Quelle audience réelle pour la conférence de presse de Macron?


Partager cet article

Les chiffres de l’audience réelle de la conférence de presse d’Emmanuel Macron, jeudi dernier, sont tombés. Certes, l’exercice était différent de son intervention du 10 décembre devant les Français, et l’heure était moins commode pour rassembler les foules. Il n’en reste pas moins que le score final soulève quelques questions sur sa capacité à « imprimer » dans l’opinion désormais. Ces chiffres soulignent aussi une forme de lassitude vis-à-vis du réflexe macronien de la parole abondante et solitaire.

Finalement, ce sont 8,5 millions de téléspectateurs qui ont suivi la performance présidentielle jeudi soir. Il s’agit d’une audience importante, mais trois fois inférieure à celle de décembre, qui avait réuni 23 millions de téléspectateurs. Certes, les exercices étaient différents, dans des tempos différents, des circonstances politiques différentes, et des créneaux horaires différents.

Il n’en reste pas moins que cette très forte baisse d’audience conforte les observations des différentes chaînes de télévision durant le Grand Débat: l’éloquence macronienne finit par lasser et produit une forme d’usure sur l’opinion. Alors que le Président adore s’appuyer sur son art oratoire, celui-ci devient probablement contre-productif aux yeux des Français qui voient en lui un « grand diseux », mais un « petit faiseux ».

On notera que la conférence de presse a fait un moins bon score que les journaux télévisés, même lorsqu’ils étaient décalés. Sur TF1, de 18 heures à 20 heures, 3,3 millions de téléspectateurs en moyenne ont suivi les annonces, soit 20,4 % de part d’audience. Le JT de 20 heures a réuni 5,1 millions de personnes (22,8 % de PDA). Sur France 2, qui a diffusé l’intégralité de la conférence de presse (jusqu’à 20 h 30), ce sont 3,6 millions de téléspectateurs qui étaient devant la chaîne (20,8 % de PDA), et le JT de 20 heures, décalé, a réuni 4,1 millions de téléspectateurs (17,8 %).

Cette sous-performance de l’allocution présidentielle est un indicateur significatif de l’état de l’opinion.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Le vote à l’Assemblée sur la constitutionalisation de l’IVG a divisé les partis de droite
30.05.1968, manifestation de soutien au général de Gaulle.

Le vote à l’Assemblée sur la constitutionalisation de l’IVG a divisé les partis de droite

Le débat sur la constitutionalisation de l'IVG a profondément divisé les partis de droite, Rassemblement National et Républicains à l'Assemblée. Emmanuel Macron peut se réjouir: il a une fois de plus montré qu'il n'avait pas d'adversaire idéologiquement constitué; il a divisé les deux groupes d'opposition de droite; il a tendu un piège, qui a fonctionné, à Marine Le Pen. Cependant le résultat du vote montre qu'être de  droite, c'est précisément ne pas accepter, comme force politique, les diktats


CDS

CDS

« Haro sur l’extrême-droite »: cette comédie politique déconnectée
30.05.1968, manifestation de soutien au général de Gaulle.

« Haro sur l’extrême-droite »: cette comédie politique déconnectée

"Haro sur l'extrême-droite" est un spectacle qui est bien parti pour rattraper "La Cantatrice Chauve" de Ionesco jouée sans interruption à Paris, au théâtre de la Huchette depuis 1957. En l'occurrence, nous avons affaire à une (mauvaise) comédie politique, jouée sans interruption depuis  le 13 février 1984, jour où Jean-Marie Le Pen était l'invité de L'Heure de Vérité, la célèbre émission politique de l'époque.  Depuis lors, nous avons affaire à un feuilleton ininterrompu d'épisodes, dont l'anal


CDS

CDS

À Auxerre, on ferme le service de pédopsychiatrie — pendant que les patients attendent un lit

À Auxerre, on ferme le service de pédopsychiatrie — pendant que les patients attendent un lit

Fin mai 2026, le Centre hospitalier spécialisé de l'Yonne a fermé son unique service de pédopsychiatrie, dix lits rayés d'un trait de plume comptable. Conséquence directe : les familles confrontées à un enfant en crise suicidaire ou en décompensation psychique se retrouvent désormais seules, sans recours hospitalier. Ce mardi 30 juin, l'intersyndicale FO-CGT appelle à la grève pour dénoncer une situation qu'elle qualifie de catastrophique. LE COURRIER DES STRATÈGES Restez libre ! LA N


Rédaction

Rédaction