Pourquoi nous devenons complotistes (3ème partie)

Pourquoi nous devenons complotistes (3ème partie)


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PAR AVI MORRIS - Il y a six mois, un vaccin se définissait selon l’Autorité Nationale de la Sécurité du Médicament comme “un médicament immunologique”. La page internet a été modifiée : à présent, la définition de l’ANSM est la suivante : « Les vaccins sont composés d’une ou plusieurs substances actives d’origine biologique appelées "antigènes vaccinaux" issus de bactéries ou de virus capables de stimuler la production d’anticorps par notre système immunitaire ». Bref, la crise sanitaire a eu une conséquence sémantique qui bien évidemment n’est pas neutre : changer la définition des vaccins.

Lire la deuxième partie ICI

Stimuler le système immunitaire, comme dirait Santé Magazine, cela peut passer par des probiotiques, du jus d’orange…[1] A ce stade, il revient à l’ANSM de distinguer les bonnes méthodes de stimulation du système immunitaire des mauvaises méthodes. De là à dire que la question ressemble à s’y méprendre à la distinction difficile des bons chasseurs et des mauvais chasseurs…

Toute la rhétorique vaccinale repose finalement sur l’idée que le vaccin a toujours raison :

– si une personne attrape le virus alors qu’elle avait fait part de ses doutes sur la vaccination, il lui sera aisément rétorqué qu’elle ne serait pas tombée malade si elle avait été vaccinée. Les tweets pathétiques qui accompagnent l’hospitalisation, voire le décès d’un opposant à la vaccination sont révélateurs d’une évolution dangereuse de la société : il devient à présent possible de souhaiter et de se réjouir de la maladie ou de la mort de son semblable ;

– si une personne se fait vacciner et attrape ensuite le virus, cela ne prouve aucunement l’inefficacité du vaccin. Il est en effet bien précisé que la vaccination ne constitue aucunement l’assurance que la personne vaccinée ne sera pas contaminée. Ensuite, la vaccination ne dispense ni du port du masque ni du respect des gestes barrière – la contamination devient alors la conséquence de la faute de la victime. En outre, le vaccin n’est pas forcément efficace contre tous les variants du Covid. Enfin, les conditions de conservation de certains vaccins sont tellement strictes que l’inefficacité du vaccin peut être imputée à l’autorité en charge de la campagne de vaccination.

– autre variante : si une personne attrape le virus alors même qu’elle est vaccinée, c’est parce qu’elle n’a pas pris sa troisième dose. Tout l’enjeu de la vaccination, c’est de vouloir culpabiliser la personne malade. Si cela marche avec un vaccin aux effets aussi peu concluants, on ose imaginer les prochaines campagnes de santé publique.  

– si une personne décède après avoir été vaccinée, il y a de fortes chances que cela soit malheureusement la conséquence de facteurs de comorbidité. Il est extrêmement difficile de prouver un lien de causalité. Et même si ce lien est démontré, si le bénéfice que procure le vaccin l’emporte sur les risques individuels qu’il cause, la preuve d’un ou plusieurs décès n’a pas vocation à remettre en cause une campagne de vaccination.

Bref, quel que soit l’angle retenu, le vaccin a toujours raison. Pour le booster Pfizer, il est quand même fascinant de constater que la phase 1 du test a porté sur… 23 personnes !!!

[1] https://www.santemagazine.fr/alimentation/nutriments/7-astuces-pour-renforcer-ses-defenses-immunitaires-170662

Que n’avait-on pas entendu quand le professeur Raoult avait conclu à l’efficacité de l’hydroxychloroquine après un test sur 20 personnes ? Bizarre, mais quand il s’agit d’un vaccin dont l’efficacité décroît après 4 mois et avec des effets secondaires très importants, plus aucune critique.

Si le vaccin a toujours raison alors les critiques ont toujours tort. Et si les critiques ont tort, tous les moyens doivent être mis en œuvre pour les réduire au silence. CQFD.

P.S. 1 : l’imagination du ministère de la santé israélien pour démontrer l’efficacité du vaccin est sans limite.

Nous avions dans notre article précédent montré comment des  statisticiens israéliens critiquaient les changements de définition du non-vacciné par le Ministère de la santé israélien pour donner l’impression que le vaccin protégeait contre les formes graves. Depuis, nous avons eu connaissance d’autres techniques qui permettent d’expliquer pourquoi l’augmentation des cas de contamination ne se traduit pas par une augmentation des cas graves :

– renvoi des personnes à domicile avec une bouteille d’oxygène au risque de contaminer tous les autres membres présents dans le foyer – la personne n’est plus comptabilisée comme cas grave ;

– pour les personnes âgées, renvoi dans les maisons de retraite après une semaine d’hospitalisation, quand bien même il n’est pas certain que ces maisons puissent assurer la continuité des soins. Les éventuels décès ne seront pas comptabilisés là encore comme étant la conséquence d’une forme grave du COVID ;

– changement de la prise en compte des formes graves selon le taux de saturation en oxygène : la saturation en oxygène normale pour une personne en bonne santé est comprise entre 95% et 100% en fonction de l’âge. Elle est insuffisante en dessous de 95% ; La limite des 90 % marque une hypoxémie correspondant à l’équivalent de l’insuffisance respiratoire[1]. Il n’y a forme grave en Israël que si la personne a un taux de saturation de 94 % et non de 90 %, ce qui mécaniquement réduit le nombre des personnes atteintes de forme grave.

P.S. 2 : la décision de la Federal Drug Administration de ne pas autoriser l’administration de la 3ème dose aux personnes de moins de 65 ans permet de constater un phénomène pascalien.

Vérité au‑deçà des Pyrénées, erreur au‑delà : un professeur membre du comité de la F.D.A. a voté contre l’approbation de la 3ème dose aux Etats-Unis mais soutient la campagne menée en Israël ! La responsable de la politique de santé publique en Israël s’est fendue d’un entretien pour expliquer que la décision israélienne d’administrer la 3ème dose à toutes les personnes vaccinées est une décision scientifique. De là à dire que bientôt nous découvrirons que 2 +2 font 5 dans certains pays et 4 dans d’autres, il n’y a qu’un pas.

[1] https://www.passeportsante.net/fr/Maux/examens-medicaux-operations/Fiche.aspx?doc=taux-saturation-oxygene-o2


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