En ce début d’année 2026, alors que l’Assemblée nationale et le Sénat s’écharpent pour savoir qui, de la droite sénatoriale ou des macronistes, aura la paternité de la « protection de nos enfants », il est urgent de baisser le son et de lire les petites lignes. La proposition de loi visant à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, portée par la députée Laure Miller et soutenue par une classe politique en proie à une fièvre hygiéniste, n’est pas seulement une mesure de santé publique. C’est le cheval de Troie d’une surveillance généralisée, un basculement insidieux vers un Internet d’identité où l’anonymat, ce dernier bastion de la liberté digitale, est en passe d'être sacrifié sur l'autel de l'ordre moral.

Le « bouclier de l'enfant » : l'éternel faux nez de la censure
L'histoire des libertés publiques nous enseigne une leçon constante : les mesures les plus liberticides avancent toujours masquées derrière les intentions les plus pures. Qui oserait, en effet, s'opposer à la protection de l'enfance? Qui voudrait voir des adolescents broyés par la cyber-addiction ou le harcèlement? Personne. C'est là toute la perversité du piège qui se referme sur nous. La protection de l'enfance est devenue, dans nos démocraties fatiguées, l'argument d'autorité absolu, le joker qui clôt le débat avant même qu'il ne s'ouvre.

Pourtant, cette posture de « protection morale », qui flatte les instincts autoritaires, pour ne pas dire névrotiquement obsessionnels, de ceux qui aiment l'ordre et la hiérarchie, n'est bien souvent que le faux nez de dispositifs de contrôle social d'une ampleur inédite. Sous couvert d'éloigner les mineurs des écrans — objectif sanitaire louable au demeurant — on installe les infrastructures techniques et juridiques de la censure. On ne régule plus les comportements par l'éducation ou la responsabilité parentale ; on les régule par l'interdiction technique et la surveillance administrative.
Le glissement est sémantique avant d'être juridique. On parle de « majorité numérique » comme on parlerait de majorité sexuelle ou pénale, instaurant l'idée que l'espace numérique est par nature un lieu de danger dont l'État doit détenir les clés. Ce paternalisme d'État, qui dépossède les familles de leur autorité pour la transférer à des algorithmes et des vérificateurs d'identité, porte en germe une logique totalitaire : celle où l'État s'arroge le droit de décider, techniquement, qui a le droit de voir quoi, et qui a le droit de parler à qui. Comme le soulignent certains observateurs des dérives technocratiques, nous glissons vers une forme de « technofascisme » où la contrainte ne vient plus d'un dictateur, mais de l'architecture même du réseau, rendant la servitude indolore et invisible.
Le Courrier des Stratèges brise l'omerta sur ce que beaucoup considèrent comme l'une des plus grandes opérations de kompromat (chantage par le dossier) du siècle.
Pourquoi Jeffrey Epstein, "actif stratégique" protégé par une impunité quasi-magique, recevait-il l'élite mondiale dans des résidences truffées de caméras espionnes? Entre l'ombre de Robert Maxwell, le détournement du logiciel PROMIS et les réseaux de renseignement, nous avons réuni les faits pour vous offrir une grille de lecture sans concession.
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La fin de l'anonymat : la prophétie de la CNIL
La proposition de loi portée par la majorité et discutée en ce mois de janvier 2026 n'échappe pas à cette logique. Elle l'embrasse même avec une ferveur inquiétante. Pour interdire l'accès aux moins de 15 ans, il ne suffit pas de demander poliment leur date de naissance. Il faut la vérifier. Et c'est ici que le piège se referme, non pas sur les enfants, mais sur l'ensemble du corps social.

La Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés (CNIL) n'a eu de cesse de tirer la sonnette d'alarme. Dès les prémices de ces débats sur la vérification d'âge (notamment pour les sites pornographiques, laboratoire de ce qui nous attend aujourd'hui), la CNIL a mis en garde contre le risque d'un « monde numérique fermé ». Si l'on impose une vérification d'âge fiable pour accéder aux réseaux sociaux — c'est-à-dire à l'agora moderne —, on impose de facto la fin de l'anonymat pour tous.





