Quand le Vatican a-t-il cessé de considérer les Droits de l'Homme comme lucifériens ou diaboliques ?

Quand le Vatican a-t-il cessé de considérer les Droits de l'Homme comme lucifériens ou diaboliques ?

De Pie VI (1791) au concile Vatican II (1965), l'histoire vraie et datée du divorce, puis de la réconciliation, entre Rome et les droits de l'homme.


Partager cet article

Par Thibault de Varenne

En 1791, un pape juge la Déclaration des droits de l'homme « monstrueuse ». En 1832, un autre y voit un « délire ». En 1864, le Syllabus condamne la réconciliation avec la « civilisation moderne ». Pendant combien de temps Rome a-t-elle tenu les droits de l'homme pour l'œuvre du diable — et quel jour, exactement, a-t-elle cessé ? Thibault de Varenne rouvre le dossier.

LA NEWSLETTER · GRATUITE

Le Courrier,
chaque matin.

L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.

Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.

JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

En 1791, un pape lut la Déclaration des droits de l'homme, et il la jugea monstrueuse. Le mot est de lui. Dans le bref Quod aliquantum du 10 mars 1791, Pie VI qualifie la liberté de conscience de « droit monstrueux », et range l'égalité et la liberté proclamées à Paris parmi les « chimères » qui « étouffent complètement la raison ». Deux ans plus tard, la France guillotinait son roi ; Rome, elle, tenait déjà la Révolution pour une apostasie.

Ce n'était pas un emportement passager. Un demi-siècle plus tard, Grégoire XVI reprend le dossier. Dans Mirari vos (1832), il nomme la liberté de conscience un deliramentum — un délire — et condamne ceux qui, autour de l'abbé de Lamennais, rêvaient de réconcilier l'Église et les libertés modernes. Puis vient le coup le plus dur. En 1864, le Syllabus de Pie IX condamne, en sa proposition quatre-vingtième, l'idée même que « le Pontife romain puisse et doive se réconcilier avec le progrès, le libéralisme et la civilisation moderne ». La messe, si l'on peut dire, était dite.

De quoi accréditer la légende que l'on nous sert depuis : l'Église aurait tenu les droits de l'homme pour une œuvre du diable, obstinément, bêtement, jusqu'à céder tard et à contrecœur sous la pression du siècle. Les mots sont là ; les dates aussi.

ABONNEMENT

Allez au fond
des choses.

Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.

Le monde commente. Vous, vous comprenez.

S'ABONNER lecourrierdesstrateges.fr
CdS
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !
Pourquoi l’Opus Dei fait croire que la liberté est l’adoration du veau d’or ?
La liberté, un veau d’or ? L’anti-libéralisme de l’Opus Dei a trois raisons : un héritage désavoué par Vatican II, une anatomie verticale, et un intérêt : le guichet.
Peut-on être souverainiste et appartenir à l’Opus Dei ?
Double allégeance, Rome contre la patrie ? Le soupçon visant l’Opus Dei dit moins sur l’Œuvre que sur un souverainisme qui confond nation et monopole des fidélités.
La révolution française est-elle un complot maçonnique ?
Philippe Égalité, La Fayette, la loge des Neuf Sœurs, l’abbé Barruel : la liste des révolutionnaires maçons, les contre-exemples, et ce que pesèrent vraiment les loges.

Alors posons la question franchement, puisqu'elle est légitime. Pendant combien de temps Rome a-t-elle vu Lucifer dans la Déclaration ? Et quel jour, exactement, a-t-elle cessé ? Les archives — c'est-à-dire les encycliques elles-mêmes, qu'on peut lire en ligne — racontent une histoire plus étrange que celle des anticléricaux comme celle des apologistes.

Six jours sur un brancard : bienvenue aux urgences d’Orléans

Six jours sur un brancard : bienvenue aux urgences d’Orléans

Une femme de 85 ans, ancienne élue municipale d’Orléans, affirme avoir passé six jours consécutifs sur un brancard aux urgences du CHU d’Orléans, mi-juillet 2026. Auprès de franceinfo, elle décrit « un enfer ». Cette situation révèle, mieux qu'un rapport de la Cour des comptes, l'éffondrement d'un système que la France s'obstine à présenter comme un modèle mondial. LE COURRIER DES STRATÈGES Restez libre ! LA NEWSLETTER · GRATUITE Le Courrier, chaque matin. L'essentiel de l'act


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

Une médiathèque à 5 millions d'euros pour 643 lecteurs
Photo by Jonathan Simcoe / Unsplash

Une médiathèque à 5 millions d'euros pour 643 lecteurs

Près de 5 millions d’euros pour une médiathèque fréquentée par 643 lecteurs inscrits : à Condé-sur-l’Escaut. La Cour des comptes documente le même travers dans les piscines et centres aquatiques : construits entre 12 et 27 millions d'euros, ils accumulent des déficits structurels que le contribuable éponge sans jamais être consulté. LE COURRIER DES STRATÈGES Restez libre ! LA NEWSLETTER · GRATUITE Le Courrier, chaque matin. L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

Bordeaux : il fait chaud, la SNCF s'arrête
Photo by Barthelemy de Mazenod / Unsplash

Bordeaux : il fait chaud, la SNCF s'arrête

Alors que le contribuable verse chaque année plus de 20 milliards d’euros à la SNCF, une simple canicule suffit à faire lâcher une caténaire à cent mètres de la gare Bordeaux Saint-Jean. Des centaines de voyageurs se retrouvent bloqués, avec des retards allant jusqu’à 4 h 30. Depuis juin, sur plusieurs lignes Intercités, la SNCF avait déjà annulé jusqu’à un tiers des circulations face aux températures élevées. Un monopole subventionné à coups de milliards publics, incapable d'anticiper un phénom


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

43 milliards pour isoler des logements, et personne ne sait chez qui l'argent est parti
Photo by Annie Spratt / Unsplash

43 milliards pour isoler des logements, et personne ne sait chez qui l'argent est parti

Pendant que le particulier récalcitrant se voit refuser MaPrimeRénov' pour une facture oubliée, la Cour des comptes européenne révèle que 43 milliards d'euros de fonds post-Covid ont été distribués pour isoler les logements sans exigence de résultat, sans suivi des coûts, et avec des économies d'énergie largement fictives. . Deux poids, deux mesures, et c’est toujours le même contribuable qui rembourse. LE COURRIER DES STRATÈGES Restez libre ! LA NEWSLETTER · GRATUITE Le Courrier,


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany