ParcoursSUP: elle envoie une recette de brownie et obtient une place de fac en psycho
Demotivated students in a lecture hall

ParcoursSUP: elle envoie une recette de brownie et obtient une place de fac en psycho


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ParcoursSUP est-il une imposture? Une future bachelière a obtenu une place de fac en psychologie après avoir substitué une recette de brownie à la lettre de motivation demandée. Il y a vingt ans, un système, Admission Post-Bac, avait été créé, qui fonctionnait correctement. Après l’élection de Macron, on a tout refait et une anecdote comme celle que narre la vidéo de ces étudiantes lève le voile sur un système très loin des exigences d’une nation moderne.

📢🚨 Finalement, fallait bien que ça arrive. La nouvelle génération commence à piger toute seule l’étendue abyssale de la connerie bureaucratique à la française — version ParcoursSUP, enfer et damnation. On parle d’un système censé orienter les futurs cerveaux du pays, hein.… pic.twitter.com/Gbj8qBwn1U

— ChienSurpris (@ChienSurpris) June 5, 2025

C’est anecdotique. Mais c’est aussi le début pour nous d’une enquête plus systématique sur le système qui permet à tous les (futurs) bacheliers de trouver une place dans l’enseignement supérieur.

En soi, c’est très drôle. On se demande pourquoi cela n’a pas été fait avant. Des lycéennes ont eu l’idée de tester. Une recette de brownie à la place d’une lettre de motivation!

« Que du fake! », « Ils s’en foutent ». Tel est le commentaire de jeunes femmes de dix-huit ans, qui n’auront d’emblée aucune illusion sur la manière dont les universités s’occupent de leurs étudiants.

Absurdités françaises

Il y a une vingtaine d’années, il y avait un système centralisé, avec des algorithmes de répartition des étudiants. Cela s’appelait Admission POST-BAC. L’idée était de s’assurer que tous les bacheliers d’une classe d’âge aient une place dans l’enseignement supérieur.

Ensuite est venue l’autonomie des universités, en 2007. La logique aurait voulu que les universités prennent en main leur recrutement. Seulement voilà: cela aurait voulu dire que l’on introduisait de la sélection dans le système. Or Nicolas Sarkozy avait négocié avec l’UNEF, le syndicat étudiant le plus influent, qu’il n’y aurait pas de sélection à l’entrée en première année dans la loi sur l’autonomie des universités.

Evidemment, il y avait une autre faille dans le système: les présidents d’université voulaient bien de l’autonomie de gestion mais ils ne voulaient pas assumer trop de responsabilités. On simplifierait la situation en demandant à une université d’assumer ses responsabilités, en choisissant ses étudiants. Mais on ne sort pas facilement des habitudes de la centralisation, qui dure depuis deux siècles, pour l’université.

Ajoutons que la massification des effectifs a rigidifié le système. Il y a 2,9 millions d’étudiants en France!

L’hypocrisie du système, c’est que tous les établissements et toutes les filières sont sur ParcoursSUP, désormais. Mais il y a les filières sélectives et les autres, camouflées derrière le rideau de fumée d’un système centralisé qui n’aide pas les bacheliers qui en auraient le plus besoin – ceux qui n’ont pas, pour parler comme Bourdieu, le capital culturel nécessaire pour savoir où sont les meilleures filières et avoir une chance d’y être admis.


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