Sophie Binet, ou la gentrification de la CGT

Sophie Binet, ou la gentrification de la CGT

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L’élection de Sophie Binet à la tête de la CGT comporte un effet « whaou » qui gomme tout le reste : une femme jeune et fraîche va succéder à un vieux guerre gaulois moustachu. Voilà une belle tête de gondole… qui n’est pas sans intérêt en soi. Mais ce choix inattendu, opéré après des manoeuvres dignes d’un conclave au Vatican, illustre la crise profonde de l’organisation, très largement due aux changements sociologiques qui bouleversent le prolétariat français. Ce que nous dit l’élection de Sophie Binet, c’est la gentrification en cours de la CGT : le prolétariat est peu à peu grand-remplacé par un autre monde… fait de cadres, de femmes, d’intersectionnels, où la vieille lutte de l’ouvrier aux mains caleuses est rangée au rayon « archives ».

Il fut un temps pas si lointain où la CGT était dominée par des discours comme présenté ci-dessus par Murielle Morand. Cette inclination pour la lutte des classes en version « dictature du prolétariat » est devenue un vrai clivage au sein du plus vieux syndicat français. Depuis plus de vingt ans, maintenant, l’aile révolutionnaire marxiste-léniniste subit, conteste et parfois combat l’aile réformiste que Philippe Martinez a fini par incarner.

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Rédaction

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Lalaina Andriamparany

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