux encadrer le recours à ces outils modernes intrusifs.

Avec la pandémie du Covid, la surveillance de masse par la reconnaissance faciale s’est vite répandue avec la bénédiction des gouvernements du monde entier. La crise sanitaire a banalisé et justifié la généralisation des moyens de contrôle social. Ces derniers temps, entreprises et gouvernements occidentaux ont utilisé massivement, en catimini, le recours à l’intelligence faciale, avec en toile de fond, le Forum Economique mondial de Davos toujours bon conseiller dans le développement de ces outils. Les défenseurs des droits de l’homme et certains législateurs craignent que les gouvernements n’exploitent ces données bien au-delà des besoins de la pandémie. Le dernier rapport du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) a examiné trois domaines clés : « l’utilisation abusive d’outils de piratage intrusifs (logiciels espions) par les autorités publiques, le rôle clé des méthodes de cryptage robustes dans la protection des droits de l’homme en ligne, et les impacts de la surveillance numérique généralisée des espaces publics, à la fois hors ligne et en ligne ».

Des outils de surveillance intrusifs

Le rapport du Haut-Commisariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) met en garde contre les menaces sur le droit à la vie privée causées par l’utilisation des technologies modernes en réseau. Il a été établi suite à une analyse rigoureuse réalisée dans différents domaines clés.

Selon le Haut-Commissaire aux droits de l’homme par intérim, Madame Nada Al-Nashif, ces outils technologiques modernes présentent de nombreux atouts. Mais leur usage fréquent « porte atteinte aux droits et entrave le développement de démocrates dynamiques et pluralistes ».

Le document de l’ONU décrit en détail comment les autorités publiques ont utilisé des outils de surveillance permettant la collecte et l’analyse automatisée de données à grande échelle, en mettant en danger le droit à la vie privée.

L’ONU a aussi déterminé l’importance des méthodes de cryptage performantes dans la protection de la vie privée des internautes ainsi que les impacts de l’utilisation des appareils de surveillance numériques dans les lieux publics.

Le document met par exemple en évidence le fonctionnement du logiciel « Pegasus » qui peut faire de tous les smartphones des dispositifs de surveillance efficaces, opérationnels 24h/24.

Alors que ces logiciels espions ont été créés dans le cadre de la lutte contre la criminalité et le terrorisme, ils sont utilisés pour des raisons illégales actuellement. En effet, dans certains pays, ils sont utilisés comme outils d’oppression qui permettent de traquer les opposants politiques, entravant la liberté d’information et d’expression.

Le document de l’ONU met aussi avant la possibilité de collecter et d’analyser des messages sur les médias sociaux grâce à ces outils de surveillance. Enfin, le rapport alerte sur l’utilisation abusive des systèmes de reconnaissance biométrique dans les lieux publics.

Pour assurer la sécurité nationale, de plus en plus de gouvernements misent sur cette méthode.

Exemple à Londres, la MET, ou police londonienne  utilise  la technologie de reconnaissance faciale pour assurer la sécurité des citoyens.

L’association de défense des libertés Big Brother Watch a toujours dénoncé cette tactique « orwellienne », y voyant une méthode de surveillance généralisée des citoyens. L’organisation appelle les députés à mettre un frein à cette “technologie dystopique”.

La mise en place de mesures de protection indispensable

Selon l’ONU, il est primordial d’évaluer l’impact du recours à ces technologies de surveillance sur les droits de l’homme. La prise de mesures efficaces permettant de lutter contre l’utilisation abusive et intrusive de ces logiciels espions devient une nécessité absolue.

Dans ce rapport, les Nations Unies estiment aussi que la surveillance à travers un appareil personnel ne devrait être appliquée qu’en dernier recours ; même si les autorités doivent « enquêter sur un acte spécifique constituant une menace grave pour la sécurité nationale ».

Dans ce rapport, l’ONU demande aussi aux Etats d’éviter la prise de certaines mesures qui pourraient affaiblir le système de cryptage utilisé pour assurer la protection des données numériques. En somme, Nada Al-Nashif a déclaré que face à la menace réelle qui pèse sur le droit à la vie privée, il faut « agir » dans l’immédiat.

Compte tenu de leur caractère hautement intrusif et de leur large impact sur un grand nombre de personnes, l’ONU demande la mise en place de moratoires sur la vente de technologies de surveillance comme les logiciels espions et les systèmes de reconnaissance biométrique pouvant être utilisés dans les lieux publics.

Pour mémoire , Facebook, Netflix et Google ont déjà été accusés par la Corée du Sud de pratiques de collecte illégale de données  non autorisée en particulier .Facebook a été condamné à payer 6,46 milliards de wons (4,7 millions d’euros) pour la création et le stockage de modèles de reconnaissance faciale de 200 000 utilisateurs sud-coréens entre avril 2018 et septembre 2019, et cela sans leur consentement.  

Mais on ignore pourquoi l’Etat sud-coréen inflige une amende aussi modique à l’entreprise de Mark Zuckerberg. Récemment,  la Norvège avait également demandé la condamnation de Facebook pour transfert illégal de données hors UE .

Selon le media américain Buzzfeed, les forces de l’ordre et les agences gouvernementales de 24 pays en dehors des États-Unis ont utilisé la technologie de reconnaissance faciale controversée appelée Clearview AI .


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