Mesdames, Messieurs, sortez vos mouchoirs (en papier recyclé, taxé à 20 %, s'il vous plaît) : le déclin de la civilisation occidentale ne viendra pas d'une guerre nucléaire, mais de la fermeture du « Café des Sports » à Trifouilly-les-Oies.

C’est en tout cas la conclusion fascinante d’une étude relayée par Le Monde. Apparemment, si les gens votent mal, ce n’est pas par conviction politique ou ras-le-bol fiscal, c’est simplement parce qu’ils n'ont plus d’endroit où commander un demi à 10h du matin en grattant un Astro.
L'État, ce génie pyromane-pompier
On marche sur la tête, et avec une élégance toute bureaucratique. Admirons le cycle de vie d’un bar-tabac sous perfusion étatique :
- L’asphyxie : on multiplie les normes de sécurité (la marche du trottoir doit faire exactement 14,2 cm), on augmente les taxes sur le tabac jusqu'à ce que le paquet coûte le prix d'un Bitcoin, et on interdit de fumer à moins de trois kilomètres d'un poumon humain.
- Le désert : étrangement, le patron fait faillite. Le rideau de fer tombe.
- Le diagnostic : la sociologie d'État s'alarme. « Ciel ! Un lieu de sociabilité disparaît ! »
- La solution : on crée un « Observatoire de la Ruralité » avec trois sous-préfets payés à prix d'or pour expliquer que l'absence de Ricard pousse irrémédiablement vers le bulletin de vote Marine.


Le "lieu de sociabilité" ou la garderie pour adultes ?
C’est toujours touchant de voir nos élites redécouvrir la "sociabilité". Pour eux, un citoyen ne peut pas échanger deux idées sans être encadré par un comptoir agréé par la préfecture. Selon cette logique, si vous supprimez le bar-tabac, le cerveau du Français de province s'arrête de fonctionner et se met en mode "réactionnaire automatique".
C'est d'un mépris délicieux : le vote RN serait donc une simple carence en cacahuètes et en discussions sur le score de la Ligue 2.
La liberté de boire (et de s'ignorer)
En tant que libertarienne, j'ai une proposition radicale : et si on laissait les gens ouvrir des établissements sans leur demander de remplir le formulaire B-32 en douze exemplaires ? Et si on arrêtait de croire que le rôle du gouvernement est de subventionner des "points de rencontre" pour s'assurer que nous pensons "correctement" ?
Si le bar-tabac meurt, c'est peut-être aussi parce que les gens préfèrent discuter sur Telegram que d'écouter Dédé expliquer pourquoi "on ne peut plus rien dire". Mais non, pour Le Monde, c'est un drame démocratique. On attend avec impatience la prochaine étude : "L'augmentation du prix du café-crème : un danger pour les valeurs de la République ?"


