Rémy Heitz, un procureur zélé choisi par Macron


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Rémy Heitz a succédé à François Molins comme procureur général de Paris, au terme d’une procédure de recrutement qui a fait débat. L’intervention directe du président de la République dans ce choix ne calmera pas les esprits échauffés par la tentative de perquisition ratée chez Mediapart ce lundi.

Rémy Heitz a succédé à François Molins le 8 novembre 2018. Moins de 3 mois après son arrivée, son indépendance et sa crédibilité sont sévèrement entachés par cette perquisition qu’il a tenté de mener ce lundi dans les locaux de Mediapart, sans aucune autorisation d’un juge du siège.

Rémy Heitz, l’homme zélé

La presse a beaucoup insisté sur l’absence de plainte dans ce dossier. Ni Benalla ni Crase, dont les conversations sont produites par Mediapart, n’ont demandé à la justice d’intervenir. C’est donc par une auto-saisine que le Parquet est intervenu, officiellement sans instruction politique. Cette décision extrêmement rapide a suscité beaucoup d’émotion, y compris dans la magistrature, consciente que cette affaire écorne un peu plus son image déjà fragile d’indépendance.

Une hypothèse plausible est que Rémy Heitz ait voulu plaire au pouvoir en prenant des risques dans un dossier sensible, sans forcément qu’on ne le lui ait demandé.

Pourquoi Heitz doit remercier Macron

Une bonne raison peut expliquer ce zèle: Heitz n’était pas, à ce poste, le candidat du « système » judiciaire. C’est Emmanuel Macron qui l’a choisi et imposé.

On se rappellera ici les propos du Journal du Dimanche sur le sujet, qui avait très bien résumé le dossier:

« L’Elysée est accusé d’être intervenu dans la nomination de Rémy Heitz. En juillet, la ministre de la Justice Nicole Belloubet avait en effet auditionné trois autres candidats, qui tous été recalés, finalement. Selon Le Monde et Le Canard enchaîné, aucun n’avait satisfaisait le chef de l’Etat. Et le 24 septembre, un nouvel appel à candidatures a donc été lancé, irritant le monde de la magistrature.

« Si le poste a été rouvert aux candidatures, c’est nécessairement une décision du pouvoir exécutif », a dit à l’AFP, sous couvert d’anonymat, l’un des candidats à la succession. « On est dans la logique du statut du parquet tel qu’il est, le principe de la nomination reste à l’exécutif », a ajouté cette source. »

L’Élysée n’a pas tardé à être remercié… Reste à savoir si le cadeau n’est pas empoisonné.


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