Ah, la France ! Ce pays merveilleux où l'on traite l'arithmétique comme une suggestion facultative et où l'argent public possède la propriété magique de se multiplier par division.

La scène est délicieuse : le prix du baril frémit, et voilà que la panique gagne les salons dorés. Quelle est la réponse du génie national ? Subventionner. Encore. Toujours. Car voyez-vous, dans l'esprit de nos dirigeants, si le prix d'un bien augmente, c'est une injustice cosmique que seul un chèque signé par le contribuable peut réparer.
Le grand écart de Matignon
Le plus savoureux dans cette farce reste la prestation de Michel Barnier. L'homme qui, il y a peu, jouait les Cassandre en dénonçant le déficit abyssal de la France avec le sérieux d'un notaire de province, semble avoir découvert que la rigueur budgétaire est une vertu… de courte durée. Dès que l'opinion publique commence à froncer les sourcils devant la pompe à essence, notre champion de la « responsabilité » se transforme en distributeur automatique de billets de Monopoly.
C’est le paradoxe français poussé jusqu’à l’extase :
- Lundi : « Nous sommes au bord du précipice financier, il faut couper dans les dépenses ! »
- Mardi : « Vite, arrosons les ménages avec de l’argent que nous n’avons pas pour qu’ils ne voient pas que nos politiques énergétiques sont un naufrage. »

L'art de soigner la gueule de bois avec du champagne
Regardons la réalité en face : si le pétrole coûte cher, c’est aussi parce que l’État l’a transformé en vache à lait fiscale pendant des décennies. Et maintenant que le prix de marché s’envole, le même État propose de vous rendre une fraction de ce qu'il vous a pris, en se présentant comme votre sauveur. C'est un peu comme si un pickpocket vous volait votre portefeuille, puis vous tendait un ticket de métro avec un sourire bienveillant pour vous aider à rentrer chez vous.
On subventionne pour masquer l'échec de la transition énergétique, on subventionne pour calmer les colères de ronds-points, et surtout, on subventionne pour ne jamais avoir à dire la vérité : l'État est fauché. Mais qu'importe, la France préfère creuser son propre trou avec une pelle en or massif, pourvu que le spectacle continue.
Le mirage du « Gratuit »
Aux yeux des libertariens, cette manie est une pathologie. Chaque euro de subvention est une distorsion de plus, un signal de prix faussé qui empêche les individus de s'adapter réellement. Mais en France, on préfère maintenir le citoyen dans un état d'infantilisation permanente. On lui murmure à l'oreille : « Ne change rien à tes habitudes, mon petit, l'État va régler la note. »

Sauf que l'État, c'est vous. Et la note, avec les intérêts de la dette, finira par être plus salée que le prix du baril au plus haut de la crise. On répare une erreur politique (la dépendance et la surtaxation) par une faute morale (la spoliation des générations futures).
Bravo, Monsieur Barnier. La cohérence est morte, mais rassurez-vous : en France, le ridicule ne fait pas monter le prix du litre. Dommage, on serait déjà riches.



