Les États-Unis en marche vers l’enfer fiscal

Les États-Unis en marche vers l’enfer fiscal


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Joe Biden ne se contente pas de lâcher de l’argent par hélicoptère et de relances tous azimut. Il a aussi des projets concernant la fiscalité. Sur ce plan, les États-Unis n’auront bientôt plus rien à envier à la France avec taxation confiscatoire des riches et matraquage des plus-values. Les États-Unis sont en bonne voie vers le socialisme.

Quasi doublement des impôts sur les plus-values en capital qui passeraient de 20% à 39,6%, voilà ce que demande Biden. À cela, s’ajoute la surtaxe pour payer Medicare, l’assurance maladie étatiste, mise en place par Obama. Voilà que les plus-values seraient désormais imposées aux États-Unis à 43,4%. Un taux qui fait réfléchir dans un pays qui passe pour le champion du capitalisme triomphant.

Bien sûr, tout ça c’est pour les riches, ceux qui gagnent plus d’un million de dollars par an, à moins que ce ne soit 400 000 $ comme cela figurait dans les promesses électorales de Biden. Quoiqu’il en soit, ces chiffres sont à comparer aux cinquante mille euros, soit 4 000 € par mois, seuil de la richesse supposée en France.

Il faut bien que ces salauds de riches expient leurs crimes et soient punis à la hauteur de leurs talents de profiteurs. Pour augmenter le châtiment, le taux marginal d’imposition sera passé à 39,6%. Plus-values et revenus sont donc alignées.

L’inexorable dérive de la « justice fiscale »

Un signe révélateur de dérive socialiste consiste à voir l’impôt ou la taxe comme un châtiment et non plus comme un moyen de financement d’infrastructures ou de services utiles à tous, sans exception.

Dans le premier cas, une majorité se donne d’opprimer légalement une minorité supposée coupable, les riches. La majorité à bonne conscience ne se donne même plus la peine d’expliquer de quoi les riches seraient précisément coupables. Peut-être que les lois sur la concurrence sont mal faites, qu’il existe une cartellisation ou encore qu’ils jouissent d’un monopole indu ; ou bien certains riches n’ont pas respecté leurs contrats. Dans ce cas, c’est la législation qu’il conviendrait de revoir.

Le fait de désigner « les riches » comme taillables et corvéables à merci, permet au gouvernement de s’appuyer sur le réflexe lutte des classes, d’engager des dépenses inutiles, de pratiquer le clientélisme  et de se soustraire à la procédure démocratique du consentement à l’impôt.

L’effet pervers est que les talents sont punis et que les parasites et demandeurs de subventions sont récompensés. Donc à terme, le processus de création de richesse est entravé. Si vous recevez quelque chose en échange de rien, il n’y a aucune raison de ne pas en réclamer encore plus.

Dans le domaine de la charité, il est normal de donner en échange de rien, c’est même la définition de la charité. Dans le domaine économique, en revanche, il est immoral de recevoir quelque chose en échange de rien. L’échange est déloyal, il a été forcé. Si c’est par la force publique (car l’impôt n’est pas volontaire) ce n’est pas plus moral pour autant.

L’incompatibilité entre création monétaire et matraquage fiscal

Comme dans ce domaine de redistribution forcée et de justice fiscale, la France est en avance sur les États-Unis, nous pouvons prédire aisément l’avenir…

Le seuil du riche va progressivement s’abaisser de façon à élargir l’assiette (qui est la gamelle de de l’administration).

La justice fiscale multipliera les échanges gagnant-perdant (l’État prend de force pour redistribuer) et privera les gens de ressources pour nouer entre eux des échanges potentiellement gagnant-gagnant (chacun négocie librement ce qu’il fait de mieux et les deux parties sont satisfaites par l’échange). C’est ainsi que la « justice fiscale », qui punit le succès et récompense le parasitisme, conduit à la croissance molle.

La redistribution va s’emballer (moins de riches, moins de croissance et plus de pauvres à aider). Au bout d’un moment le déficit va s’emballer. Et un jour surgira la question fatale : puisque l’argent est créé à partir de rien par la Banque centrale, pourquoi la taxe et l’impôt subsistent-ils ?

La tentation totalitaire et la suppression de la concurrence fiscale

Les États-Unis pratiquent depuis longtemps la taxation par la nationalité. L’idée est que tout citoyen américain bénéficie où qu’il soit dans le monde des « prestations » de sécurité de la première puissance mondiale. Par conséquent, il est normal que – où qu’il soit dans le monde – ce citoyen américain acquitte les impôts fédéraux au tarif en vigueur. Pour accéder à un paradis fiscal, il lui faut donc renoncer à sa nationalité américaine. Notons qu’en son temps, Nicolas Sarkozy avait lui aussi caressé l’idée de la taxation par la nationalité. La taxation par la nationalité est une première méthode pour dissuader tout échappatoire.

La deuxième méthode consiste pour le pays pratiquant le matraquage à vouloir aligner tout le monde – y compris en dehors des frontières – sur ses mauvaises pratiques. La communication officielle fustige alors tous les « paradis » qui ne le sont que parce qu’il existe des enfers.

On commence à voir cette velléité de la part des États-Unis, notamment concernant l’impôt sur les sociétés. Les États-Unis veulent instaurer un seuil minimal d’impôt sur les sociétés supérieur à ceux que pratiquent bien des pays du G20.

En supprimant toute concurrence fiscale, à tous les échelons (régionaux, nationaux, internationaux), on élimine toute concurrence politique permettant de mesurer le bien-fondé de telle ou telle pratique, comme je l’explique dans La rage de l’impôt. La dernière étape sera la taxe mondiale, pratiqué par un gouvernement mondial, administré par des fonctionnaires internationaux exemptés d’impôt. Le programme du Great Reset, en résumé.


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