« No Gods or Kings »: quand Elon Musk provoque Donald Trump avec un jeu vidéo culte

« No Gods or Kings »: quand Elon Musk provoque Donald Trump avec un jeu vidéo culte


Partager cet article

Le week-end dernier, alors que Trump célébrait son anniversaire par un défilé militaire sponsorisé par l’UFC, des manifestations géantes ont secoué les États-Unis sous la bannière “No Kings”. Cette mobilisation citoyenne, opposée à toute dérive monarchique, semble avoir troublé Musk. Elon Musk a publié sur X une capture d’écran du jeu vidéo d’horreur « Bioshock ». Elle comporte bannière rouge sur laquelle, il est écrit : « Ni dieux ni rois. Seulement des hommes ».

Elon Musk n’a cessé de multiplier les gestes de loyauté envers Donald Trump, Musk a lui couvert d’éloges le président américain, qu’il a même qualifié de « roi » le jour de son investiture. Par la suite, il a arboré une casquette “Trump avait raison sur tout” lors d’un conseil des ministres,  et le suivant dans tous ses déplacements officiels, jusqu’à Mar-a-Lago. Cette proximité paraissait sceller une alliance entre deux figures rêvant d’un pouvoir affranchi des contre-pouvoirs. Alors que des manifestations de masse « No Kings » ont eu lieu aux Etats-Unis le weekend dernier, Elon Musk a surpris en publiant une référence à BioShock, jeu dénonçant la dérive oligarchique.

BioShock ou la métaphore qui dérange

Ce weekend, des millions d’individus sont descendus dans la rue des grandes villes des Etats-Unis pour protester contre la parade militaire sponsorisé par l’UFC et organisée par le président Donald Trump le jour de son anniversaire. Ils ont scandé « Pas de rois » au cours de ces manifestations de masse.

Dimanche soir, Elon Musk a publié sur X une capture d’écran du jeu vidéo d’horreur « Bioshock », avec une bannière rouge : « Ni dieux ni rois. Seulement des hommes ». Ce jeu mettant en scène une métropole sous-marine fictive nommée Rapture, qu’Andrew Ryan a créé afin d’échapper aux contraintes politiques et sociales d’un monde d’après la Seconde Guerre mondiale. Mais le lieu d’échappatoire qu’il a fondé s’est transformé en un endroit horrible où la ruée sur les ressources a fini par générer un fossé profond entre les riches et les pauvres.

Le parallèle est lourd de sens : Musk, qui avait jusqu’ici encouragé une vision élitiste du pouvoir, semble désormais hésitant. Était-ce une critique voilée de Trump, ou un aveu implicite de sa propre impasse idéologique ? L’ambiguïté reste totale. D’autant que BioShock est une critique explicite du rêve objectiviste d’Ayn Rand, que Musk cite pourtant comme influence intellectuelle.

Un message difficile à cerner ou erroné

Une fois de plus, Elon Musk essaie d’interpréter la situation aux Etats-Unis avec des œuvres de fiction. Mais cette fois, le message qu’il tente d’envoyer est assez flou. On se demande s’il veut se mettre à la place d’Andrew Ryan après avoir tenté de démanteler le gouvernement avec le soutien de Donald Trump, ou s’il se montre enfin lucide et comprend le chaos qu’il a semé avec son projet de réforme.

Notons que la dernière publication de Musk était liée à sa querelle personnelle avec le président Trump qui a eu des répercussions sur sa réputation. Elle pourrait aussi lui coûter les contrats gouvernementaux qui ont permis à ses entreprises de se développer.

Le message posté par Elon Musk est-il un signal d’alerte ou un nouvel acte de provocation ? Une chose est sûre : entre égarement idéologique et stratégie de communication, Elon Musk continue de jouer avec le feu – et pourrait finir par s’y brûler.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Comment Macron fait surveiller le Net pour lutter contre les ingérences étrangères... par Elise Rochefort

Comment Macron fait surveiller le Net pour lutter contre les ingérences étrangères... par Elise Rochefort

Ce matin, Emmanuel Macron tient un conseil de défense, dont l'un des points à l'ordre du jour porte sur la "lutte contre les ingérences étrangères" à l'approche des élections municipales. Mais concrètement, comment s'organise cette surveillance du Net ? Le jour même où il annonçait l'introduction du passe sanitaire, le 13 juillet 2021, Emmanuel Macron signait le décret créant l'agence Viginum, chargée principalement de lutter contre les ingérences étrangères. Cette coïncidence peut évidemment ê


Rédaction

Rédaction

Pourquoi la Russie tarde-t-elle autant à gagner la guerre en Ukraine? par Thibault de Varenne

Pourquoi la Russie tarde-t-elle autant à gagner la guerre en Ukraine? par Thibault de Varenne

Depuis quatre ans, une certaine cohorte de « poutinolâtres », installée confortablement dans ses certitudes de salon franco-français, nous promet de façon ininterrompue une victoire russe imminente. À les écouter, l’armée ukrainienne ne serait qu’un château de cartes prêt à s’effondrer sous le souffle du « génie stratégique » du Kremlin. Pourtant, quatre ans plus tard, cette victoire se fait toujours attendre. Ce décalage abyssal entre le fantasme et le réel ne démontre pas seulement la minceur


Rédaction

Rédaction

Macron vient-il réellement de brader LMB Aerospace aux Américains ?

Macron vient-il réellement de brader LMB Aerospace aux Américains ?

C’est un refrain que la France entonne avec une régularité de métronome. Hier Alstom, Technip ou Photonis ; aujourd’hui LMB Aerospace. À chaque fois, la même sidération de façade, le même théâtre d’ombres parlementaire et, au final, la même signature au bas du contrat de cession. Alors que le dossier a été bouclé dans un silence de cathédrale en décembre 2025, la question revient, lancinante : la France de Macron vient-elle, une fois de plus, de brader sa souveraineté aux États-Unis ? Nous a


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Hausses de l'or et du franc suisse : que manque-t-il pour qu'un krach survienne ?

Hausses de l'or et du franc suisse : que manque-t-il pour qu'un krach survienne ?

Nous vivons un mois de janvier 2026 qui fera date dans les manuels d’histoire financière, si tant est qu’il reste encore des historiens pour documenter l’effondrement de notre paradigme monétaire. La situation est d’une clarté aveuglante pour qui refuse de porter les œillères de la presse subventionnée : nous sommes entrés dans la phase de « l’évacuation ». Pendant que les plateaux de télévision s’extasient sur la résistance héroïque du S&P 500 flirtant avec les 7 000 points, les deux seuls the


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe