Claude Malhuret, sénateur Horizons, a récemment qualifié la politique étrangère de Donald Trump de « celle d’un enfant de quatre ans ». Dans un discours au Sénat, il a jugé la stratégie américaine contraire au droit international et à la stabilité du monde. Derrière ces bons mots se cache pourtant l’aveu d’une impuissance européenne face à un protecteur américain dont nous dépendons servilement.

Claude Malhuret, sénateur Horizons, a récemment qualifié la politique étrangère de Donald Trump de « celle d’un enfant de quatre ans ». Dans un discours au Sénat, il a dénoncé l’inconstance des États-Unis, leurs attaques contre des alliés historiques et leur mépris affiché du droit international.
Une critique factuelle, mais insuffisante
Malhuret pointe des faits avérés : le projet d’achat du Groenland – territoire stratégique pour la sécurité américaine –, la capture envisagée de Maduro ou les retraits unilatéraux d’institutions internationales.
Il a comparé la diplomatie américaine à celle d’un « enfant de quatre ans » capable de briser ses jouets par pur caprice.

Ces actions s’inscrivent dans une logique de realpolitik brutale, où les intérêts nationaux immédiats priment sur les alliances traditionnelles. Pour le sénateur, cette approche est erratique et dangereuse.
Du pur centrisme boomer : un sketch où l'on se contente de distribuer les insultes pour se faire plaisir, sans aucune tentative de compréhension de ce qui se joue ni aucune velléité de mettre à jour un logiciel idéologique qui a pourtant mené le pays à un grave affaiblissement. https://t.co/rBLw9ir2Mu
— Hadrien Mathoux (@hadrienmathoux) January 20, 2026
Cependant, des voix comme celle du journaliste Hadrien Mathoux ou de l’avocat Philippe Fabry rappellent que cette critique reste en surface. Elle psychiatrise le leadership américain sans analyser les dynamiques profondes – nationales et géopolitiques – qui le sous-tendent, et évite soigneusement toute remise en cause du modèle qui a rendu l’Europe si vulnérable.
Une Europe dépendante et désarmée
Malhuret alerte sur les conséquences pour l’Europe. Dans ce contexte, si Washington se comporte comme un « enfant capricieux », l’Europe se retrouve « seule » à gérer les défis géopolitiques globaux. Le sénateur appelle à une prise de conscience réaliste : sans capacité de défense autonome et autonomie stratégique, l’Europe restera à la merci des décisions d’un allié instable, quelles que soient les institutions multilatérales ou les sommets diplomatiques.

Le véritable sujet n’est pas tant la « puérilité » supposée de Trump que l’impuissance structurelle de l’Europe. Comme le note Mathoux, le « logiciel idéologique » des décennies d’après-guerre a conduit à un affaiblissement stratégique majeur.

Les forces armées européennes dépendent directement des capacités logistiques et de commandement américaines. Des secteurs entiers de la défense, du spatial au renseignement, reposent sur des entreprises américaines.

Sur le plan économique, de nombreuses industries européennes sont tributaires du marché américain. Cette dépendance n’est pas un accident : elle est le fruit d’un choix politique constant, celui de déléguer sa sécurité et une part de sa souveraineté à Washington en échange d’une protection à moindre coût.
La charge de Malhuret contre Trump sert surtout à masquer une dure vérité: l’Europe est un protectorat volontaire. Ses dirigeants récoltent aujourd’hui les fruits amers de décennies de renoncement à l’autonomie stratégique. Tant que les armées, la logistique et une partie cruciale de l’économie européenne dépendront des États-Unis, les critiques françaises resteront des vœux pieux – et les « caprices » de Washington, une réalité à laquelle il faudra se plier.




