L’affaire Epstein n’en finit plus de nourrir les fantasmes, les indignations de salon et, surtout, un voyeurisme morbide qui s’auto-entretient sous couvert de « recherche de la vérité ». Une certaine frange de la "dissidence", que l’on qualifie trop vite de complotiste, semble s’être enlisée dans les détails sordides des crimes commis sur l’île d’Orgy Island. Certes, l’abjection est réelle. Mais à force de fixer le gouffre du vice, on finit par oublier de regarder qui tient la lampe.

Le crime comme outil de gestion
D’un point de vue libertarien, l’indignation morale est une réaction humaine, mais elle est politiquement stérile si elle ne remonte pas à la source : le contrôle. Epstein n'était pas un simple prédateur isolé ; il était l'intendant d’un système de coercition par le chantage (kompromat).

Là où le public s’attarde sur la perversion, il devrait voir une technologie de gouvernance. Dans un monde de structures étatiques hypertrophiées, la loyauté ne s'obtient plus par la conviction, mais par la compromission.
- Le vice comme garantie : Pour les agences de renseignement et les structures de pouvoir non élues, un politicien propre est un danger car il est imprévisible.
- L'obéissance géostratégique : Un décideur « tenu » par des preuves filmées de ses pires turpitudes est un décideur qui votera les budgets militaires, signera les traités et validera les interventions étrangères sans sourciller.
L’illusion de la justice étatique
Le piège tendu à l’opinion publique est celui du récit criminel classique. On nous vend un "monstre" et ses complices, en espérant que la justice de l'État — l'institution même qui a protégé ce système pendant des décennies — vienne rétablir l'ordre.
C’est une erreur fondamentale. L’État ne juge pas Epstein pour ses crimes ; il liquide un actif devenu trop encombrant pour protéger la structure globale. En se focalisant sur le sordide, le public participe involontairement à ce spectacle de diversion. On pleure sur les victimes — et il faut le faire — mais on oublie d'interroger la finalité politique : la mise sous tutelle des démocraties occidentales par une aristocratie de l'ombre qui utilise le crime comme une laisse d'or.

Sortir de l'émotion pour voir la structure
Le véritable scandale n'est pas que des hommes puissants aient des bas instincts ; c’est que le système institutionnel actuel permette, et même encourage, la création de tels réseaux pour court-circuiter toute forme de souveraineté individuelle ou de responsabilité politique.
Tant que les observateurs préféreront le frisson de l'horreur à l'analyse froide des rapports de force et du chantage géopolitique, ils resteront les spectateurs passifs de leur propre asservissement. La question n'est plus de savoir « qui était sur l'île », mais « pour qui travaillait celui qui gérait l'île ».
Le libertarisme nous enseigne que le pouvoir tend naturellement vers la corruption totale. Epstein n'était que le symptôme terminal d'un État devenu une machine de guerre psychologique contre ses propres peuples.



