Sommes-nous déjà sans le savoir dirigés par une troïka de la Commission Européenne ?
French president Emmanuel Macron (R) welcomes European Commission president Ursula Von Der Leyen prior to their meeting at the Elysee Palace on October 14, 2019, in Paris (Photo by Ludovic MARIN / AFP)

Sommes-nous déjà sans le savoir dirigés par une troïka de la Commission Européenne ?


Partager cet article

Quelque chose est troublant dans la situation politique française actuelle : d’un côté, plus aucune décision politique n’est possible de façon sérieuse faute d’un gouvernement constitué. D’un autre côté, la préparation du budget suit son cours, sans stress apparent, consciencieusement menée par Jérôme Fournel, directeur de cabinet de Michel Barnier, au nez et à la barbe des parlementaires. Avons-nous, sans que cela ne soit annoncé officiellement, glissé sous un régime « flash » de troïka européenne, le temps d’adopter un budget qui convient à Bruxelles ?

Et si, sans que cela ne soit dit clairement, la France était, le temps de quelques semaines, sous la coupe d’une troïka européenne déguisée qui construit un budget aux petits oignons pour éviter une dérapage incontrôlé ?

On peut en tout cas noter plusieurs faits troublants :

  • l’absence de gouvernement constitué n’empêche pas le déroulement de la préparation budgétaire dans des conditions à peu près satisfaisantes
  • alors que des lettres de cadrage existent, Barnier a refusé de les communiquer aux parlementaires habilités à les consulter (en l’espèce le Président de la Commission des Finances Eric Coquerel et le rapporteur général Charles de Courson)
  • tout indique que Jérôme Fournel, directeur de cabinet de Michel Barnier, prépare ce budget sans l’intervention du Parlement ni d’aucun gouvernement
  • la question est de savoir si oui ou non la Commission Européenne est consultée sur ces travaux
  • selon nos informations, c’est le cas : en réalité, le budget 2025 est préparé entre une équipe française très resserrée et la Commission, sans interférence des élus français…
  • au fond, nous sommes dans la situation de la Grèce sous la troïka : les décisions stratégiques sont prises par des comités restreints de bureaucrates qui n’en réfèrent pas au peuple
  • cette situation devrait durer le temps d’élaborer le budget et de rendre celui-ci applicable par-delà les gesticulations d’une Assemblée réduite à l’impuissance : les décisions sont désormais prises entre Bruxelles et ses fidèles représentants à Paris.

Sauf, bien sûr, si Michel Barnier ne parvenait pas à construire un gouvernement, ce qui ouvrirait une profonde crise de régime.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Vous pouvez être condamné à débroussailler le jardin de votre voisin (et payer pour lui)

Vous pouvez être condamné à débroussailler le jardin de votre voisin (et payer pour lui)

Une loi de 2024, renforcée par des arrêtés préfectoraux applicables en 2026, oblige les propriétaires et locataires à débroussailler jusqu'à 50 mètres autour de leur habitation, même si ce restreint empiète sur le terrain d'un voisin. Amende pénale de 1 500 €, amende administrative de 50 € par mètre carré, majoration de franchise assurance jusqu'à 5 000 € , et pire ... c'est vous qui payez pour une propriété qui ne vous appartient pas. Une logique administrative qui bouscule les principes les pl


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

L'humeur de Veerle Daens : brûler vos feuilles mortes vous coûtera 750€ d'amende...

L'humeur de Veerle Daens : brûler vos feuilles mortes vous coûtera 750€ d'amende...

En France, brûler le tas de feuilles de votre propre jardin coûte sept cent cinquante euros. Pas l'écobuage de l'agriculteur d'en face, autorisé par arrêté préfectoral. Pas l'incendie de forêt de l'été dernier, qui a craché mille fois plus de fumée. Non : votre feu. Le petit. Le vôtre. Celui qu'on voit. LE COURRIER DES STRATÈGES Restez libre ! LA NEWSLETTER · GRATUITE Le Courrier, chaque matin. L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votr


CDS

CDS

Loi agricole : l'État promet de ne plus contrôler deux fois le même agriculteur dans l'année

Loi agricole : l'État promet de ne plus contrôler deux fois le même agriculteur dans l'année

L’État avoue ne plus vouloir harceler deux fois l’agriculteur dans l’année (ce qui en dit long). Dans le projet de loi d’urgence agricole adopté en première lecture à l’Assemblée nationale le 2 juin 2026, le gouvernement brandit comme une avancée majeure l’interdiction de soumettre un même exploitant à deux contrôles identiques dans l’année. Aveu involontaire d'un harcèlement institutionnel systématique, cette « victoire » résume à elle seule l'état de la relation entre l'État français et ceux q


Rédaction

Rédaction