Pas de passe sanitaire ni de test pour les députés, tout ça c’est pour les gueux !

Pas de passe sanitaire ni de test pour les députés, tout ça c’est pour les gueux !


Partager cet article

Par Julien G. Alors que le gouvernement a fait voter par l'Assemblée nationale son projet de loi prévoyant l'extension du passe sanitaire jusqu’au 31 juillet 2022, cette contrainte ne s’applique toujours pas aux parlementaires français, selon l’aveu même d’Aurore Berger (Lrem). En juillet dernier, Olivier Véran avait relevé que les chambres parlementaires en étaient exclues prétextant un risque d’inconstitutionnalité. Faites ce que je dis, pas ce que je fais, les députés, par leur immunité parlementaire obtiennent donc une immunité sanitaire

Les parlementaires toujours exempts du passe sanitaire

« Il n’y a pas de passe sanitaire à l’Assemblée nationale…Vous ne pouvez pas empêcher un parlementaire d’accéder à l’hémicycle », reconnaît Aurore Bergé.

Ces mêmes députés, par contre, votaient, hier, la prolongation de l’obligation pour les soignants de se faire vacciner et l’application du passe sanitaire pour entrer dans un musée, un cinéma ou un restaurant.

L’Assemblée nationale, lieu de brassage de centaines de personnes venant de régions différentes, continue donc d’être exemptée de ces mesures liberticides.

Le principe constitutionnel du libre exercice du mandat parlementaire

Il faut en effet savoir que la constitution prévoit une stricte séparation entre l’exécutif et le législatif. Mais surtout le « libre exercice du mandat parlementaire ».

Or, selon le ministre de la santé, l’application du passe sanitaire à tous ceux qui pénètreraient dans l’hémicycle aurait pu aboutir à empêcher des députés d’exercer leur mandat

Le Conseil constitutionnel avait jugé nécessaire de consacrer une nouvelle exigence constitutionnelle, celle du respect de la liberté des membres du Parlement dans l’exercice de leur mandat

Ce statut protecteur n’est pas un privilège « mais un moyen destiné à assurer [à un parlementaire] l’indépendance et la liberté d’expression nécessaires à l’exercice de son mandat », explique le site de l’Assemblée nationale.

L’immunité sanitaire c’est pour les gueux

Aujourd’hui, encore, on comprend que le passe sanitaire s’applique aux 67 millions de français et pas aux 577 députés et 348 sénateurs.

On a tant parlé d’immunité sanitaire ou d’immunité collective ces temps-ci mais certains bénéficient d’une immunité bien plus protectrice :  l’immunité parlementaire !

L’exécutif affirme, donc, que la constitution de la Ve République empêche une telle restriction à leur travail.

Néanmoins, ces parlementaires, si inquiets de la santé des français, ne trouvent rien à redire que des milliers de soignants soient suspendus.

Nous aurions aimé entendre le Conseil Constitutionnel à ce propos, car si la démocratie doit continuer à vivre pendant une crise sanitaire, soigner nos concitoyens dans de bonnes conditions (effectifs et matériels) doit, également, être garanti.

Il serait temps que l’opinion considère qu’une exemption du passe sanitaire sur les bancs de la République n’est pas une normalité mais un passe-droit.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
La défaite d'Orban annonce le reflux du souverainisme de façade, par Thibault de Varenne

La défaite d'Orban annonce le reflux du souverainisme de façade, par Thibault de Varenne

La défaite de Viktor Orbàn confirme les intuitions souvent exprimées dans nos colonnes depuis un an maintenant : l'élection de Donald Trump annonce le reflux de ce souverainisme de façade, populiste et fasciné par les hommes forts. Avec l'échec d'Orban, le souverainisme illibéral cède la place à un souverainisme d'un type nouveau. Le 12 avril 2026 restera dans les annales comme le jour où le "laboratoire" de l'illibéralisme européen a implosé. En une seule soirée électorale, le système que Vikt


Rédaction

Rédaction

Affaire Epstein : nouvelles révélations qui font trembler Buckingham

Affaire Epstein : nouvelles révélations qui font trembler Buckingham

Un nouveau témoignage venu du cœur du palais relance l’affaire qui hante Buckingham : l'ex prince Andrew, déjà déchu et arrêté, entretenait des relations « malsaines » avec le délinquant sexuel Jeffrey Epstein. Selon Ken Wharfe, ancien garde du corps de Diana, le scandale n’en est qu’à ses prémices. Ce témoin issu des plus hautes sphères royales, évoque des « informations non révélées ». Un ancien garde du corps de Lady Diana, Ken Wharfe, ancien inspecteur de Scotland Yard, vient de lâcher une


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

En quoi le modèle Hexaco vous permet de savoir si vous êtes ou non fait pour créer une entreprise?

En quoi le modèle Hexaco vous permet de savoir si vous êtes ou non fait pour créer une entreprise?

Dans ma série sur la sécession par la création d'entreprise, j'aborde aujourd'hui le sujet délicat des traits de personnalité à avoir pour arriver à créer une entreprise ex nihilo. Pour mieux savoir quelles sont vos chances de réussite, je vous suggère de vous intéresser au modèle Hexaco... Pour comprendre si vous êtes réellement armé pour cette "sécession" professionnelle, le modèle HEXACO offre une grille de lecture d'une lucidité rare, bien plus fine que le traditionnel Big Five (OCEAN) que


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

URGENT/La paix échoue à Islamabad : comment mettre votre épargne à l'abri avant le raz-de-marée? par Vincent Clairmont

URGENT/La paix échoue à Islamabad : comment mettre votre épargne à l'abri avant le raz-de-marée? par Vincent Clairmont

Alors que les négociations d'Islamabad viennent d'échouer, le pire est à craindre pour les marchés. Vincent Clairmont a bien voulu produire une chronique en urgence pour nous aider à sauver les meubles. La trêve est morte à Islamabad, et avec elle, nos derniers espoirs d’un retour à la normale. Après un marathon de vingt-et-une heures, le vice-président J. D. Vance a quitté le Pakistan les mains vides. Le point de rupture? L'uranium. Téhéran refuse catégoriquement d'abandonner l'enrichissement,


Rédaction

Rédaction