On croyait avoir tout vu dans le grand cirque de la planification centrale européenne, mais le spectacle de ce début d'année 2026 dépasse toutes les espérances. Entre Budapest et Kiev, le ton ne monte plus : il explose.

Et au milieu de ce champ de mines diplomatique, nos brillants architectes de Bruxelles continuent de nous vendre l’adhésion de l’Ukraine comme une simple formalité administrative, un conte de fées bureaucratique où tout le monde vivrait heureux et mangerait des subventions.
Regardons la réalité en face, loin des éléments de langage : l'Ukraine vient de couper le robinet de l'oléoduc Druzhba, asphyxiant l'économie de son voisin hongrois sous prétexte de « maintenance technique » — une coïncidence calendaire qui ferait sourire n’importe quel ingénieur si la situation n’était pas aussi grave. En réponse, Viktor Orbán, jamais en reste lorsqu'il s'agit de gonfler le torse, menace d'utiliser la « force ». Nous y voilà : deux États se battent pour le contrôle de tuyaux qu'aucun d'entre eux n'a construits, pour acheminer un produit qu'aucun d'entre eux ne produit.

Le mirage de la « coopération » forcée
L’ironie est délicieuse, bien qu’amère. D'un côté, nous avons une Commission européenne qui nous serine que l'Ukraine possède désormais une « maturité institutionnelle » exemplaire. De l'autre, nous avons un pays candidat qui traite les infrastructures de transit énergétique — la base même de la confiance commerciale — comme un levier de chantage de cour d'école.
Apparemment, à Kiev, la compréhension de la « coopération européenne » s’arrête là où commencent les intérêts de court terme. On veut bien du chèque de 90 milliards d'euros (actuellement bloqué par Budapest, et on comprend pourquoi), on veut bien de la libre circulation, mais on s'assoit avec une décontraction olympienne sur la sécurité des approvisionnements de ses futurs « partenaires ». C'est une vision assez particulière du club : je prends la carte de membre, je vide le buffet, mais je crève les pneus de la voiture du voisin de table parce qu'il ne me revient pas.

L’aveuglement de Bruxelles
Mais le plus fascinant reste l'irrationalité de nos dirigeants. Ils s’obstinent à vouloir intégrer, à marche forcée, un pays en état de guerre larvée avec l'un de ses membres actuels. Est-ce cela, le projet européen ? Transformer une zone de libre-échange — ou ce qu'il en reste — en une pétaudière de contentieux territoriaux et énergétiques ?
En tant que libertarienne, j'observe ce désastre avec une certitude renforcée : le problème n’est pas le manque de régulation, mais l’existence même de ces structures étatiques qui se croient propriétaires des flux d’énergie. Si ces pipelines étaient des propriétés privées régies par des contrats de droit civil, les tribunaux auraient tranché depuis longtemps. Mais non, nous sommes dans le domaine de la « Haute Politique », là où l’arbitraire des chefs remplace la prévisibilité du marché.
Le prix de l'utopie
Vouloir faire entrer l'Ukraine dans l'UE aujourd'hui, c'est comme inviter un incendie dans une bibliothèque en bois en espérant que le calme des lieux éteindra les flammes. Zelensky et Orbán ne sont que les deux faces d'une même pièce : l'étatisme belliqueux.
Pendant que Bruxelles rêve d'une Europe unie de Lisbonne à Kharkiv, la réalité nous rattrape : on ne construit pas une union sur des menaces de blocus et des déploiements de troupes à la frontière. Si l'Ukraine veut vraiment être « européenne », elle ferait bien de commencer par respecter la propriété et les contrats, plutôt que de jouer avec les allumettes près d'un baril de pétrole.
À moins, bien sûr, que le but de l’UE ne soit plus la paix et le commerce, mais simplement de devenir un club de pays qui se détestent, financés par un contribuable qui n'a plus son mot à dire.


