L'affaire éclate en juin 2024 : une mineure en fugue d'un foyer de Seine-et-Marne est découverte dans un appartement parisien, livrée à des clients via des annonces en ligne. Malgré sa grossesse visible, rien n'arrête ses exploiteurs. Trois suspects de Saint-Ouen sont écroués pour proxénétisme aggravé, séquestration et menaces. Un quatrième est témoin assisté. Cette histoire sordide, qualifiée par le parquet d'exploitation sans limites de la misère humaine, met en lumière les failles d'un système étatique qui prétend protéger mais génère souvent plus de vulnérabilité.

L’affaire débute en juin 2024, rue du Docteur-Gley. Une mineure de 15 ans, enceinte de sept mois, est retrouvée dans un appartement transformé en lupanar. Le détail le plus accablant ? Elle était en fugue d’un foyer de l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE). C’est le paradoxe tragique du système français : l’État s’arroge le droit de retirer des enfants à leurs familles, mais se montre incapable de les sécuriser. Les structures publiques deviennent, par incurie, des viviers pour les réseaux de traite humaine.
Les faits : une descente policière révélatrice
Alertés par un voisin, les policiers interviennent rue du Docteur-Gley. Les occupants jettent par la fenêtre préservatifs, téléphones, GHB et protoxyde d'azote – preuves d'un réseau organisé.

La victime, enceinte de sept mois, avait fugué deux jours plus tôt. Rencontrant un suspect, elle reçoit une nuit d'hôtel avant d'être contrainte à se prostituer sur sexemodel.com. Les clients affluent, ignorant ou tolérant sa minorité et sa grossesse. Aucun n'est poursuivi, soulignant une impunité dans une société sur-réglementée où l'État monopolise la "protection" sans efficacité.
Les suspects : délinquants issus d'une économie souterraine
Âgés d'une vingtaine d'années, originaires de Seine-Saint-Denis, les mis en examen ont des casiers liés au trafic de stupéfiants. Un, 19 ans, incarcéré à Nanterre, minimise son rôle malgré des flux bancaires suspects – incohérents avec son chômage déclaré.
Un autre, 23 ans, nie les menaces sur réseaux sociaux, mais est écroué à la Santé. Ces profils illustrent comment les interdictions étatiques (drogues, emplois informels) poussent vers la criminalité, créant un cercle vicieux de misère économique.
Ces jeunes délinquants, déjà connus pour trafic de stupéfiants, opèrent avec un sentiment de toute-puissance, conscients des lenteurs d'un appareil judiciaire à bout de souffle.

Menaces post-faits : une tentative d'étouffement
Après les premières arrestations en juin, la victime et son petit ami subissent violences et intimidations pour enterrer l'affaire. La Brigade de Protection des Mineurs déclenche de nouvelles interpellations.
Ce volet révèle l'emprise persistante du réseau, mais interroge : pourquoi l'État, avec ses foyers et services sociaux, n'empêche-t-il pas ces fugues ? Au lieu de liberté individuelle, il impose une dépendance qui expose à pire.
Cette affaire est sordide et insupportable. On enlève des enfants à leurs parents, parfois pour des motifs administratifs discutables, pour les laisser vivre le pire dans des structures défaillantes. Une approche libertarien de régulation, de décriminalisation et de contrôle sanitaire et contractuel, permettrait de faire sortir cette activité de l’ombre. Elle offrirait des recours légaux aux travailleurs, isolerait économiquement les réseaux criminels qui prospèrent sur la misère, et permettrait de concentrer les forces de l’ordre sur les vrais crimes : l’exploitation des mineurs, la traite et la violence, qui, elles, doivent être poursuivies avec la plus extrême rigueur.

