Prix de la « Pensée libre » : le dîner huppé du jury de Tiphaine Auzière au Laurent

Prix de la « Pensée libre » : le dîner huppé du jury de Tiphaine Auzière au Laurent


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Le 17 mars, Tiphaine Auzière, fille de Brigitte Macron, dînait au restaurant Laurent, adresse huppée du 8e arrondissement. Un espace de sociabilité où se croisent influence, notoriété et capital relationnel. Le message est clair : on n’entre pas ici par hasard.

Mardi 17 mars, Tiphaine Auzière, avocate engagée et fille de Brigitte Macron, a présidé le jury de la première édition du prix de la Pensée libre au restaurant Laurent, dans le 8e arrondissement de Paris. Accompagnée de Florian Tardif, Jules Ayuso-Watier, Charles Consigny, Paul Melun, Tony Gomez, André Vallini et Yves Thréard, elle n’a pas opté pour la brasserie habituelle du couple présidentiel, mais pour un établissement ultra-select. Derrière la remise d’un prix censé récompenser des ouvrages qui « interrogent l’histoire de notre époque », se profile une réalité plus prosaïque : celle d’une élite qui se distingue par ses choix de consommation.

Une table prestigieuse au cœur des réseaux d’influence

Situé avenue Gabriel, à deux pas des Champs-Élysées, le restaurant Laurent a rouvert en septembre 2023 sous l’égide du groupe Paris Society, acteur majeur de la restauration haut de gamme parisienne. Ce dîner réunissait des profils médiatiques et politiques (avocats, éditorialistes, essayistes) autour de la première édition du prix de la Pensée libre. Une initiative intellectuelle, certes, mais aussi un espace de sociabilité où se croisent influence, notoriété et capital relationnel.

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Le lieu n’est pas anodin : redécoré par Cordélia de Castellane, Laurent cultive une esthétique feutrée, entre tradition bourgeoise et modernité maîtrisée. Privatisation de salons, discrétion, fréquentation de célébrités internationales — de Jessica Biel aux Beckham — tout concourt à en faire un sanctuaire des élites culturelles et économiques.

Une addition révélatrice d’un entre-soi assumé

Si l’on excepte le caractère privé de la dépense (les frais de bouche des associations sont rarement publics), le lieu choisi interpelle par son standing.

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Côté carte, les prix parlent d’eux-mêmes. L’ardoise y est salée : comptez 22 euros pour un velouté en entrée et jusqu’à 75 euros pour le tartare de bœuf au couteau. Les entrées oscillent entre 22 et 28 euros, les plats principaux entre 36 et 75 euros, tandis que les desserts s’établissent autour de 25 euros. À la carte, un dîner complet dépasse aisément les 90 à 120 euros par personne, hors boissons. Dîner ici, c’est autant consommer une cuisine qu’affirmer une appartenance.

La présence de Tiphaine Auzière, avocate et romancière, au sein de ce jury pose la question de la porosité des genres. En s’entourant de plumes de la presse nationale et de personnalités politiques comme André Vallini (André Vallini fut un proche de François Hollande) , cette caste célèbre une liberté de pensée où la gauche se mêle à la macronie et aux médias, dans des lieux appartenant à des groupes financiers puissants.

Il n’y a rien d’illégal à déguster un Paris-Brest à 25 euros en jugeant des livres qui « racontent notre époque ». Le problème n’est pas que Tiphaine Auzière dîne dans le 8e ; c’est le fossé qui se creuse entre ces cercles où l’on disserte sur le monde autour d’un risotto au vieux parmesan, et un pays qui cherche des solutions pour boucler ses fins de mois. Dans ces lieux, l’élite culturelle et politique se retrouve, se congratule et consomme, loin des réalités quotidiennes qu’elle prétend parfois analyser.


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