Manifeste : refonder le contrat de lecture du Courrier des Stratèges

Manifeste : refonder le contrat de lecture du Courrier des Stratèges


Partager cet article

Avec le départ d'Edouard Husson, le Courrier tourne une page de son histoire. Il entame un recentrage sur ses valeurs initiales d'indépendance et de rigueur dans l'information. Le manifeste qui suit inaugure ce retour à la tradition.

Un média, comme une nation, ne peut avancer sans cap. Il ne peut prospérer dans l'ambiguïté, ni servir ses lecteurs dans la confusion. Ces derniers mois, le Courrier des Stratèges a traversé une zone de turbulences idéologiques qui a pu troubler, et à juste titre, nombre d'entre vous. L'heure de la clarté est venue. Ce texte n'est pas une justification, mais une déclaration. C'est la réaffirmation de notre identité et le renouvellement du contrat de lecture qui nous lie.

Qui nous sommes : souveraineté et liberté comme seuls guides

Le Courrier des Stratèges est né en 2020 d'un double impératif : la défense de nos libertés individuelles face à une ingérence étatique croissante, et la promotion de la souveraineté française dans un monde de plus en plus instable. Ces deux piliers ne sont pas des concepts abstraits ; ils sont l'ADN de notre projet.

La liberté, pour nous, est le droit de chaque citoyen de penser, de s'exprimer et d'agir sans contrainte arbitraire. C'est le refus de la surveillance, de l'endoctrinement et de la soumission à une pensée unique, qu'elle soit administrative, médiatique ou politique.

La souveraineté, pour nous, est le droit inaliénable du peuple français à disposer de lui-même. C'est la conviction que la France, en tant que puissance d'équilibre, a un rôle historique à jouer, une voix singulière à faire entendre et des intérêts stratégiques à défendre. Notre boussole n'est ni à Washington, ni à Bruxelles. Elle est et restera à Paris.

Notre conviction : l'incompatibilité fondamentale entre la liberté et l'autoritarisme

C'est au nom de ces principes que nous devons aujourd'hui tirer une conclusion lucide et sans équivoque. La défense de la souveraineté des peuples et des libertés individuelles est, par essence, incompatible avec toute forme de complaisance ou de soutien envers les régimes qui en sont la négation. On ne peut, en toute cohérence, défendre la souveraineté de la France et applaudir un régime qui la viole chez lui ou chez ses voisins. On ne peut chérir la liberté d'expression et admirer ceux qui intimident les journalistes et musèlent l'opposition.

Cette contradiction est devenue intenable. C'est pourquoi nous affirmons aujourd'hui que notre attachement à la souveraineté et à la liberté est incompatible notamment avec le soutien au régime de Vladimir Poutine, qui malmène les les principes de la démocratie libérale à l'intérieur de ses propres frontières. Nous ne dirons pas autre chose à propos de la Chine, ni des tentations qui existent dans l'Amérique de Trump. Nous condamnons l'intolérance religieuse partout où elle se trouve, à Téhéran comme à Tel-Aviv. Nous condamnons la négation du peuple palestinien par Israël.

Notre engagement : éclairer, non endoctriner

En conséquence, le Courrier des Stratèges s'engage à une clarification éditoriale totale. Vous ne trouverez plus dans nos colonnes de contenus complaisants ou apologétiques envers des régimes autoritaires ou illibéraux. Notre mission, telle que nous la concevons, est d'éclairer nos lecteurs sur les complexités du monde, et non de les conforter dans une vision dogmatique. Elle est de fournir des outils d'analyse critique, et non de servir de relais à une propagande, d'où qu'elle vienne.

Pour ce qui concerne la Russie, anticipant un conflit probable où notre pays pourrait être engagé, notre ligne sera sans ambiguïté : celle du soutien à la France et à ses intérêts fondamentaux. Cela n'exclut ni l'analyse critique des décisions prises, ni le débat stratégique, ni la nuance, mais cela exclut toute posture de défaitisme ou de sympathie pour ce qui pourrait devenir un adversaire.

Notre avenir : un appel à notre lectorat

Cette clarification nécessaire entraînera inévitablement le départ d'une partie de nos abonnés, celle qui venait chercher chez nous la validation d'une "poutinolâtrie" ou d'une préférence donnée à la Russie plutôt qu'à notre souveraineté, que nous ne pouvons plus cautionner. Nous respectons leur choix, mais nous assumons le nôtre.

C'est au reste de notre lectorat, à cette majorité de 80% qui nous a rejoints pour notre esprit critique, notre indépendance et notre attachement à la France, que nous nous adressons aujourd'hui. Nous vous invitons à prendre part à cette refondation. Le Courrier des Stratèges que nous voulons bâtir avec vous est un média courageux, cohérent et lucide. Un média qui ne craint pas de déplaire aux puissants, mais qui refuse de complaire aux tyrans. Un média dont la seule allégeance va à ses lecteurs et à une certaine idée de la France.

C'est ce chemin de clarté, de courage et de cohérence que nous choisissons aujourd'hui. Nous espérons vous y retrouver, pour construire ensemble l'avenir du Courrier des Stratèges.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Bruxelles : 17 milliards d'euros pour subventionner 37 000 ONG, le Parlement européen ouvre enfin une enquête
Photo by Guillaume Périgois / Unsplash

Bruxelles : 17 milliards d'euros pour subventionner 37 000 ONG, le Parlement européen ouvre enfin une enquête

Entre 2019 et 2023, la Commission européenne aurait distribué près de 17 milliards d’euros à quelque 37 000 ONG et groupes d’intérêt. Après des mois de révélations sur des financements ayant parfois servi à des activités de lobbying, le Parlement européen a décidé de créer un groupe de travail chargé de faire toute la lumière sur ces pratiques. Une affaire qui soulève des questions majeures sur l’usage de l’argent des contribuables européens et sur l’impartialité des institutions. LE CO


Rédaction

Rédaction

Notes de frais de Laurent Wauquiez : il a fallu le Conseil d'État pour ouvrir trois cartons

Notes de frais de Laurent Wauquiez : il a fallu le Conseil d'État pour ouvrir trois cartons

Pour savoir comment une région dépense l'argent public, il a fallu cinq années de procédure judiciaire, jusqu'au Conseil d'État, avant que la région Auvergne-Rhône-Alpes ne remette enfin ses archives. Début juin 2026, trois cartons totalisant plus de 26 kg de notes de frais couvrant la période 2019-2021 ont finalement été transmis à Mediacités, ouvrant la voie à une vaste opération citoyenne de contrôle des dépenses publiques. LE COURRIER DES STRATÈGES Restez libre ! LA NEWSLETTER · G


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

Huit ans dans leur yourte, six enfants : le maire voulait tout raser, la justice dit non

Huit ans dans leur yourte, six enfants : le maire voulait tout raser, la justice dit non

Installée depuis 2014 sur des terres agricoles à Aigne, dans l’Hérault, une famille nombreuse vivait dans des yourtes tout en développant maraîchage, apiculture et spiruline. En 2022, le maire ordonnait la démolition de leur domicile. Le 8 janvier 2026, le tribunal administratif de Montpellier a annulé cette mise en demeure, invoquant l’article 8 de la CEDH. Une victoire du bon sens qui révèle, une fois de plus, l’absurdité d'un urbanisme devenu parfois plus rigide que raisonnable. LE C


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany