IA physique, AGI : la vraie course à la puissance, par Eric Lemaire

IA physique, AGI : la vraie course à la puissance, par Eric Lemaire

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Pendant que l’opinion publique débat – fort bêtement - des hallucinations de ChatGPT, la vraie bataille se joue ailleurs : dans l’IA physique, celle qui agit dans le monde réel. Derrière le fantasme de l’AGI, c’est une guerre industrielle et militaire qui s’installe. Et l’Europe n’y est pas aussi mal placée qu’on le croit.

L’IA qui compte vraiment ne parle pas, elle agit

L’obsession actuelle pour les grands modèles de langage masque l’essentiel. L’IA décisive n’est pas celle qui rédige des dissertations, mais celle qui pilote des drones, stabilise un réseau électrique, anticipe une panne industrielle ou raccourcit une chaîne logistique.

Cette IA-là est dite physique : elle affronte le réel, avec ses capteurs défaillants, ses délais, ses contraintes énergétiques et ses marges d’erreur inexistantes. Bref, tout ce que les démonstrations PowerPoint évitent soigneusement.

C’est aussi pour cela qu’elle progresse plus lentement. Le monde réel résiste. Et il résiste beaucoup mieux qu’un fil de discussion.

L’AGI : mythe scientifique, projet de puissance

Le « moonshot » des GAFA n’est pas seulement technologique. L’intelligence artificielle générale est avant tout un fantasme de domination cognitive : planifier, simuler, décider plus vite et à plus grande échelle que n’importe quel État.

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Mais une AGI désincarnée est politiquement inutile. Sans robots, sans systèmes autonomes, sans contrôle d’infrastructures critiques, elle reste un jouet cher. La puissance ne sort pas du cloud : elle sort des usines, des réseaux et, accessoirement, des champs de bataille.

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Rédaction

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