Depuis plusieurs jours, les consommateurs constatent une chose : les œufs disparaissent des rayons. À Paris comme en province, les ruptures se multiplient sur un produit pourtant emblématique du panier populaire. Officiellement, la faute revient à une demande en explosion et à quelques aléas climatiques. Officieusement, la pénurie d'œufs illustre l'échec d'une filière entravée par des normes environnementales absurdes et une planification étatique déconnectée de la réalité du marché.

Dans les supermarchés, les boîtes de six œufs se font rares, et lorsqu'elles sont présentes, leurs prix affichent une insolente progression. Officiellement, la faute incomberait à la neige et à une gourmandise saisonnière imprévue. Mais le diagnostic est plus complexe: nous assistons à la collision frontale entre une demande naturelle et une offre dévastée par le dirigisme et l'inflation normative.
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Une demande en hausse… prévisible
La consommation d’œufs progresse depuis plusieurs années. Produit bon marché, riche en protéines, il s’impose naturellement comme substitut aux viandes devenues hors de prix. Résultat : au premier trimestre 2025, les ventes en magasin ont bondi de 4,2 % sur un an, avec près de 300 millions d’œufs supplémentaires écoulés chaque année.

Rien de surprenant dans un contexte inflationniste. Cette évolution était largement anticipable. Pourtant, la filière se dit prise de court, comme si la demande devait rester figée pendant que les politiques publiques bouleversent les conditions de production.
Panique des consommateurs
À la pénurie réelle s’ajoute un facteur bien connu : le comportement de stockage. Quand un produit devient rare, les consommateurs achètent plus que nécessaire.
Ce phénomène n’est pas une cause première, mais un amplificateur. Il révèle surtout une perte de confiance dans la capacité du marché à s’autoréguler librement.

Le véritable nœud du problème se situe en amont. Les élevages de poules pondeuses ont été fragilisés par les épidémies de grippe aviaire en 2022-2023, provoquant une baisse de production de 3 à 4 %. À cela s’ajoute la suppression progressive des cages au profit de l’élevage au sol, imposant davantage de surface et réduisant mécaniquement le nombre de poules de près de 20 % par bâtiment.
Autrement dit, l’offre est volontairement contrainte par des choix réglementaires et idéologiques, sans que les conséquences économiques soient pleinement assumées.
De l’autosuffisance à l’importation
La France, autosuffisante à 99 % en 2024, est tombée à 96 % en 2025. Résultat : importations depuis l’Espagne, les Pays-Bas ou la Pologne. Une dépendance accrue, paradoxale au moment où le discours officiel vante la “souveraineté alimentaire”.

Face à cette crise qu'elle a en partie créée, la filière, via son interprofession, répond par la planification : annoncer la construction de 300 poulaillers d'ici 2030. Cette promesse est révélatrice d'une économie administrée. Elle reconnaît le problème mais y répond par un objectif bureaucratique et centralisé, ignorant les délais réels du marché (deux ans pour qu'un nouvel éleveur produise) et les risques futurs.

La fabrique de la panique
La gestion médiatique de cette crise suit un schéma classique : culpabiliser le consommateur. On pointe du doigt le « comportement de stockage » des ménages, transformant une réaction rationnelle face à l'incertitude en un acte d'incivisme.
En réalité, cette tension sur les stocks sert de prétexte commode pour justifier des hausses de prix durables. Plutôt que de libérer la production en simplifiant drastiquement les normes, on préfère suggérer des « alternatives protéinées » par la voix de diététiciens médiatiques, habituant ainsi la population à une dégradation de son niveau de vie sous couvert de nécessité climatique ou météo.
Si la France veut retrouver sa souveraineté alimentaire, elle ne doit pas construire 300 poulaillers sur ordre administratif, mais libérer les milliers d'agriculteurs qui ne demandent qu'à produire sans être entravés par une bureaucratie castratrice. Sans un retour urgent au libre marché et à la responsabilité individuelle, l'œuf pourrait bien devenir le prochain symbole d'une paupérisation organisée.




