Robots humanoïdes: Pékin craint la bulle… mais c’est la future pénurie qui menace déjà
Photo by Andy Kelly / Unsplash

Robots humanoïdes: Pékin craint la bulle… mais c’est la future pénurie qui menace déjà


Partager cet article

Après la bulle de l’intelligence artificielle, faut-il se préparer à celle des robots humanoïdes ? L’avertissement lancé par Li Chao, directeur adjoint de la puissante Commission nationale du développement et de la réforme (CNDR), a surpris. Pékin reconnaît désormais que l’industrie émergente des humanoïdes, dopée par l’IA et largement soutenue par l’État, avance trop vite pour ses propres capacités. Un aveu rare qui révèle les fragilités d’un secteur encore expérimental, mais déjà central dans la compétition technologique avec les États-Unis.

La Chine alerte sur une possible bulle des robots humanoïdes. Un signal paradoxal dans un pays qui subventionne massivement cette technologie, mais qui pourrait, en réalité, préparer la prochaine pénurie mondiale d’humanoïdes faute de marché cohérent et de maturité industrielle.

Pékin tire le frein d’urgence sur sa propre course

L’avertissement est venu de Pékin lui-même. Li Chao, directeur adjoint de la puissante Commission nationale du développement et de la réforme (CNDR), a publiquement évoqué le risque de « bulle » dans l’industrie des robots humanoïdes.

Dans un pays où la course technologique est un impératif d'État, ce mea culpa est lourd de sens. Il ne révèle pas seulement les excès d’un secteur, mais pointe du doigt le mécanisme même qui pourrait créer une pénurie artificielle de ces robots à l'avenir.

La course mondiale accélère, mais la technologie n’est pas prête

L’annonce par Tesla, en novembre 2024, de ses derniers robots Optimus a été perçue comme une provocation par Pékin. Depuis, le pays cherche à rattraper l’avance américaine, quitte à financer à perte.

Mais la robotique humanoïde reste confrontée à des obstacles majeurs :

  • des mains insuffisamment agiles ;
  • des systèmes de contrôle encore instables ;
  • une incapacité à gérer des tâches banales du quotidien ;
  • et surtout l’absence totale de production industrielle à grande échelle.
IA: Musk annonce la grande expropriation du travail humain
Elon Musk redessine un futur où le travail humain deviendrait un choix, comme cultiver son propre potager « juste pour le plaisir ». L’avenir, selon lui, appartiendrait aux robots, à l’IA générative et à une économie où l’argent lui-même deviendrait superflu. Mais derrière cette vision futuriste, se joue un

UBTech, l’une des entreprises phares, a bien annoncé une commande de 180 millions de dollars — un chiffre impressionnant mais dérisoire face aux montants engloutis.

On assiste donc à l’inflation d’un secteur dont les produits ne sont pas encore capables d’exécuter les promesses du discours politique et marketing.

La vraie menace : non pas une bulle… mais une pénurie

L’ironie est totale : alors que Pékin s’inquiète d’une bulle, la dynamique actuelle prépare en réalité une future pénurie mondiale d’humanoïdes.

Pourquoi ? Parce que les investissements, trop dispersés entre 150 acteurs, ne permettront pas :

  • d’atteindre la standardisation ;
  • de stabiliser les chaînes de production ;
  • de réduire les coûts ;
  • et donc de mettre des humanoïdes abordables sur le marché avant 2030.

Si la bulle éclate, les plus petites entreprises disparaîtront, les grandes réduiront leurs ambitions et le marché mondial (qui attend les premiers robots réellement fonctionnels) risque d’être livré aux seuls géants américains.

Robotaxis : la Chine dépasse déjà la Silicon Valley
Baidu, le “Google chinois”, propulse ses robotaxis Apollo Go à 250 000 courses par semaine, égalant son rival américain Waymo, la filiale d’Alphabet. La bataille pour la mobilité autonome s’accélère, tandis que les États-Unis avancent prudemment, la Chine accélère son déploiement, sans syndicats, ni régulations paralysantes. Selon un

En fin de compte, la menace n'est pas l'excès de robots, mais le manque de ceux qui sont vraiment utiles. Les acteurs survivants seront moins nombreux, le financement sera plus rare, et l'ère de l'humanoïde de masse et bon marché sera reportée.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Prix de la « Pensée libre » : le dîner huppé du jury de Tiphaine Auzière au Laurent

Prix de la « Pensée libre » : le dîner huppé du jury de Tiphaine Auzière au Laurent

Le 17 mars, Tiphaine Auzière, fille de Brigitte Macron, dînait au restaurant Laurent, adresse huppée du 8e arrondissement. Un espace de sociabilité où se croisent influence, notoriété et capital relationnel. Le message est clair : on n’entre pas ici par hasard. Mardi 17 mars, Tiphaine Auzière, avocate engagée et fille de Brigitte Macron, a présidé le jury de la première édition du prix de la Pensée libre au restaurant Laurent, dans le 8e arrondissement de Paris. Accompagnée de Florian Tardif, J


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

Inventaire avant fermeture : splendeur et misère du droit de vote dans nos pseudo-démocraties

Inventaire avant fermeture : splendeur et misère du droit de vote dans nos pseudo-démocraties

Bien entendu, la question pique les yeux : le droit de vote est-il encore essentiel à un système politique adapté à notre temps ? Longtemps je l'ai cru, mais je dois reconnaître que, dans ma lucidité mélancolique, je ne puis que rejoindre tant de libertariens, essentiellement américains d'ailleurs, pour regretter la misère de cette forme inférieure de prise en compte de l'intérêt général. Je fais partie de la génération post-boomers (je suis né en 1968, donc après les boomers à proprement parle


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

L'humeur de Veerle Daens : 52 suspensions pour pédophilie dans le périscolaire à Paris, mais la Ville vous protège, rassurez-vous!

L'humeur de Veerle Daens : 52 suspensions pour pédophilie dans le périscolaire à Paris, mais la Ville vous protège, rassurez-vous!

S'il y a une chose que la bureaucratie parisienne maîtrise mieux que la création de pistes cyclables impraticables, c’est l’art du « circulez, y’a rien à voir ». Mais quand le « rien à voir » concerne 52 animateurs suspendus en trois ans pour des déviances sexuelles au milieu de nos chères têtes blondes, le vernis socialiste finit par craquer. Bienvenue dans le merveilleux monde du périscolaire parisien, ce sanctuaire de l'enfance qui ressemble de plus en plus à un coupe-gorge administratif fin


CDS

CDS

Affaire Epstein, train de vie et notes impayées : les témoignages accablent Jack Lang

Affaire Epstein, train de vie et notes impayées : les témoignages accablent Jack Lang

Mentionné à 673 reprises dans les documents déclassifiés liés à l’affaire Epstein, Jack Lang a quitté le 7 février la présidence de l’Institut du monde arabe après treize ans en poste. Entre enquête pour blanchiment et témoignages sur son train de vie, l’ancien ministre voit chaque jour son image vaciller. Suite à la publication de certains documents prouvant ses liens avec Jeffrey Epstein, le pédocriminel, Jack Lang fait l’objet d’une enquête pour « blanchiment de fraude fiscale aggravée ». De


Rédaction

Rédaction