Logement social : la grande farce de la misère... par Barthélemy Greluchon
Des logements sociaux... pas si sociaux...

Logement social : la grande farce de la misère... par Barthélemy Greluchon


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Le Courrier propose ici le premier billet de Barthélemy Greluchon, pseudonyme d'un responsable éminent de l'économie sociale, et chroniqueur à ses heures.

Ah, c'est un spectacle, vous savez... La grande farce de la misère. On nous la vend, cette misère, à la télé, dans les gazettes... des visages tristes, des regards perdus, la grande litanie des "mal-logés"... Mais la vraie misère, elle n'est pas dans la rue, elle n'est plus à même le trottoir. Elle est dans les bureaux, dans les dossiers, sous les tapis... dans l'âme de ceux qui se font avoir.

On s'imagine qu'on bâtit un grand édifice de "solidarité", un noble refuge pour les abandonnés de la vie, un abri pour la tempête... C'est la belle histoire qu'on se raconte, le grand mensonge qu'on s'enfile.

La vérité, c'est qu'on a construit une usine à parasites, un vaste banquet où les plus gloutons se servent, et où le menu est payé par ceux-là mêmes qui ont la dalle. On nous dit que c'est un "contrat social", un grand pacte entre les hommes, mais en réalité, c'est une taxe, une ponction, une saignée... et elle est prélevée, sans que personne ne bronche, sur le dos des plus petits.

C'est l'employé qui gratte sa paie à la sueur de son front, le petit patron qui se tue à la tâche... Ils ne le savent peut-être pas, mais ils sont les mécènes de ce grand cirque de l'assistance. La loi les y oblige, ce prélèvement automatique sur les salaires, ce fameux 1% de leur masse salariale, ce tribut qu'ils doivent à la "solidarité"...

Et puis, qui paie le loyer de la solidarité? C'est le petit contribuable, le locataire du privé qui n'en peut plus, c'est l'ouvrier qui vit à l'année dans son mobile home, dans son mobil-home, on l'oublie celui-là, mais il paie ses impôts, ses taxes locales, pour que d'autres, bien plus aisés que lui, puissent se caler au chaud. La solidarité, mon ami, c'est une affaire de parasites.

La comédie du "besoin"

On nous parle des "nécessiteux", des "misérables", de ces familles à la rue, sans espoir... C'est la musique officielle. La réalité est bien moins mélodieuse.

Il suffit de gratter un peu le vernis pour voir la farce, la grande comédie du "besoin" qu'on nous joue.

Un rapport de la Cour des Comptes, ce truc qui ne se trompe jamais, nous balance les chiffres à la figure. Ils sont là, noirs sur blanc, ils crachent leur vérité. La grande masse des locataires de logements sociaux, c'est un monde qui a su s'adapter, qui a appris à tirer les ficelles.

Regardez les revenus... le revenu moyen des ménages en HLM, c'est près de 1 400 euros par mois. Ce n'est pas le Pérou, d'accord, mais c'est bien au-dessus des 1 158 euros qui vous classent officiellement dans la misère... C'est un quart de ces locataires, 25% de la troupe, qui se trouve ainsi au-dessus du seuil de pauvreté. On nous avait promis le gîte pour les damnés de la terre, et on a livré une solution de confort subventionné pour la petite classe moyenne, celle qui a le nez creux et qui a su trouver le bon guichet.

On a créé un nouveau type de "pauvre", le pauvre d'État, celui qui a compris qu'il valait mieux paraître démuni pour engranger les avantages. C'est le grand talent moderne, un art de vivre.

Le grand déshonneur des propriétaires pauvres

Et puis il y a l'apothéose, le sommet de l'indécence. On croyait avoir tout vu... mais non, le spectacle ne cesse de nous surprendre. On nous a dit que la "solidarité" servait à donner un toit à ceux qui n'en ont pas, pas vrai? Sauf que le système est tellement pourri que des gens qui ont déjà une maison, une résidence secondaire, un pied-à-terre sous le soleil, se retrouvent à occuper, en douce ou pas, un logement social.

C'est une trahison, vous entendez? Un putsch contre le sens commun! Le système est censé aider ceux qui sont à la rue, et il accueille des gens qui ont déjà une clé, une autre, une de trop. Ce n'est pas une simple erreur administrative, c'est un vol. C'est voler un siège dans le dernier canot de sauvetage alors que d'autres se noient, en silence, dans le froid des rues.

La raison pour laquelle cela arrive, c'est que le système est basé sur la confiance... une confiance imbécile, une confiance qui n'est jamais vérifiée. On demande aux gens de déclarer s'ils sont propriétaires... et ils ne le font pas. L'État, qui pourrait croiser les données du cadastre, qui pourrait tout vérifier d'un clic, ne fait rien. Il préfère distribuer les millions à l'aveugle, par lâcheté, par fainéantise.

Il y a même ce fameux "supplément de loyer de solidarité" (SLS), une trouvaille de génie... un impôt pour ceux qui sont trop riches pour rester dans un HLM! Une menace en papier mâché. On le réclame à peine à 8,5% de ceux qui devraient le payer. Une menace, une supplique... un murmure du fonctionnaire, qui a compris que c'était peine perdue. C'est l'État qui demande poliment à ses parasites de bien vouloir lui rendre un peu de la monnaie qu'ils lui ont volé. C'est une grande lâcheté, une capitulation en rase campagne, qui montre bien que cette "solidarité" n'a plus rien de solidaire, qu'elle est devenue une rente, un droit acquis, sans contrepartie, sans dignité.

Le ballet de la bureaucratie et de la négligence

Si les bénéficiaires sont une farce, les "bailleurs sociaux", ces fameuses sociétés de logements, sont un monument à la défaillance. Ils sont le cerveau de cette entreprise, et ils n'ont rien dans le crâne.

On a d'un côté, une marée de 1,8 million de familles qui attendent, qui espèrent, qui se pressent à la porte pour un simple toit. Et de l'autre... 400 000 logements qui restent désespérément vides. Vides. Vides. Vides! Des milliers de lits non faits, des pièces sans âme, des fenêtres qui ne donnent sur rien d'autre que l'attente.

C'est la grande ironie de ce système. La solution existe, les murs sont là, les toits aussi, mais le système est tellement englué dans sa propre bêtise, dans son propre bordel, qu'il ne sait pas connecter les gens aux maisons. C'est une image de la France, vous savez... une France qui a des millions de cerveaux, mais qui ne sait plus les faire fonctionner ensemble.

La solidarité en sous-location Airbnb

Et puis il y a la touche finale, le coup de grâce. Le scandale dans le scandale. Le vice dans le vice. La trahison qui fait mal aux tripes... celle de la sous-location. On a construit, avec l'argent du contribuable, ces millions de logements pour loger les pauvres, les vrais, les sans-abris, les miséreux. Et qu'est-ce qu'on en fait?

On les loue, en douce, sur Airbnb, à des touristes de passage, à des gens qui ne demandent qu'un lit pour trois jours. Des rapports de police, des enquêtes, tout ça nous le disent... 24 000 logements sociaux sont ainsi détournés, transformés en gîtes de fortune.

Des appartements que l'État, que le collectif, a financé à coup de milliards pour loger une famille en détresse, se retrouvent sur une application pour gagner de l'argent. C'est la prostitution de l'idéal. Le principe de la "solidarité" est devenu un plan d'affaires.

C'est l'ultime perversion du système, une boucle perverse où l'argent public, l'argent des taxes payées par les plus démunis, sert à financer une économie parallèle, une rente illégale, pour une poignée de profiteurs. La solidarité, mon ami, est en sous-location. Elle a un prix, un loyer de nuit, et on ne le trouve pas sur les sites de HLM, mais sur les sites de tourisme, dans un monde où tout a une valeur marchande, même la misère !

Le grand mirage collectif

Et au milieu de tout ça, il y a le grand public. Le grand naïf. Celui qui croit encore au Père Noël, à l'État-Providence, à la générosité des hommes. C'est une foi, une religion... cette idée qu'on a un "droit de tirage" sur la collectivité, un droit de prendre sans jamais avoir à donner.

On a sondé les gens, et qu'est-ce qu'ils répondent? 57% des Français pensent que le logement social, c'est fait pour les pauvres. C'est une blague! C'est le plus grand mirage. Ils croient en une version du système qui n'existe plus, ou qui n'a peut-être jamais existé. Le système est pourri à la base, mais la masse y croit encore.

C'est ce décalage, cette césure entre la réalité et la perception, qui est la vraie tragédie de notre époque. Les gens s'imaginent vivre dans un roman de Victor Hugo, pendant que les profiteurs vivent dans une comédie de Molière.

Le pire, c'est que ce grand mensonge est payé par les honnêtes gens. Par ceux qui travaillent, qui se lèvent, qui paient leurs taxes, leurs impôts, leurs loyers. On leur prend leurs économies, un peu chaque mois, pour financer un système qui loge des propriétaires d'immobilier, qui subventionne des sous-locations illégales... Et ils ne disent rien. Ils y croient. C'est une solidarité à sens unique, une générosité forcée qui n'a rien à voir avec la compassion, mais tout avec la bêtise.

Et rien ne changera…

Alors, vous attendez un plan, une solution, une grande réforme, c'est ça?

Ne rêvez pas. Le désordre est tel qu'il est devenu la norme. Le système est conçu pour être pourri. Les profiteurs ont leurs entrées, les bureaucrates sont trop paresseux pour changer, et la masse est trop naïve pour s'éveiller.

Le scandale est devenu une anecdote, la trahison est devenue une affaire de mœurs. Il n'y aura pas de grande révolution. Les 400 000 logements resteront vides, les 1,8 million de familles continueront d'attendre. Les propriétaires de résidences secondaires continueront de toucher leurs aides, et les petits contribuables, ceux qui peinent à finir le mois, continueront de payer pour le grand spectacle. La farce continuera, jusqu'à ce que la baraque s'écroule. Et ce jour-là, on dira que c'est une surprise. Quelle comédie...


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