Sortie de route des finances publiques

Sortie de route des finances publiques


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Chaque comparaison internationale qui tombe est peu flatteuse pour la France comme le montre ce classement sur la qualité des routes qui voit la France chuter derrière le Portugal ou l’Espagne.

La Fédération française des motards en colère recense les nids de poule sur un site dédié, niddepoule.fr et s’alarme de leur prolifération.

« Qu’est-ce que vous faites du pognon ? » : dans une vidéo devenue virale, l’égérie des Gilets Jaunes de la première heure, Jacline Mouraud, posait cette question de façon répétitive fin 2018.

En tous cas, notre « pognon » n’est pas mis dans les routes. En quinze ans, la France a sombré de la deuxième à la dix-huitième place, comme le montre www.theglobaleconomy.com/rankings/roads_quality qui collecte des données sur 141 pays.

Qualité des routes

Notation de 1 (faible) à 7 (élevée)

En France, sur 1 000 € de dépenses publiques, 43 € seulement sont affectés au transports et équipements collectifs. (source : la fiscalité et les dépenses publiques, janvier 2019 )

On pourrait multiplier les comparaisons de ce genre qui prouve le gâchis de l’argent public auquel se livre l’administration.

Concernant l’école, bien que le budget de l’Éducation nationale absorbe 96 € sur 1 000 € de dépenses publiques, la position de la France dans les divers classements ne cesse de chuter. Que ce soit le classement généraliste PISA (dernier en date publié en 2019) ou le classement plus orienté sciences TIMMS, les résultats se ressemblent et sont affligeants. Malgré son système éducatif monopolistique et coûteux, la France ne figure pas au tableau d’honneur et serait même dans les cancres.

Ce système monopolistique est aussi d’une inertie regrettable.

En un an, le Mammouth n’a même pas été capable de mettre au point un enseignement à distance fonctionnel pour les périodes de confinement.

Concernant les soins, la récente crise sanitaire a montré que bien que le budget santé de la France soit considérable (11,2% du PIB, comme l’Allemagne), les résultats n’étaient là aussi pas à la hauteur.

Dans ce domaine, le « pognon » passe en réalité dans un effectif administratif pléthorique, le double de celui de l’Allemagne comme je l’explique dans « Non, l’État ne nous protège plus ».

Par comparaison avec les hôpitaux publics, les hôpitaux privés paraissent rutilants et luxueux. Question de moyens ? Allons donc, les hôpitaux privés et les hôpitaux publics facturent la même chose pour les mêmes actes dont les prix sont codifiés par l’Assurance maladie. C’est même parfois moins pour les hôpitaux privés (en vertu d’un barème dit GHS qui compense le fait que les hôpitaux privés accueillent moins de patients « lourds » que certains hôpitaux publics). Simplement, dans le cas du privé, un établissement mal entretenu serait immédiatement fermé. Tout le personnel soignant ou non le sait, personnel dont le taux d’absentéisme est d’ailleurs très inférieur à celui du public. Une erreur médicale d’un praticien du privé a des conséquences lourdes sur la police d’assurance de ce médecin qui ne peut s’abriter derrière un service dirigé par un mandarin

sanctuarisé.

L’État n’investit pas, il dépense, sans résultats

Longtemps, il était d’usage de dire que lorsque l’État s’endettait, il « investissait ». C’est faux. Tout investissement donne lieu à un retour sur investissement. Si la dette grossit c’est que l’investissement est mauvais. N’importe quel acteur du monde concurrentiel se retrouverait alors en faillite. En réalité, l’État dépense. S’il dépense bien, les résultats devraient être au rendez-vous. Ce n’est pas le cas dans de nombreux domaines importants.

L’État ne « protège pas », il dépense pour se protéger

L’État dépense beaucoup mais néglige ses fonctions régaliennes qui sont la protection de la propriété, de la liberté et le droit à la sûreté de chacun.

Le peuple semble de moins en moins dupe. Il a compris que les finances publiques risquaient la sortie de route imminente. Un récent sondage d’Ipsos réalisé pour le ministère des Finances établit que 84 % des Français jugent important, voire prioritaire une baisse de la dette publique. Pour ce faire, plus de 60% sont favorables à une baisse des dépenses de l’État et à limiter constitutionnellement le recours au déficit (mise en place d’une règle d’or). Jusqu’à présent, les candidats à la présidentielle, officiellement déclarés ou non, semblent en retard sur l’opinion.

Il serait temps que la classe politique et l’administration apprennent le principe de base de tous les prestataires de service : la généralisation des meilleures pratiques. Plutôt que de vouloir réinventer la roue, ou de distribuer de l’argent à des fins clientélistes, il faut s’inspirer de ce qui marche chez les autres.


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